Iran Manif – Au 33e jours de sa grève de la faim en Iran, le prisonnier politique et défenseur des droits des enseignants Ismaël Abdi a été privé d’hospitalisation et de surveillance médicale hors de la prison malgré l’insistance des médecins, l’accord du procureur et la promesse des responsables de la prison de le transférer à l'hôpital.

Ses camarades détenus avaient protesté contre ce manque délibéré d’attention à sa santé en organisant un sit-in dans le bureau du responsable des gardiens de prison.  

Ismaël Abdi prisonnier détenu dans le quartier 350 de la prison d’Evine de Téhéran en était alors dans son 33e jour de grève de la faim et son état sanitaire est critique. Avec l’accord du procureur et du médecin de la prison, il avait été autorisé à être hospitalisé à l’extérieur pour pourvoir faire des analyses et bénéficier d’une surveillance médicale spécialisées. Un jour avant, il avait refusé de porter le l’uniforme de prisonnier et d’être enchainé, ce qui avait a annulé son transfert. Cependant après plusieurs consultations, les responsables de la prison avaient promis son hospitalisation. Promesse non tenue sous prétexte qu’il était tard et les consultations fermées. 

D’après une source d’information, suite à l’aggravation de sa santé le 1 juin, ses camarades de prisons notamment Arach Sadeghi et Youssef Emadi ont organisé un sit-in dans le bureau du chef des gardiens pour protester contre le manque de soin apporté à  Ismaël Abdi. Ils ont obtenu gain de cause pour un transfert aussitôt que possible. 

Son avocat Hossein Tadj s’était réjoui : « heureusement qu’avec l’accord du procureur, tout est arrangé pour que mon client soit hospitalisé hors de la prison”. Cependant aucune mesure n’a été prise par la suite. 

Ismaël Abdi a entamé une grève de la faim le 1er mai 2017 pour protester contre son dossier et les peines de sécurité prononcées contre les défenseurs des droits des enseignants. Condamné à une peine de 6 ans de prison, il avait été libéré sous caution après une première grève de la faim retentissante. Puis le 9 novembre 2016, les forces de sécurité avait lancé un raid sur son domicile pour l’arrêter et l’emmener purger ses six années. Le syndicat des bus de la compagnie Vahed de Téhéran et l’organisation des enseignants iraniens ainsi que d’autres défenseurs des droits syndicaux  en Iran, ont demandé la prise en charge de la santé de cet enseignant détenu et réclamé sa libération. 

De même, une campagne a été lancée sur les réseaux sociaux pour solliciter la libération de Mr. Abdi. Plus de 15.000 signatures d’enseignants et de défenseurs des droits syndicaux ont été déposées le 24 mai à pouvoir judiciaire et à la présidence de la république par une délégation d’enseignants. 

Les syndicats libres sont interdits en Iran, cependant les salariés se regroupent en corporation. Les groupes les mieux organisés sont les enseignants, les ouvriers et les infirmières. Ils se retrouvent souvent dans des actions coordonnées à fort mobilisation à travers le pays qui font trembler le pouvoir. D’où les arrestations des responsables syndicaux, comme Ismaël Abdi.