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Arte, 13 avril - 19h - Que s'est-il passé dans le camp d'Achraf dans le nord de Bagdad vendredi dernier ? L'armée irakienne s'est-elle livrée à un massacre contre les réfugiés des Moudjahidines du peuple ? 34 morts, 300 blessés, c'est le bilan avancé aujourd'hui par plusieurs anciens hauts responsables américains et européens rassemblés à Paris. Ils dénoncent une opération menée par le nouveau gouvernement irakien de Nouri Al-Maliki qui cherche à se débarrasser de ces réfugiés iraniens opposés au régime des mollahs et devenus gênants.

Reportage de David Bornstein

Afchine Alavi : c'est une fille qui était âgée de 20 ans. Elle s'appelait Faezeh Rajabi.

Corps meurtri, portraits de disparus, le 8 avril, l'armée irakienne à pénétrer dans le camp de réfugiés iraniens d'Achraf à 80 km de Bagdad.

Afchine Alavi : Ces forces ont attaqué avec des armes, avec les fusils-mitrailleurs, avec des blindés et avec des grenades. Ils ont fait un massacre. 34 personnes ont été tuées et 300 personnes blessées.

Depuis 25 ans, plus de 3000 personnes vivent dans ce camp, essentiellement des Moudjahidines du peuple, l'une des forces de l'opposition iranienne. D'après eux, le régime de Téhéran serait le vrai commanditaire de la tuerie, l'Irak donnant la troupe pour satisfaire son allié. Cet après-midi, à Paris, les soutiens se sont mobilisés en urgence.

Louis Freeh, ancien directeur du FBI : C'est une très grave violation de la Convention de Genève, des droits de l'homme. Et en tant qu'Américain, je suis embarrassé parce que c'est un abandon des promesses de nos gouvernements de protéger ces réfugiés. Je suis très, très préoccupé parce que cette agression pourrait se poursuivre. Nous avons des déclarations des gouvernements iraniens et irakiens qui demandent que ces réfugiés soient enlevés du camp et éliminés.

Les Moudjahidines du peuple, anciens révolutionnaires opposés au chah, puis protégés par Saddam Hussein, sont aujourd'hui encore inscrits sur la liste des groupes terroristes aux États-Unis. C'est peut-être une raison de l'absence de l'armée américaine censée protéger le camp d'Achraf.

Günter Verheugen, ancien commissaire allemand européen : l'histoire de ce camp remonte à plusieurs dizaines d'années et quel que soit ce qui s'est passé il y a 30 ans, cela n'autorise pas le gouvernement irakien aujourd'hui à menacer, attaquer et tuer ces gens. En tant qu'Européen, nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Nous devons intervenir.

Plus de cinq jours après l'assaut, des centaines de blessés manquent de soins ou agonisent. A Achraf l'armée irakienne bloque tout passage vers le camp. Il y a urgence humanitaire.