Iran Manif - D’après les statistiques qui ne sont pas très exactes, plus de 85 % des enfants qui travaillent en Iran vivent avec leur famille et leur travail varie en fonction des besoins de la famille. 

De même d’après d’autres statistiques tout aussi peu précises, 12 % de ces familles n’ont pas de personnes qui subviennent à leurs besoins. Le reste des enfants ouvriers qui sont majoritairement des émigrés, vivent sans famille, avec des amis ou des proches. Ce groupe ajouté à celui des enfants sans soutien de famille, est sans doute plus vulnérable aux dommages sociaux. Les enfants isolés sont généralement victimes d’exploitation, notamment des abus de travail.  

Un autre problème est l’éloignement de la famille qui une est source de nuisance, car les enfants sont livrés à eux-mêmes. Après le travail, ils veulent sortir mais risquent de choisir des activités néfastes comme fumer du tabac ou de la drogue. Beaucoup sombrent dans la dépression et d’autres problèmes. 

Par conséquent ces enfants qui travaillent loin de leur famille sont plus fragilisés et doivent être d’avantage soutenus, or il n’existe aucun mécanisme en Iran pour leur apporter un soutien. La seule solution est de les faire adhérer à des associations qui défendent leurs droits. Cependant les enfants qui travaillent dans les ateliers n’ont pas accès à ces associations parce qu’il est difficile pour ces dernières d’y pénétrer. Pour y entrer, une autorisation légale du ministère du Travail est nécessaire. Certains de ces enfants se rendent de temps à autre dans des associations mais les assistants sociaux n’ont pas la possibilité de leur rendre visite régulièrement. Il faut aussi ajouter que les défenseurs des droits des enfants sont persécutés, arrêtés et emprisonnés comme Atena Daemi, qui vient de terminer une longue grève de la faim de 54 jours, car son activisme ne l'a pas seulement envoyée en prison mais a aussi causé la persécution de sa famille.

Comme nous le savons, la majorité des enfants qui travaillent sont surtout dans la rue mais la vérité est que ceux qui travaillent dans les ateliers souffrent beaucoup plus parce qu’ils ne sont pas exposés à la vue du public. 

Malheureusement la directive officielle en Iran qui exclue les ateliers de moins de 10 ouvriers de la tutelle du ministère du Travail s’applique toujours, ce qui affecte durement les enfants. Cela signifie que même le ministère du Travail n’a pas le droit de contrôler ces ateliers, encore moins les assistants sociaux et les ONG. Toutefois, s’il s’agit de réduire le travail des enfants et de se battre pour l’abrogation de leur travail, il serait préférable de commencer par les ateliers où les conditions sont les plus dures pour les enfants. 

Dans un atelier de tissage de tapis de la ville de Maragheh, des enfants travaillent 12 heures par jour sans air ni lumière suffisants. La plupart sont âgés de moins de 12 ans pace qu’ils tissent mieux. Ils sont beaucoup plus exploités et leurs conditions sont pires que celles des enfants des rues. 

Les enfants employés dans les travaux domestiques sont oubliés. Ils ont une tâche bien plus ardue que les travaux dans les rues. En fait, tous les efforts sont concentrés pour effacer le travail des enfants de la rue, en oubliant tous les autres.