Selon Ali Al-Anessi, le Yémen refusera toute médiation étrangère dans cette "affaire intérieure"

Par Gilles Paris
 

Le Monde, 14 novembre - La taille des bureaux d'Ali Al-Anessi, le directeur de cabinet du président Ali Abdallah Saleh, dit assez bien son importance dans un système politique dont l'opposition ne cesse de critiquer la concentration extrême.

Si M. Anessi n'a pas recours aux expressions fracassantes du président Saleh, il n'en délivre pas moins un message très ferme à ceux qui s'inquiètent des conséquences pour le Yémen de la guerre du Nord qui n'en finit pas, après cinq ans de combats intermittents et en dépit des moyens considérables mis en oeuvre.

Selon des sources officieuses yéménites, cette guerre contre les partisans d'Abdel Malik Al-Houthi, issus comme lui du zaïdisme, une forme particulière de chiisme, aurait entraîné un triplement des dépenses militaires, alors que la baisse des recettes pétrolières du fait de l'épuisement des réserves met en péril les finances publiques.

Un an après une tentative infructueuse d'intercession du Qatar, le directeur de cabinet du président se veut catégorique. " C'est une affaire intérieure, dit-il. Nous avions accepté l'aide des Qataris parce que nous cherchons la paix. Au bout du compte, toute les victimes sont yéménites mais les rebelles ont cru qu'ils étaient forts et ils n'ont rien respecté des accords conclus ", ce que démentent ces derniers. " Aujourd'hui, ils souhaitent l'internationalisation parce qu'elle servirait leurs intérêts. Mais il n'y aura pas de nouvelle médiation. "

Pourquoi cette guerre dure-t-elle ? " Nous avons commis des erreurs, affirme M. Anessi, mais nous les avons rectifiées et la population nous soutient pour enfin régler ce problème. "

Le régime du président Saleh, qui a reçu l'aide d'un royaume saoudien inquiet de l'instabilité de la frontière nord, vient de repousser une offre iranienne exprimée par le ministre des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. M. Anessi met d'ailleurs ouvertement en cause le rôle de l'Iran dans la poursuite du conflit évoquant un soutien apporté par Téhéran aux rebelles en dépit des dénégations officielles.

Procès contre la presse

" Les médias officiels iraniens les soutiennent ouvertement ", assure-t-il, avant de s'interroger sur les activités des diplomates iraniens en poste au Yémen. Le directeur de cabinet assure disposer de preuves, retrouvées au cours des combats, du soutien apporté par certains d'entre eux aux rebelles. " Les houthistes reçoivent de l'aide de groupes chiites du Bahrein, du Koweït et des Emirats, mais le soutien iranien est ancien et remonte avant la guerre, poursuit-il. Hussein Al-Houthi et son père Badr Eddin étaient à Qom dans les années 1980, et c'est après que les houthistes ont adopté les slogans iraniens : Mort à l'Amérique ! Mort à Israël ! Pour autant, nous écartons l'idée d'un gel des relations avec nos frères iraniens. "

La guerre du Nord contribue, selon l'opposition yéménite, à un raidissement du régime, illustré notamment par la multiplication des procès contre la presse. Le directeur de cabinet du président Saleh écarte les accusations de personnalisation du pouvoir en assurant que l'opposition, qui regroupe à la fois les ex-socialistes du Sud, les nassériens et les islamistes du parti Al-Islah, " ne sait pas ce qu'elle veut " et que les dernières élections " ont montré ses limites ". L'opposition explique pour sa part l'hégémonie du parti du président sur les institutions par les moyens dont il dispose.

Quant à l'éventuelle intronisation d'Ahmad Ali Saleh, fils du numéro un du Yémen, comme successeur, que dénonce également l'opposition, M. Anessi jure que " le président ne la souhaite pas ".

 

IRAN 
Juin 2018

 1 exécution

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions