Le Temps (Suisse) - Un massacre commis par Bachar el-Assad contre son propre peuple? Une sanglante intervention de la Russie au Moyen-Orient? Pour une bonne partie du monde arabe, s’il fallait nommer les ultimes responsables de la chute d’Alep, ils seraient ailleurs: ce sont les milliers de combattants chiites (iraniens, mais aussi libanais, afghans, irakiens ou pakistanais) qui ont bombardé les quartiers de la ville en chantant les louanges à l’imam Ali pour planter ensuite les emblèmes chiites sur les décombres d’Alep-Est.

«Corridor stratégique»

Une photo qui a largement circulé, résume l’enjeu. Elle montre Kassem Soleimani, chef de la force d’élite des Gardiens iraniens de la révolution (l’un des Iraniens les plus puissants du pays), au pied de la Citadelle d’Alep, dans les quartiers ravagés par la récente offensive. Alors que des milliers de combattants pro-iraniens ont participé à l’opération, le message est clair: Téhéran est en droit de réclamer le «succès» d’une offensive qui n’aurait pu se mener sans lui.

Officiellement, les forces pro-iraniennes sont intervenues en Syrie aux côtés du président Bachar el-Assad afin de défendre les lieux saints chiites du pays. L’Iran entend surtout, à travers la Syrie, maintenir le «corridor stratégique» qui lie Téhéran à la milice chiite libanaise du Hezbollah. Pour ce faire, elle s’appuie sur un régime syrien dominé par les alaouites, une branche de l’islam relativement proche du chiisme.

Ces explications ont pourtant laissé place à des enthousiasmes plus démonstratifs ces derniers jours. Pour Akram al Kaabi, un autre commandant chiite, qui est venu d’Irak prêter main-forte à ses collègues à la tête de plusieurs milliers d’hommes, l’affaire est entendue: «Alep est chiite», disait-il, lors d’une déclaration reprise en chanson par ses troupes. Des troupes dont l’ONU suspecte qu’elles sont notamment responsables du meurtre de 85 civils, hommes, femmes, enfants, tous sunnites, assassinés de sang-froid dans une cave d’immeuble.

Il y a peu, l’ayatollah Mohammad Emami Kashani assurait à Téhéran que l’objectif de la bataille d’Alep était de débarrasser la ville des «infidèles», c’est-à-dire de toute sa population sunnite ainsi que, peut-être, chrétienne. Dans le même ordre d’idées, le numéro 2 des Gardes de la révolution, Hossein Salami (le bras droit de Kassem Soleimani) proclamait que, après Alep, d’autres «conquêtes» viendraient, en mentionnant particulièrement le Yémen et Bahreïn. Des déclarations en ligne avec l’annonce, faite cet été par un général iranien à la retraite, d’une «armée de libération chiite».

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IRAN 
Avril 2017

26 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions - Mars: 45 exécutions - )

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions