NOUVELOBS.COM, 10 janvier - Ces femmes se réunissent chaque samedi dans le parc Laleh de la capitale iranienne, pour protester contre la mort ou la disparition de leurs enfants lors des manifestations contre le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad.

Les forces de sécurité ont arrêté une trentaine de "mères en deuil", qui protestaient à Téhéran contre la mort ou la disparition de leurs enfants lors des manifestations post-électorales, a indiqué le site internet d'opposition Kaleme.org, dimanche 10 janvier. Selon le site du chef de l'opposition Mir Hossein Mousavi, qui cite un témoin, ces femmes ont été arrêtées samedi dans le parc Laleh de la capitale.

Interdiction de se rassembler

"Aujourd'hui (samedi) à environ 16h, nous nous trouvions dans le parc Laleh où il y avait une centaine de policiers (...) qui ne laissaient pas les mères s'asseoir sur les bancs ou se rassembler en groupes", déclare le témoin anonyme. "Les mères étaient environ 70 lorsque les forces de sécurité les ont chassées hors du parc. Certaines se sont échappées et une trentaine ont été arrêtées et mises de force dans une camionnette de police", a-t-il ajouté. le site de l'opposition indique qu'elles ont été conduites dans un commissariat, sans autre précision.

La mort symbolique de Neda

Selon le site des "mères en deuil" (http://mournfulmothers.blogfa.com), leurs enfants ont été tués ou sont portés disparus dans les manifestations en opposition à la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin 2009. Les mères, vêtues de noir, se rassemblent d'ordinaire tous les samedi après-midi dans le parc Laleh. Selon leur site, les forces de sécurité sont très présentes lors de ces rassemblements et certaines mères ont déjà été arrêtées dans le passé. Le groupe des "mères en deuil" s'est formé à la suite de la mort de Neda Agha-Soltan, tuée par balle le 20 juin et devenue le symbole de la contestation populaire et de la répression. La vidéo amateur de sa mort, mise sur internet, avait suscité une vague d'émotion et d'indignation dans le monde.

Libérer les prisonniers politiques

Des militants des droits de l'Homme et des femmes sont également membres du groupe, qui demande que les personnes responsables de ces disparitions soient poursuivies en justice ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques. Plusieurs milliers de personnes, dont des réformateurs et des journalistes proches de l'opposition, ont été arrêtées dans la foulée des manifestations post-électorales, qui avaient fait 36 morts selon le gouvernement et 72 selon l'opposition.
Huit autres personnes ont été tuées, le 27 décembre, lors des manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu le jour du deuil chiite d'Achoura, selon des chiffres officiels.

(Nouvelobs.com avec AFP)

IRAN 
Juin 2018

 3 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions