Share this post

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

RFI, 24 juin - Une figure de l’individu appelé en Iran « l’enfant de la rue et du travail » est devenue, dans ce pays, le concentré des crises et des problèmes tels que prostitution, bidonvilisation, addiction et violence... Elle révèle aussi une société laissée à l’abandon demandant, au-delà de ses malheurs, son droit à la reconnaissance et à l’existence.

 

Une membre du conseil municipal de Téhéran a déclaré récemment que ceux que l’on appelle en Iran les « enfants de la rue et du travail », « sont en fait réduits à l’esclavage et utilisés par les réseaux criminels dans les trafics de tout genre et en particulier le trafic de drogues. Ce qui les expose, dit Fatemeh Daneshvar, au risque permanent de la peine de mort » dans un pays qui enregistre proportionnellement le plus grand nombre d’exécutés et d’exécutions d’enfants mineurs dans le monde. « L’esclavage, le travail forcé, l’exploitation sexuelle et le trafic des stupéfiants font partie du quotidien de ces enfants », d’après Bashir Ehsani, membre de l’Association de défense des enfants de la rue et du travail.

Une militante associative en Iran, Sharmine Meimandinejad, estime qu' « il y a au moins dans ce pays plus de deux millions d’enfants abandonnés dits " enfants de la rue et du travail " ». Leur nombre considérable, dit-elle, « est en étroite relation avec une bidonvilisation inédite du pays et la privation de 95% des travailleurs du contrat et de la protection de la loi du travail. »

Un autre défenseur des enfants de la rue, Majid Abhari, souligne que « 65% des crimes de la capitale iranienne sont commis dans les bidonvilles dont sont issus la quasi-totalité des enfants abandonnés ». La population des bidonvilles iraniens est estimée désormais par les autorités elles-mêmes entre 11 et 15 millions de personnes. Pour Alireza Mahjoub, membre de la Commission sociale de l’Assemblée islamique, « le nombre de cette population s’est multiplié par dix-sept depuis l’avènement de la République islamique en Iran. » Cette population est formée essentiellement par les anciens habitants de 33 000 villages du pays (c’est-à-dire à peu près 12 millions personnes) qui, en raison de la famine, ont quitté leurs foyers et villages pour se concentrer autour des villes à la recherche du travail devenu aussi rare que l’eau dans un pays exsangue à cause des années consécutives de sécheresse et de sanctions économiques internationales.

Lire l'article en entier