Par Samuel Ladvenu

mazemag.fr, 7 juin - Elle est tombée dans la marmite étant petite et depuis, sa passion ne s’est pas démentie. Née de parents iraniens, Sara Nouri s’est prise d’amour pour la patrie de ses racines. Un pays soumis au joug d’un régime théocratique et autoritaire, mis au ban des nations pour sa volonté farouche de maîtriser l’arme nucléaire. Aussi et surtout, mais on a tendance parfois à l’oublier, l’Iran s’est régulièrement fait épingler pour des violations multiples des droits de l’Homme. Une réalité que Sara Nouri, avocate de profession et militante au sein de l’Association des Femmes Iraniennes en France, souhaiterait voir remise au cœur des priorités de la communauté internationale. Elle évoque pour Maze Magazine son combat ardent en faveur des droits humains.

Son engagement

Qu’est-ce qui constitue pour vous l’origine de votre attachement à l’Iran ?
Mes parents sont tous les deux iraniens et même si je suis née à Paris, j’ai grandi en découvrant la culture iranienne que je chéris. La majorité des membres de ma famille vivent en Iran et je considère les Iraniens comme mes frères et sœurs. Les événements tragiques qui ont commencé à frapper l’Iran quelques années avant ma naissance, les malheurs infligés à ce grand peuple suite à une révolution [NDLR : la Révolution Islamique de 1979] qui a mal tourné, la guerre et un pouvoir impitoyable, m’ont profondément attaché à ce pays.


D’où provient votre engagement tout particulier pour la promotion des Droits de l’Homme dans ce pays ?
Très jeune, j’ai été sensibilisée à l’oppression subie par le peuple iranien, tout au long de son histoire récente. D’abord, par les exécutions des opposants politiques à l’époque du Shah d’Iran, puis comme aujourd’hui encore, la pratique de la torture, la discrimination et les actes de violence notamment envers les femmes et les jeunes qui manifestent et s’expriment pacifiquement pour réclamer leur liberté contre le régime en place ou qui souhaitent simplement vivre une vie de liberté, comme dans les pays démocratiques. J’ai donc participé dès l’adolescence à de nombreuses réunions politiques et manifestations organisées par un mouvement de résistance dont la plupart des membres ont vu leur famille décimée par le régime iranien ou torturée dans les prisons iraniennes. C’est dans ces réunions et manifestations que mon attachement au combat pour les droits de l’Homme en Iran s’est accru. J’estime aujourd’hui qu’il est de mon devoir de participer activement à cette lutte pour la démocratie et la liberté. C’est aussi, à mon sens, le devoir de tous et surtout celui de la jeune génération de venir en aide au peuple iranien, car l’enjeu est aussi mondial, pas seulement régional comme on le croit trop souvent. Partout où les gens se battent pour leurs droits fondamentaux, cela concerne aussi l’avenir de l’humanité.

Son action

Depuis Paris, en quoi consiste votre action pour la promotion des Droits de l’Homme au travers de l’Association des Femmes Iraniennes en France ?
L’Association des Femmes Iraniennes en France a pour but d’informer et de sensibiliser l’opinion, notamment sur la condition des femmes en Iran, mais aussi sur les exactions commises envers la jeunesse iranienne. Elle recense dans un bulletin d’information mensuel tous les abus, mais aussi l’actualité politique et la situation globale dans le pays. Nous aidons également les organisations ou associations qui assurent le contact avec les instances de défense des droits de l’Homme comme celles des Nations Unies ou Amnesty International.

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IRAN 
janvier 2018

 9 exécutions

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions