L’Iran, un pays méconnu, il compte pourtant près de 80 millions d’habitants. François Colcombet vient de coordonner un livre sur le régime actuel et ses jeux d’influence. La publication, dirigée par l’ancien magistrat, propose des clés pour le comprendre.

La Montagne, 15 juillet - par Matthieu Villeroy - Suivre, ou du moins tenter de suivre une démonstration de François Colcombet, s’apparente à un exercice finalement assez complexe.

Tous les trois mots, la pensée du magistrat honoraire bifurque, empile à son propos principal différentes digressions. Ces itinéraires bis, prononcés sur un ton badin, ne sont jamais oiseux, mais illustrent simplement la curiosité et liberté intellectuelle de l’ancien député socialiste de Moulins. Résultat, au bout d’une heure d’entretien, le journaliste se retrouve avec un cahier bourré de notes, et les plus grandes difficultés du monde à tenter de retrouver un fil rouge à cet échange.

Potentiel démocratique et intellectuel 

Grâce à Colcombet, il a poussé les portes de l’ancienne Perse, aujourd’hui l’Iran. Ce territoire à l’histoire longue. Ce pays de 80 millions d’habitants à la diaspora importante est un des acteurs majeurs du Moyen-Orient. En quelques minutes, plusieurs décennies d’histoire ont été rembobinées, de la chute du dernier shah à l’émergence du régime de Khomeiny afin de comprendre ce pays « où vit un peuple civilisé et moderne, mais sous la coupe d’un régime obscurantiste et totalitaire », estime l’ancien parlementaire. 

François Colcombet entretient un lien long avec l’ancienne Perse. Il figure parmi les Français qui se sont battus pour défendre les intérêts des Moudjahidine du peuple, groupe opposé au régime actuel de Téhéran. Un engagement qui lui interdit de se rendre dans ce pays.

L’ancien maire de Dompierre-sur-Besbre vient de coordonner, aux éditions Autrement, un ouvrage collectif intitulé "Où va l’Iran ?". Il réunit des contributions assurées par des intellectuels français, américains, iraniens … et livre une photographie de l’Iran contemporain.

L'enjeu des relations avec l’Arabie saoudite

Le mieux qu’il puisse arriver pour ce pays, c’est un changement démocratique », estime-t-il sans détours. Un pays dont les contestations, ces dernières années, sont souvent liées à « la pauvreté mais également à des enjeux économiques. »

La principale incertitude porte sur ses relations avec l’Arabie saoudite. D’aucuns pronostiquent l’émergence d’un conflit ouvert entre les pays. L’escalade de la violence est en tout cas forte entre les deux régimes, l’un sunnite et l’autre chiite. Elle se concrétise déjà dans la guerre qui se déroule au Yémen depuis le début des années 2010 où chacun des deux frères ennemis soutient un des deux camps.

Une instabilité croissante au Moyen-Orient qui inquiète alors que les Iraniens viennent de reconduire l’actuelle majorité du président modéré Hassan Rohani, au pouvoir depuis 2013.