Iran Manif - Les sinistrés du tremblement de terre dans l'ouest de l'Iran ont passé leur seconde nuit dans le froid glacial des montagnes, dans un dénuement total. Les pertes se montent désormais à un millier de morts. La presse officielle a écrit que 60% des sinistrés n'ont pas reçu de couvertures. Dans des endroits comme Ezgueleh, il faisait 0°.  Malgré toute la propagande des médias gouvernementaux, les témoignages sur les réseaux sociaux affluent pour dire que les gens sont abandonnés à leur triste sort.

Le mollah Rohani s'est déplacé à Kermanchah deux jours après le sinistre et il a été copieusement hué par la population en colère. Il n'avait apporté ni tentes, ni couvertures avec lui, à l’instar des rares ministres qui ont fait le déplacement. C'est quand il s'est mis à rendre hommage aux forces de sécurité, aux gardiens de la révolution et à la milice qui ont été déversés pour boucler la province sans offrir le moindre secours, que les sifflets et les huées lui ont longuement coupé la parole.

La chaine d'opposition Sima-y-Azadi alimenté en reportages par la population, notamment par les habitants de la province de Kermanchah et des provinces de l’ouest, a diffusé des témoignages poignants? Dans un beau geste de solidarité, la chaine qui venanit juste de terminer un téléthon pour financer sa propre existence, a demandé à tous les gens qui avaient fait des promesses de dons depuis l'Iran de diriger tout cet argent vers les sinistrés du séisme :

ENTENDEZ NOTRE APPEL

Jeune voix féminine

"Bonjour, je suis reporteur de Sima-ye-Azadi, je voulais vous donner des nouvelles. Une petite fille qui était coincée sous des décombres vient de mourir. On est vraiment dans une situation très, très, très catastrophique. Les victimes sont surtout des personnes âgées et des enfants. Des femmes aussi. Les hôpitaux sont dans une situation épouvantable. Les secours sont franchement faibles. Sarpol-Zahab a beaucoup de destructions. Les villages frontaliers sont durement touchés. Ils n'ont pas autorisé les journalistes à se rendre sur place pour faire des reportages. Les journalistes sont venus de toutes les provinces d'Iran, mais ils n'ont pas été autorisés à se rendre sur place. Les secours sont très limités, et il y a tellement de blessés. Je demande à toute la population et au monde entier d'entendre nos pleurs, nos cris de douleur et notre appel à l'aide et de nous envoyer de l'aide au plus vite."

Capture d'écran de la ville de Kermanchah après le séisme

DISCRIMINATION JUSQUE DANS L'AIDE DISTRIBUEE

Voix masculine

"Je suis reporteur de Sima-ye-Azadi. Je reçois des nouvelles déchirantes sur le tremblement de terre dans la province de Kermanchah. Les gens qui se sont précipités vers la province pour aider les sinistrés ont été bloqués par les gardiens de la révolution. Les gens ont vu des pillards en uniformes des pasdaran entrer dans les maisons évacuées et s'emparer de l'or et des bijoux des particuliers. Alors que tout le monde est affligé par le malheur, ces criminels se livrent à des vols. Même les aides qui sont arrivées font l'objet de discriminations : ils donnent l'aide aux chiites (religion majoritaire en Iran), parce que cette région a des chiites et des sunnites, mais les secteurs touchés par le séisme abritent davantage de Kurdes sunnites. Il y a même un responsable qui se trouvait sur place et à qui les gens ont dit "mais on n'a pas de tente, on n'a rien", il leur a répondu "rien à foutre".

LE CROISSANT ROUGE MET L'AIDE DES PARTICULIERS A SON PROPRE NOM

Voix masculine

"Qasr-e-Chirine, Kerend, Sarpol-Zahab, Salas, la province du Kurdistan avec Kamiaran, Marivan, ont bien plus de victimes que ce que le gouvernement le dit. La province de Kermanchah a au moins 7000 à 8000 blessés. Il y a tellement de gens sous les décombres. Au deuxième jour pas une équipe de secours officielle n'est venue pour trouver les personnes ensevelies. L'aide au compte-goutte qui est arrivée vient des associations et des gens. Il y a plus d'un millier de morts. Les gens qui envoient de l'aide, le croissant rouge ne permet pas qu'elle soit distribuée directement. Il avance pour ça le prétexte des normes d'hygiène, il s'accapare les aides populaires et les mets à son nom. On n'a pas reçu la moindre aide des organes gouvernementaux. Les gens ont besoin d'eau potable, de vêtements, de nourriture. Ils sont dans une situations épouvantable et le peu qu'ils ont c'est grâce à l'aide directe de la population."

LES BATIMENTS CONSTRUITS PAR "MASKAN MEHR" ONT CAUSE LE PLUS DE MORT

Voix masculine

"Selon les nouvelles que j'ai reçues dans les alentours de Kermanchah, dimanche à l'hôpital de Kermanchah et de Sarpol-Zahab, les gens étaient dans des conditions catastrophiques. Il y a plein de cadavres. Je vous en prie, je vous en prie, venez à notre secours. Ces responsables de l'entreprise de bâtiments Maskan-e-Mehr (qui appartient aux gardiens de la révolution) ces voleurs, qu'ils viennent voir comment leurs bâtiments se sont écroulés sur les gens. J'appelle tous les jeunes à venir nous aider, les responsables nous ont abandonnés. Venez vite, il y a tellement de morts et de blessés.

Capture d'écran de la ville de Sarpol-Zahab après le séisme

DES BOUTEILLES D’EAU DATEES DE 2013

Voix masculine

"Je vous appelle de la ville de Sanandaj, jusqu'à présent le plus grand nombre de victimes vient des appartements construits par Maskan-Mehr (des pasdaran). C’était une politique du régime, ils ont construits ces bâtiments sans respecter aucune norme. Un des responsables a dit dans une interview : "Mais ça ne me regarde pas. Pourquoi les gens ont investi dans ces appartements ?" Ils s'en fichent des gens. L'organisation de la médecine légale a refusé de publier le nombre de morts, ça veut dire que le nombre de tués est bien plus élevé que ce qu'ils annoncent. Pour l'instant aucune aide du gouvernement n'est parvenue aux villages. A Ezgueleh qui est pratiquement rasé, ils n'ont rien reçu et ailleurs non plus.

Le Croissant Rouge à Kermanchah se vante d'avoir apporté de l'aide aux gens, mais la majorité des choses qu'ils ont envoyées aux sinistrés étaient périmées, comme ces bouteilles d'eau potable datées de 2013. A Sarpol-Zahab, les gens excédés se sont rassemblés devant le gouvernorat pour demander pourquoi le gouvernement n'envoie aucune aide, est-ce que Kermanchah ne fait pas partie de l’Iran ? Et le gouvernement, au lien d'envoyer de l'aide aux sinistrés, il a envoyé des forces de sécurité et des forces anti-émeutes. Alors ça veut dire qu'ils veulent faire taire les protestations et empêcher l'aide à la population. Les morts et les blessés ne cessent d'augmenter d'heure en heure. Les gens vivent dehors dans le froid. Vraiment la seule façon de pouvoir s'en sortir, d'être sauvés c'est de se débarrasser de ce régime fasciste des mollahs."

AUCUN BATIMENT CONSTRUIT AUX NORMES ANTISISMIQUES

Voix Masculine

"Les gens à Behbahan n'ont pas reçu d'aide. Ils sont dehors sans tente, sans lait pour bébé. Ma famille, la mienne, celle de mon frère et celle de ma sœur, on est en tout 20 personnes, dont 15 sont des enfants. Le pétrole se fait rare, l'essence aussi. Si on ne nous donne pas de tente, on va mourir de froid. On n'a rien à manger. Ils distribuent les tentes n'importe comment aux familles, je ne sais pas pourquoi on n'a rien eu. Les destructions sont très importantes. Mais où va notre argent ? Il va en Syrie, au Liban, au Yémen, en Irak ? Pourquoi il va dans les hôpitaux là-bas ? Pourquoi aucune construction dans le pays ne respecte les normes antisismiques. Hier soir le plus grand nombre de destruction et de morts venaient des secteurs des bâtiments de Maskan-Mehr qui avaient été construit à la va vite, avec des détournements de fonds, en réduisant la part de ciment et en ajoutant du sable, et en ne respectant aucune norme. Ce régime pense qu'à piller l'argent et le sang de notre peuple. C'est pour ça qu'il a déployé tout ce dispositif de sécurité pour contrôler la population. Mais ça suffit, ça suffit, il faut le renverser. Cette catastrophe doit marquer la fin de cette dictature.

Capture d'écran de la ville de Sanandaj après le séisme

RIEN A MANGER

Voix féminine

"Je suis reporteur de Sima-ye-Azadi de Masjed-Soleiman (dans le Khouzistan). Aucune aide du gouvernement n'est parvenue aux sinistrés et parfois elle arrive au compte-goutte. Beaucoup de gens sont sous les décombres. Les gens n'ont rien à manger, il n'y a pas de lait en poudre pour les enfants. J’appelle les gens à faire parvenir leur aide eux-mêmes, sans passer par les autorités qui sont des voleurs."

Capture d'écran de la ville de Masjed-Soleiman après le séisme