La République islamique n'est pas une démocratie, mais une dictature théocratique

Washington Times, 23 mai – Par Clifford D. May - Les informations se doivent d’être nouvelles, mais pas nécessairement surprenantes. La nouvelle franchement pas étonnante de la semaine dernière en Iran : il y a eu une (sorte d’) élection et le gagnant était Hassan Rohani, le président sortant.

Un religieux apparemment doux au sourire béat, il a présidé l'Iran pendant quatre ans - une période de violations flagrantes des droits humains, de massacres en Syrie soutenus par l'Iran, de prises en otages d’Américains et d’autres et de soutien croissant aux terroristes à l’étranger. Néanmoins, dans la plupart des médias, il est décrit comme "modéré".

Il est tout au plus un pragmatiste, avec un sens aigu de la crédulité des diplomates et des journalistes occidentaux. Il sait qu'ils ne le jugeront pas sur la base de citations telles que « Dire’’Mort à l’Amérique !’’ est facile. Nous devons exprimer ’’Mort à l’Amérique !’’ par l’action. » 

En Iran, le président n'est pas le personnage le plus puissant. Cette distinction est réservée à un « guide suprême » non élu. C'est au guide suprême que tous les organismes gouvernementaux rendent compte - y compris le Conseil des gardiens constitué de 12 membres, qui approuve les candidats à la présidence. Cette fois, plus de 99 % de ceux qui espéraient se présenter au scrutin ont été disqualifiés parce qu'ils n’occupaient pas de postes politiques ou religieux apropriés. Les femmes ont également été exclues.

Depuis la Révolution de 1979, l'Iran a eu deux guides suprêmes. Le premier était Rouhollah Khomeiny, un religieux charismatique à l'esprit ardent d'un prophète biblique. Le gouvernement Carter et les médias traditionnels l'ont tout d'abord pris pour un modéré. Quiconque ayant lu ce qu'il avait écrit depuis les années 1940 savait qu'il se considérait comme un djihadiste et qu’il croyait que l'islam devrait « conquérir le monde entier ».

Après la mort de l’ayatollah Khomeiny en 1989, Ali Khamenei, qui avait été président, a été nommé guide suprême par l'Assemblée des Experts, une entité dont les membres sont également choisis par le Conseil des gardiens. Sur la base de ces données, il était clair que les élections en Iran ne sont pas ouvertes, ni libres ni équitables - même si elles n’ont pas été vraiment manipulées comme en 2009.

Le New York Times a appelé la forme de gouvernement en Iran une « démocratie  antidémocratique ». C'est à la limite un oxymore mais franchement pas précis. Je dirais qu’il s’agit d’une dictature théocratique habilement emballée pour donner l'illusion d'une gouvernance représentative. Il pourrait être utile de la comparer au système soviétique dans lequel le parti communiste décidait des candidats qui pouvaient se présenter et de ce que les officiels élus pouvaient faire. En Iran, substituez les mollahs aux commissaires.