Home Infos L’UE intensifie les sanctions contre l’Iran, mais allège également certaines restrictions

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 Par David Crawford et Fidler Stephen

Wall Street Journal 27 juillet -  Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi de nouvelles sanctions rigoureuses visant le programme soupçonné d'armes nucléaires de l'Iran, mais ont en même temps de façon inattendue levé des restrictions limitant l'approvisionnement d'une centrale nucléaire que des ingénieurs russes construisent dans le pays. Les nouvelles sanctions européennes visent le commerce de l'Iran, les services financiers, les secteurs de l'énergie et des transports, selon une étude du document ayant reçu l’aval des ministres. 

Entre autres choses, elles étendent les interdictions de voyage et le gel des avoirs, suspendent les financements à moyen et long terme du commerce, interdisent la fourniture de services d'assurance, mettent fin aux vols uniquement cargo, et interdisent la fourniture d'équipements et de technologie pour l’industrie pétrolière et gazière.

Bien que les mesures visent directement les programmes de missiles de l'Iran et les aspects de son programme nucléaire, elles contiennent aussi une contradiction apparente : la levée explicite d’une interdiction faite en 2007 touchant les livraisons à un réacteur d’eau légère de la ville iranienne côtière de Bouchehr.

L'exemption de Bouchehr fait suite à de fortes pressions exercées par Moscou, qui avait insisté pour que les sanctions de l'UE ne portent pas atteinte à la livraison du matériel pour le projet lucratif de réacteur. La Russie affirme qu'elle achèvera la construction de l'usine de milliards de dollars le mois prochain.

Les autorités européennes familières des discussions sur les sanctions contre l'Iran ont affirmé que la disposition visant à légaliser les envois à la centrale de Bouchehr était nécessaire pour assurer la coopération russe avec les efforts internationaux visant à accroître la pression sur l'Iran sur son programme nucléaire, dont Téhéran affirme qu’il est pacifique.

L’accord russe était nécessaire pour garantir une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies le mois dernier qui a durci les sanctions internationales contre l'Iran.

William Hague, le chef de la diplomatie britannique, a déclaré que les sanctions de l'UE, qui vont au-delà de celles convenues à l'ONU - ont envoyé un message clair à Téhéran comme quoi plus il refusera de dire la vérité sur ses ambitions nucléaires « plus grandes seront la pression et isolement de l'Iran ».

Dans une déclaration commune, la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le Secrétaire au Trésor Timothy Geithner se sont félicités des mesures de l'UE, et des sanctions mises en œuvre par le Canada. Ils ont dit que les États-Unis restaient attachés à une solution diplomatique avec Téhéran.

Cependant, Shahin Gobadi du Conseil national de la Résistance iranienne, un groupe d'exilés, a dit que la concession de Bouchehr « est exactement le type de faille dont nous nous plaignions. Elle donne trop de liberté dans les ports et dans les douanes de décider seuls à des gens » de ce qui est légal ou pas. Elle permet également à des matériaux sensibles d'être détournés d'un projet à l'autre, a-t-il dit.

La Russie a commencé à construire la centrale de Bouchehr avant la mise en place des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Iran à la fin 2006. Une série de résolutions du Conseil de sécurité imposant des sanctions à l'Iran excluent spécifiquement les réacteurs à eau légère. Un responsable européen a déclaré lundi que la décision alignait la position de l'UE avec celle de l'ONU, mais a noté que l'exonération ne s'appliquait qu'aux « réacteurs d’eau légère commencé avant décembre 2006 », en d'autres termes, uniquement à Bouchehr.

En novembre 2009 et janvier 2010, les inspecteurs des douanes allemandes ont saisi des marchandises russes à destination de l'Iran, citant des violations des lois allemandes et de l’UE qui interdit les transferts de technologie nucléaire vers l'Iran via l'UE. Les diplomates russes se sont plaints de l'enquête allemande dans des pourparlers avec ses cinq partenaires, selon trois diplomates familiers de la discussion.

« Les inquiétudes de la Russie ont été entendues », a déclaré un diplomate.

La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont fait pression pour la concession à la Russie, ont indiqué des diplomates. En septembre, les trois pays de l'UE ont l’intention de renouveler leurs discussions avec la Russie, la Chine et les Etats-Unis sur la façon de pousser l'Iran à des négociations sérieuses en vue de résoudre des questions sur son programme nucléaire.

Si les pourparlers avec l'Iran restent dans l'impasse, les discussions sur une nouvelle série de sanctions du Conseil de sécurité pourraient commencer d'ici la fin de l'année, selon des diplomates.

Pour M. Gobadi, les nouvelles sanctions de l'UE sont utiles mais pas suffisantes pour freiner le programme nucléaire iranien. Téhéran « travaille 24 h sur 24 sur les moyens d'échapper aux sanctions », a-t-il dit.

Un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a refusé de commenter la décision de l'UE. Mais il a noté que Moscou s'est efforcé depuis la dernière résolution de sanctions de l'ONU de s'assurer que les restrictions internationales n'aient pas d'incidence sur les accords de la Russie avec l'Iran, notamment le réacteur de Bouchehr.

Malgré ces efforts, le durcissement rhétorique du Kremlin sur les ambitions nucléaires de l'Iran semble avoir aliéné le gouvernement de Téhéran, avec le président Mahmoud Ahmadinejad dénonçant son homologue russe au cours du week-end comme le « porte-parole » des ennemis de l'Iran.

 

 
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