Iran Manif - " Le nombre de peines de mort et leur application devraient être révisés", vient d'annoncer le ministre de l'In-justice en Iran. C'est Pour-Mohammadi en personne qui a prononcé ces paroles alors qu'il figure en bonne place au palmarès des criminels contre l'humanité.

Qu'est-ce qui a poussé ce membre de la commission de la mort qui a envoyé à la potence 30.000 prisonniers politiques durant l'été 1988, et 2600 personnes sous le mandat de Rohani en Iran, à demander soudain un coup de frein le 29 octobre ?

Certainement pas l'ombre d'un remords puisqu'il s'est dépêché d'ajouter "cependant il faut continuer à utiliser la peine de mort, mais pas autant". Et pour tous ceux pensant qu'il aurait pu être touché par la grâce, il y a deux mois il a crié haut et fort : "Nous sommes fiers d'avoir mis en oeuvre la loi divine contre l'OMPI (l'opposition démocratique) et d'être restés fermes face aux ennemis de Dieu et de la nation. Il ne faut avoir aucune pitié." Il parlait du massacre de 1988.

Ainsi donc, ce sont plutôt les circonstances et la crise qui dictent au régime iranien, au moins dans la forme, un petit répit pour les potences. Le fait est que l'assemblée générale de l'ONU doit se prononcer incessament et que Téhéran cherche à tout prix à éviter une énième econdamation pour violations des droits humains (déjà plus de 60 accrochées à son tableau). Ensuite, un grand mouvement s'est levé en Iran et dans le monde pour demander justice en faveur des victimes des exécutions, surtout depuis la mise en ligne d'une bande audio de 1988 qui révèle de terribles détails sur le massacre des prisoniers politiques cet été-là.

Enfin les partisans de la complaisance avec les mollahs n'arrivent pas à vendre l'image d'un régime serial killer à l'étranger.

Comme l'explique en toute connaisance de cause le Secrétaire général sortant de l'ONU dans son rapport à l'Assemblée générale : "Depuis 2009, il y a une baisse des exécutions significative avant les votes et celles-ci augmentent de manière dramatique juste après."

 

IRAN 
Mars 2017

44 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions