CNSNews.com - 8 mars 2017 - Le Corps des gardiens de la révolution iraniens (pasdaran) contrôle exclusivement près de la moitié des débarcadères officiels d'Iran et les utilise pour échapper aux sanctions, exporter des armes à des groupes affiliés en violation des sanctions internationales et pour mener à bien d'autres activités illicites.

C'est ce que dit un nouveau rapport du groupe d'opposition iranien en exil, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), qui comprend des informations et des photographies d'un certain nombre des 90 quais contrôlés par les pasdaran dans le sud de l'Iran.

Publié lors d'une conférence de presse à Londres mardi, le rapport lève aussi le voile sur les activités d'une vaste entreprise que l'administration Trump envisage de d'inscrire comme organisation terroriste étrangère (FTO).

Par ailleurs, le bureau du CNRI aux États-Unis lancera mercredi un nouveau livre mettant en évidence les moyens par lesquels les pasdaran et le guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, ces huit dernières années en particulier, ont étendu leur emprise sur de vastes secteurs de l'économie iranienne, utilisant les profits pour parrainer le terrorisme.

Intitulé "L'émergence de l'empire financier des gardiens de la révolution: comment le guide suprême et les pasdaran ont dévalisé le peuple pour financer le terrorisme international", le livre avertit que les entreprises occidentales cherchent à faire affaire avec le «secteur privé» en Iran maintenant que les sanctions ont été levées en vertu de l'accord nucléaire, se retrouveront probablement à faire des affaires "avec Khamenei et les pasdaran".

"Derrière les banques et les entreprises officielles se trouve un réseau d'institutions contrôlées par la théocratie, et plus particulièrement les pasdaran", dit-il.

"Les entreprises occidentales, les gouvernements et les citoyens qu'ils représentent ne peuvent pas éviter la réalité qu'aujourd'hui les gardiens de l'économie iranienne sont ceux qui répriment la population iranienne et exportent le terrorisme et l'idéologie intégriste qui menacent l'Occident.

A Londres, un rapport publié mardi indique que les pasdaran financent ses activités en faisant passer des produits allant du pétrole et du gaz aux cigarettes et aux stupéfiants, les importations et les exportations se déplaçant à travers les quais d'une valeur de quelque 12 milliards de dollars par an.

Les ports sous son contrôle sont situés dans le Golfe Persique - les provinces limitrophes de Bouchehr et Hormozgan et dans les îles du Golfe persique - où la marine des pasdaran a capturé et humilié des marins américains après que leurs petits bateaux de patrouille aient involontairement pénétré dans les eaux territoriales iraniennes en janvier 2016.

Selon le rapport, sur ordre de Khamenei, « aucune autorité n'est habilité à surveiller les activités des pasdaran dans les zones frontalières, que ce soit sur les quais au sol, en mer ou en air, et ils peuvent importer tout ce qu'ils veulent autant qu'ils le veulent sans payer de frais de douane».

Les pasdaran contrôlent aussi les navires et les pétroliers, dont certains sont parfois affrétés par d'autres pays - comme le Venezuela - avec les fonds recueillis directement dans les caisses des pasdaran.

Le CNRI affirme que selon ses sources au sein du régime, les pasdaran utilisent leurs docks pour expédier des armes à des groupes affiliés dans la région, comme la milice Houthi au Yémen. Les armes sont introduites clandestinement au Yémen via les ports d'Oman (pour éviter un blocage des navires iraniens dans les ports yéménites).

Une des compagnies de fret maritime, Admiral Group, a été fondée il y a cinq ans par les fils d'Ali Shamkhani, pasdaran ancien commandant de la marine et ministre de la Défense, qui est désormais secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale du régime.

La compagnie, qui compte neuf navires, "s'est spécialement engagée dans l'envoi d'armes au Yémen", affirme le CNRI.

D'autres compagnies maritimes impliquées dans cette activité ont été identifiées comme Hafez Daya Arya et Valfajr.

Pour stabiliser le Moyen-Orient, il faut affaiblir les pasdaran.

Hossein Abedini, membre de la commission des affaires étrangères du CNRI, a déclaré que les révélations concernant le contrôle des pasdaran sur de nombreux ports montrent que le régime "utilise tous ses moyens, notamment économiques, pour exporter l'extrémisme islamique et le terrorisme qui en découle".

Il a souligné que de nombreuses entreprises iraniennes avec lesquelles les entreprises occidentales veulent faire des affaires "sont affiliés aux pasdaran et que les revenus générés dans ces transactions pour la partie iranienne sont utilisés pour financer le terrorisme et l'intégrisme".

Abedini a demandé que les pasdaran soient inscrits sur la liste des organisations terroristes et ciblés dans leur intégralité pour des "sanctions graves et globales", ainsi que toute entité étrangère qui traite avec eux.

 

IRAN 
Mars 2017

42 exécutions

(Janvier: 95 exécutions - Février: 52 exécutions)

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En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions