Challenges, 20 avril - Donald Trump n'avait pas réitéré depuis sa prise de fonctions en janvier ses propos de campagne promettant de "déchirer" cet accord [nucléaire passé avec l'Iran]. "Trump passe à la vitesse supérieure, indique François Colcombet, président de la Fondation d'études pour le Moyen-Orient (FEMO), co-auteur de l'ouvrage "Où va l'Iran" qui paraîtra en mai aux Éditions Autrement. Il semble tenir parole par rapport à ses déclarations de campagne et veut durcir le régime de sanctions contre l'Iran".

L'accord appelé Plan global d'action a permis d'alléger les sanctions internationales contre l'Iran, mais Washington a maintenu une partie de ses sanctions.

Une élection présidentielle iranienne cruciale en mai

A cela il convient d'ajouter la fermeté de Washington qui interdit les transactions en dollar avec l'Iran et veille scrupuleusement à l'application de "l'International Emergency Economic Powers Act", cette loi fédérale américaine de 1977 qui autorise le président des Etats-Unis à restreindre les relations commerciales avec certains pays. L'Office of foreign assets control (OFAC), véritable bras armé économique des USA, actualise ainsi régulièrement une liste intitulée "specially designated nationals", longue de 973 pages mentionnant des personnes ou des sociétés - comme celles liées aux Pasdarans - avec lesquelles il est interdit d'avoir des relations commerciales. Une intransigeance qui complique notamment le retour des entreprises françaises en Iran. Échaudées par l'amende record infligée en 2014 par Washington à la BNP pour violation de l'embargo américain, les grandes banques françaises se refusent à financer les projets persans des entreprises tricolores. 

La relation entre les deux pays pourrait s'envenimer encore plus à l'occasion de la prochaine élection présidentielle iranienne qui aura lieu le 19 mai prochain. "Tous les ingrédients de lendemain qui déchantent sont réunis" soutient même François Colcombet. Si dans l'hypothèse d'une victoire d'Hassan Rohani, en lice pour un second mandat, le statu-quo pourrait prévaloir, il en irait tout autrement d'un succès d'un candidat conservateur. Parmi eux, Ebrahim Raisi fait figure de favori. Celui que l'on présente comme un successeur potentiel du Guide suprême, Ali Khamenei, âgé de 77 ans, est un dur du régime. Dans ses mémoires, l'un des fondateurs de la République islamique, l'ayatollah Ali Montazeri, avait dénoncé son rôle dans le jugement sommaire et l'exécution de milliers d'opposants emprisonnés, durant l'été 1988, à la fin de la guerre contre l'Irak. "Avec Raisi, il y a un gros risque que les choses s'enveniment, estime Afchine Alavi, représentant du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI). 

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