Iran Manif – Elles ont le courage qui manque aux femmes politiques. Elles, ce sont les hôtesses de la compagnie Air France qui compte reprendre ses vols vers l’Iran à partir du 17 avril. Elles ont dit non à la note interne qu’elles ont reçue leur demandant de « porter un pantalon durant le vol, des vestes amples et un foulard recouvrant les cheveux à la sortie de l’avion » en arrivant à Téhéran.

Alors que toutes  les femmes politiques se sont pliées – en quatre – aux exigences des mollahs et  ont accepté de porter ce fichu voile obligatoire, les hôtesses d’Air France s’y refusent et c’est tout à leur honneur.

La direction d’Air France a beau souligner qu’il s’agit de « respecter les lois des pays dans lesquels [les équipages] se rendent », les hôtesses ont vu juste. Il ne s’agit ni de loi, ni même de religion. Il s’agit d’une vision criminelle qui prive les femmes de leur droit et de leur humanité. 

Car cette vision des intégristes islamistes au pouvoir en Iran est inscrite dans la Constitution et a instauré une ségrégation sexuelle dans de multiples domaines pour exclure les femmes de la vie sociale, politique et économique en Iran. Une Constitution qui fait d’elles des sous-citoyennes, des individus de deuxième classe sans le moindre droit et qui n’évoluent que dans un contexte de contrainte.

Refuser ce voile obligatoire en descendant d’avion à Téhéran, c’est refuser tout le système de répression qui écrase légalement les femmes en Iran, au nom d’un fascisme religieux sans rapport avec l’islam, une vision fondé sur la division sexuelle pour mieux contrôler et opprimer la population jusque dans sa vie privée. C’est sur cette division sexuelle que les mollahs et les intégristes islamistes qu’ils ont générés s’appuient pour ne créer que des contraintes.

Or le Coran souligne qu’il n’y a pas de contrainte en religion. Tout dans l’islam est fondé sur le libre-choix, la connaissance et la responsabilité, des critères qui ne connaissent pas de différence en matière sexuelle.

C’est pourquoi les Iraniennes en Iran disent merci aux hôtesses d’Air France, car elles sont les premières à leur apporter un véritable soutien, à la différence de ces femmes politiques qui se sont rendues en Iran en acceptant sans broncher le diktat des mollahs et ont légitimé ainsi toutes les souffrances des femmes là-bas.

La parlementaire française Elisabeth Guigou et la Haute représentante de l'Union européenne Federica Mogherini 

Or à l’époque de ces passages en Iran, accompagnés d’exécutions de prisonnières, pas une voix ne s’était élevée en Europe pour critiquer cette soumission et ce retournement de veste vis-à-vis des droits des femmes.

Pour avoir osé refuser laisser dans l’avion leur humanité et leur identité de femmes, pour disparaitre en sous-humaines sur le tarmac des mollahs, les hôtesses d’Air France ont reçu le soutien de Maryam Radjavi, dirigeante de la Résistance iranienne, qui a fait de l’égalité des femmes le moteur de l’opposition à la dictature intégriste en place en Iran. 

Portant elle-même un foulard, Maryam Radjavi rappellait dans une intervention à l’occasion du 8 mars à la Défense que « tout ce qui est contrainte et obligation et tout ce qui rejette le vote et le libre choix populaire, non seulement ce n’est pas l’islam mais c’est contraire à l’islam. Et tout ce qui nie l’égalité des droits des femmes, n’a pas sa place dans l’islam. Face à l’extrémisme, l’obscurantisme et l’instrumentalisation de la religion, nous défendons l’islam démocratique.

Nous voulons avec ce mot émancipateur d’égalité et en particulier de participation active et égale des femmes à la direction politique, faire de ce siècle, le siècle des femmes, une ère de libération des femmes et de l’Humanité.”

Elle ajoutait avec force : « une fois de plus nous disons : Les femmes iraniennes doivent être libres ! Elles doivent elles-mêmes choisir leurs opinions, leurs vêtements et leur vie. Et nous répétons : Non au voile obligatoire ! Non à la religion obligatoire ! »

Merci aux hôtesses d’Air France d’avoir refusé le voile  obligatoire et d’avoir défendu la liberté de choisir. Le Iraniennes qui luttent pour la liberté dans leur pays et notamment la liberté de s’habiller comme elles veulent, leur en sont reconnaissantes.  

 

IRAN 
Mars 2017

42 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions