Tribune de Genève (Suisse) - Par Alain Jourdan - À peine les troubles ont-ils éclaté dans le pays que le régime iranien s’est mis à dénoncer une action de déstabilisation menée par les Moudjahidin du peuple d'Iran. Le président Rohani n’a pas prononcé leur nom mais il a demandé à la France de mettre un terme aux activités du «groupe terroriste» iranien qu’elle héberge sur son territoire.

Désormais regroupés au sein du Conseil national de la résistance iranienne (CRNI) dirigé par Maryam Radjavi, les Moudjahidin du peuple ont quitté l’Iran après le renversement du Chah en 1979. Ils ont longtemps pâti d’une mauvaise réputation qui leur a valu d’être effectivement classés parmi les mouvements terroristes par les États-Unis mais aussi par plusieurs pays européens. Mais c’est du passé.

Aujourd’hui, le CNRI est écouté et même soutenu par des leaders politiques qui n’hésitent plus à s’afficher aux côtés de Maryam Radjavi. Ce qui explique que le régime de Téhéran accuse ses «ennemis de l’étranger» d’être également derrière les troubles qui agitent le pays.

Mais les Moudjahidin sont-ils devenus puissants au point de pouvoir réellement constituer une menace? La plupart des experts tendent à minimiser leur poids en insistant sur le fait qu’ils représentent une opposition de l’extérieur qui n’a pas de réelle assise à l’intérieur du pays. «Si nous ne représentons rien, pourquoi le régime déploie-t-il autant d’énergie à nous combattre?» objecte Behzad Naziri, membre de la Commission des affaires étrangères du CNRI.

Le mouvement a rassemblé près de 100 000 personnes lors de son dernier rassemblement à Villepinte (Paris). Et il revendique un ancrage fort en Iran. «Il y a toutes les familles de nos martyrs. Cela constitue un réseau qui s’étend à toutes les villes», affirme Behzad Naziri.

Pour le représentant du CNRI, les événements qui surviennent étaient prévisibles. Le chômage et la hausse du coût de la vie auraient été les éléments déclencheurs. «On n’a pas voulu nous écouter lorsqu’il y a eu la signature de l’accord sur le nucléaire mais nous avions prévenu que l’Iran était un géant au pied d’argile. Cette fois, ce n’est pas le clan réformateur qui s’oppose au clan conservateur. Ce sont les gens qui ne veulent plus de ce régime du tout», explique-t-il.

 

IRAN 
Juillet 2018

 32 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions