La Nouvelle République, 31 décembre - La rue iranienne vit depuis quelques jours ses plus importantes manifestations depuis plusieurs années. Samedi, c’était au tour du pouvoir de mobiliser : plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les principales villes du pays pour soutenir le régime des mollahs, après deux jours de protestations d’opposants manifestant contre le pouvoir et la vie chère.

En fin d’après-midi, la police a dispersé avec des gaz lacrymogènes des jeunes qui manifestaient contre le pouvoir à Téhéran malgré la mise en garde préalable du gouvernement contre les « rassemblements illégaux ».

Des dizaines d’arrestations depuis jeudi

Des vidéos diffusées sur la messagerie cryptée Telegram montraient des milliers de manifestants criant notamment « Mort au dictateur », présentant ces protestations comme ayant eu lieu notamment dans les villes de Khorramabad, Zanjan ou Ahvaz, dans l’ouest du pays. Ces images étaient cependant invérifiables dans l’immédiat et les médias locaux ont gardé le silence sur de nouveaux rassemblements samedi en province. Sur Twitter, le ministre des Télécommunications Mohammad-Javad Jahormi a accusé Telegram, très suivi en Iran, d’encourager le « soulèvement armé ».

Face aux maux économiques du pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles, des protestations sociales ont eu lieu jeudi et vendredi dans plusieurs villes de province dont celle de Machhad, la deuxième d’Iran. Le nombre des manifestants était limité à quelques centaines mais c’est la première fois qu’autant de villes sont touchées par un tel mouvement depuis 2009, lorsqu’un mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait été violemment réprimé.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis jeudi, mais la plupart ont été libérées, selon la télévision d’État. La police est intervenue dans certaines villes, notamment avec des canons à eau. Les arrestations ont été condamnées par les États-Unis, dont le président Donald Trump est hostile à Téhéran. « Le gouvernement iranien devrait respecter leurs droits, notamment leur droit de s’exprimer », a tweeté le président américain au sujet des protestataires.

 

IRAN 
Mai 2018

 18 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions