Iran Manif - Au 17 novembre, soit cinq jours après le séisme qui a ravagé l'ouest de l'Iran, l'immense majorité des sinistrés n'ont toujours pas vu la couleur des secours. Le régime des mollahs va jusqu'à discriminer les victimes sunnites en leur refusant l'aide qu’il accorde, au compte-gouttes, aux chiites, majoritaires. Alors que des villages entiers ont été rasés, les autorités annoncent un bilan douteux de 534 morts. 

Sur la chaine satellite de l’opposition Simay-e-Azadi, les témoignages venant d'Iran continuent à affluer : « la situation est si catastrophique que trois jours après le tremblement de terre, on dirait que ça vient juste d'arriver ce matin. Aucun secours n'a été envoyé. Là où ils disent dans les médias officiels que de l'aide a été envoyée, je peux vous jurer qu'à 90% ce sont des mensonges. Si vous voyez des gens sous des tentes, vous devez savoir que la télévision montre que 10% de victimes. Mais la situation qui règne ici est tout à fait différente. »

Clip à l'appui, un homme à Sari dans le nord de l'Iran montre les images de l'aide que la population a rassemblée et qu'elle ne veut pas faire parvenir par le biais des organes officiels pour la simple raison qu'ils la bloquent. On voit les gens empiler les sacs de riz (aliment de base en Iran), de la nourriture, des couvertures, des tentes. Un donateur bienveillant a loué un camion pour le transport. Une camionnette arrive avec une vingtaine de tentes. Partout les jeunes sont très actifs. L’un deux n’hésite pas à exprimer son exaspération de voir tout l’argent partir dans les pays occupés par les mollahs : « si ça c’était passé au Liban ou en Irak, le gouvernement enverrait tout ça là-bas. »

« Bonjour, dit un homme, je fais un reportage depuis Qasr-Chirine (au cœur du séisme). Toute l’aide envoyée par la population aux sinistrés est réquisitionnée par la milice et les pasdaran. Ils ont mis un mollah en tête du convoi pour faire croire aux gens que c’est l’aide de la milice et des pasdaran et des séminaires. Je demande aux gens de faire parvenir leurs aides par des gens de confiance ou de les apporter eux-mêmes. »

Un article du New York times indique que dans la ville sinistrée d’Islamabad, un hôpital de dizaines de millions de dollars construit en huit ans par le ministère du Logement et qui avait été inauguré par le ministre de la Santé, s’est écrasé en l’espace de 30 secondes comme une cannette de soda dans la main d’un enfant. Tandis que l’ancien hôpital construit il y a 40 ans est resté debout, juste à côté. 

Le New York times poursuit en précisant que plus de 40.000 logements ont été rendus inhabitables, pour la plupart construits récemment par l’Etat, y compris des écoles, es hôpitaux et même des casernes. Il ajoute que l’on ne sait toujours pas quel nombre exact de personnes ont été tuées dans ces constructions de l’Etat, mais que la corruption est telle dans les d’une grande fragilité. 

UN PILLAGE EN REGLE

Dans plusieurs témoignages depuis la zone sinistrée, les sinistrés soulignent que les forces de sécurité empêchent les camions de secours d’entrer à Sarpol-Zahab. Les pasdarans les arrêtent, les déchargent et s’accaparent le contenu. Dans les mosquées de Kermanchah et Sarpol-Zahab, les agents du régime ont volé 2000 tentes et couvertures. 

Or les agences de presse officielles ne cessent d’écrire que les sinistrés réclament des tentes et des couvertures et de quoi se chauffer dans le froid intense de ces régions montagneuses.

DES MILLIERS DE MORTS

Les autorités ont du mal à cacher le nombre exact de morts et l’absence d’aide. Cependant un député du régime Ahmad Safari a déclaré: "« C'est l’apocalypse. Plus de 1000 personnes sont mortes ... Je suis allé dans un village où ils ont affirmé avoir enterré 20 personnes le premier jour. Dans une seule ruelle de Sarepol-e-Zahab, 70 personnes ont été tuées et plus de 250 personnes sont mortes dans les bâtiments Mehr (appartements construits par le gouvernement). Après 72 heures, les gens ont faim. Il n'y a pas d'aide pour certains villages, le village de Gholmeh Zahab a une population de 80 ménages et ils n’ont encore rien reçu. Il en est de même pour le village de Beyamah Oliya. Peut-être que seulement 10% des villages ont reçu des tentes. Il y a des villages où 90% de ses habitants sont partis. La radio et la télévision nationales couvrent la situation comme si tout allait bien » (Agence de Presse ILNA).

Dans les réseaux sociaux les témoignages de sinistrés parlent de milliers de victimes. Dans un clip un homme à Kermanchah s’insurge : « Pourquoi alors qu’on a au moins 4000 morts, ils disent 400 morts ? Pour quelle raison ? On est en train de sortir des corps des décombres, le nombre est bien plus élevé que ça, pourquoi ils mentent ? »

Dans le seul village de Kouig, rapporte la presse officielle, 127 personnes ont été tuées et enterrées dans le cimetière. Un villageois déplore : « personne ne nous a aidés. C’est grâce à la pelle mécanique d’un habitant qu’on a pu creuser une fosse commune pour tous les enterrer. L’odeur des cadavres a envahi le village.»

Les médias officiels ont aussi annoncé le 17 novembre que quinze nouveaux corps avaient été découverts et que les chiens de sauvetage avaient trouvé six victimes. Or le numéro 2 des pasdaran avait annoncé le 16 novembre « qu’il n’y a plus de corps ou de blessés coincés sous les décombres ». 

Un chiffre de 9388 blessés a été annoncé. 100 d’entre eux sont totalement paralysés. 

On découvre encore dans les médias officiels que sur les 757 écoles et 2854 classes de la province de Kermanchah, 78 écoles et 415 classes ont été balayées par le séisme. Il s’agit de 11% des établissements scolaires. 

Malgré les prévisions de fortes pluies et de grand froid, les forces de sécurité ont averti que les véhicules privés qui apporteraient des secours seront arrêtés.