Huffington Post – Par Ken Blackwell, membre de laNational Academy of Public Administration and the Family Research Council aux Etats-Unis

Au cours de ses cinq premiers mois, la présidence de Donald Trump a connu des changements spectaculaires vis-à-vis de la normalisation politique de l'administration Obama. Peu sont aussi significatifs ou étendus que les changements dans les relations américaines avec la République islamique d'Iran.

La nouvelle attitude bénéficie d'un rare soutien bipartite au Congrès et pour une bonne cause. La politique conciliatrice du prédécesseur de Trump a abouti à un accord nucléaire inefficace et à un allègement de sanctions qui se monte à des dizaines de milliards de dollars pour un régime qui demeure le principal parrain du terrorisme dans le monde.

Le président Obama avait insisté sur le fait que l'accord inciterait Téhéran à modérer son comportement, mais depuis l'accord nucléaire, le régime iranien est devenu plus belliqueux et plus enclin à des atteintes aux droits humains, tant sur son territoire que dans tout le Moyen-Orient.

Dans son discours lors du sommet arabo-américain du 21 mai dernier, Trump a souligné que Téhéran est responsable de la grande instabilité dans la région. Du Liban à l'Irak et au Yémen, le régime iranien finance, arme et forme des terroristes et des groupes extrémistes qui propagent la destruction et le chaos. Pendant des décennies, l'Iran a alimenté les brasiers des conflits sectaires tout en prônant ouvertement des tueries de masse, promettant la destruction d'Israël, la mort d'Amérique et la ruine pour de nombreuses nations. Parmi les interventions les plus tragiques et les plus déstabilisantes de l'Iran, il y a son soutien à la dictature syrienne de Bachar al-Assad et de ses crimes indescriptibles.

Mais les victimes du régime iranien qui souffrent depuis le plus longtemps sont les Iraniens, comme l'a souligné à juste titre le président Trump. L'Iran possède une riche histoire et culture, mais le peuple iranien a enduré de dures épreuves et le désespoir sous la férule de ses dirigeants qui ont poursuivi avec fougue les conflits et la terreur.

Les États-Unis ont un impératif stratégique et moral de s'y opposer. La nouvelle administration a renforcé ses liens avec les adversaires de la République islamique. Elle a également augmenté les sanctions contre le dangereux programme de missiles balistiques de l'Iran et pris des mesures pour isoler le Corps des gardiens de la révolution (Pasdaran) en Iran.

L'écrasante majorité des Iraniens ne croit plus dans ce régime. Le monde a pu le voir lors du soulèvement massif de 2009, mais en rejoignant les tyrans qui régissent l'Iran, l'administration Obama a aidé à les condamner à une répression violente. Néanmoins, il y a toujours des informations constantes sur des manifestations contre les salaires impayés, un minimum de sécurité sociale, la corruption qui ronge le sommet du régime, et le reste.

Ces tendances indiquent qu'il existe un soutien populaire pour un changement de régime. Mais la question qui se pose est désormais de savoir si ce sentiment populaire a l'organisation nécessaire pour le concrétiser.

Certains affirment que ce mouvement n'existe pas et que l'opposition est fracturée ou manque de soutien. Dans ce cas, la meilleure stratégie serait de simplement contenir le régime. Mais le guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, a affirmé à maintes reprises ces dernières semaines que tout changement dans le comportement de Téhéran équivaudrait à un changement de régime. Face à cette attitude, vouloir le contenir n'est manifestement pas une possibilité réaliste.

Un nombre croissant d'observateurs font valoir qu'il existe une alternative viable. Ils soulignent que contrairement à beaucoup d'autres cas au Moyen-Orient, l'opposition iranienne est organisée sous la forme du Conseil national de la Résistance iranienne. Ce conseil a une dirigeante féminine identifiable, Maryam Radjavi, qui a un plan en dix points progressiste et démocratique pour l'avenir de l'Iran.

Le soutien de la diaspora est évident lors de ses grands rassemblements annuels à Paris (prévu le 1er juillet à Villepinte cette année), qui attirent des dizaines de milliers d'expatriés iraniens et leurs partisans internationaux. Il a un solide soutien bipartite parmi les membres du Congrès américain et les hauts responsables de la sécurité nationale des quatre dernières administrations.

Pendant des années, le niveau de soutien de l'opposition au sein de l'Iran a été un sujet à contestation. Il est vrai que le mouvement clé de la coalition, l'Organisation des Moudjahidine du peuple de l'Iran (OMPI) a subi le plus dur de la répression du régime et que quelque 100 000 de ses militants ont été exécutés au fil des ans.

Un changement notable dans le paysage politique iranien a été une poussée importante de l'activisme de l'OMPI à l'intérieur de l'Iran. Ses activistes dans le pays ont risqué arrestations et tortures en suspendant des bannières et des affiches au-dessus des voies express et les voies de circulation, en demandant un changement de régime et un soutien pour Maryam Radjavi. Le rassemblement du 1er juillet devrait être regardé par des millions de personnes, via un réseau télévisé interdit de la Résistance.

L'administration Trump a mis la politique de l'Iran dans la bonne direction mais n'a pas encore exploité l'occasion unique de tourner la page contre les ayatollahs pour de bon, en faveur du mieux-être du peuple iranien et du monde dans son ensemble.