Al Arabiya.net - Le régime iranien a reçu un coup majeur avec la mort le 8 janvier de l'ancien président et haut religieux Ali Akbar Hachemi Rafsandjani emporté par une crise cardiaque à l'âge de 82 ans.

Connu pour son rôle influent dans l'élaboration de la politique du régime après la révolution de 1979, Rafsandjani laissera un vide au sein du pouvoir en décédant à moins de quatre mois avant l'élection présidentielle cruciale.

Au cours des 38 dernières années, Rafsandjani a joué un rôle de premier plan dans la répression intérieure, l'exportation du terrorisme et de l'extrémisme à l'étranger, et a été pionnier de la quête clandestine des armes nucléaires du régime iranien. 

"La mort de Rafsandjani, l'un des piliers du fascisme religieux au pouvoir en Iran et son facteur d'équilibre s'est effondré. Le régime dans son ensemble est désormais plus proche de son renversement ", a déclaré Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne.

Le Conseil de discernement

Alors que le pouvoir de Rafsandjani avait considérablement faibli ces dernières années, son dernier poste était à la tête du Conseil de discernement des intérêts de l'Etat, un organe chargé apparemment de résoudre les conflits entre le parlement du régime (Majlis) et le Conseil des gardiens. Ce dernier est une entité ultra-conservatrice étroitement liée à Khamenei, connu principalement pour son examen de tous les candidats en fonction de leur loyauté au régime avant le simulacre d'élections.

Rafsandjani a de nouveau cherché à participer aux élections de 2013 comme un candidat «réformiste», pour être disqualifié par le Conseil des gardiens. Furieux d'avoir été rejeté, Rafsandjani a réagi en dénonçant la mesure comme ignorante.

Rafsandjani a décidé de mettre tout son poids derrière Rohani après que celui-ci ait pris le pouvoir en 2013.

Parallèlement à ses efforts politiques, Rafsandjani a également utilisé sa position pour édifier avec sa famille un empire économique à partir des institutions du pays et des ressources naturelles ces dernières décennies.

Un empire familial

«Un frère dirigeait la plus grande mine de cuivre du pays, un autre a pris le contrôle de la télévision d’État, un beau-frère est devenu gouverneur de la province de Kerman, et un cousin dirige une exploitation qui domine les 400 millions de dollars d'exportation de pistaches iraniennes. Un neveu et un fil de Rafsandjani ont occupé des postes clés au ministère du Pétrole et un autre fils dirige le projet de construction du Métro de Téhéran (environ 700 millions de dollars dépensés à ce jour) », indique une analyse de Forbes en 2003.

L'article fait aussi allusion aux milliards cachés dans des banques suisses et luxembourgeoises par les Rafsandjanis. Bien qu'il voulait se faire passer pour un partenaire adéquat de l'Occident, Rafsandjani égalait ses homologues "durs" dans la répression des opposants, les membres et les partisans de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) lanceur d'alarme sur le programme clandestin d'armes nucléaires de l'Iran.

"Il faut appliquer quatre châtiments aux Moudjahidine du peuple : 1- les tuer. 2- les pendre. 3- Les amputer des bras et des jambes. 4- Les exclure de la société ", déclarait Rafsandjani en 1981. Il a également joué un rôle en tant que président du régime dans le massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988.

Rafsandjani aura dirigé de nombreux assassinats d'opposants à l'étranger, y compris des défenseurs des droits humains de renom Kazem Radjavi, l'ancien ambassadeur iranien en Italie Mohammad Hossein Naghdi, et le chef kurde iranien Abdulrahman Ghassemlou.

Rafsandjani a également été inculpé pour son rôle dans l'attentat à la bombe contre l'AMIA en 1994 à Buenos Aires qui avait fait 85 morts et des centaines de blessés.

Rafsandjani a durant quatre décennies de théocratie en Iran joué le rôle de numéro 2 du régime et un élément d'équilibre, en sécurisant toujours les intérêts supérieurs du pouvoir. Sa mort affaiblira considérablement le régime dans son intégralité et déclenchera des bouleversements majeurs dans la hiérarchie.

Si l'on veut tirer des enseignements du passé, les mollahs vont probablement recourir à davantage de violence, et d'exportation du terrorisme et de l'extrémisme pour empêcher que cette nouvelle crise ne soit hors de contrôle.

 

IRAN 
Mars 2017

42 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

-----------------------------

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions