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Par Kate Allen

La réponse de l’Irak au massacre présumé d’exilés iraniens au camp d'Achraf donne un aperçu de l’évolution des droits de l’homme dans le pays

guardian.co.uk, 14 avril - C’est une histoire peu connue hors des milieux spécialisés, mais le sort étrange d’un groupe d’exilés iraniens en Irak devient une jauge importante de la volonté irakienne d’adhérer aux normes internationales des droits de l’homme.

Depuis le milieu des années 1980, l’Irak accueille un contingent d’Iraniens opposés au gouvernement iranien. C'est l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), aussi connue sous divers autres noms, notamment les Moujahidin-e Khalq.

Ayant mené une lutte armée contre les autorités iraniennes dès les années 1970 et à l'époque du chah, ils se sont vus offrir un abri par le gouvernement irakien de Saddam Hussein en 1986 et ils y sont restés jusqu'à ce jour.

Depuis que Saddam a été renversé en 2003, leur séjour en Irak a été une affaire de tension. Les forces américaines d’invasion ont tout d’abord bombardé leurs bases, les considérant comme une menace militaire. Après l’invasion, ils ont été désarmés, se sont vus accordés le statut de « personnes protégées » en vertu des Conventions de Genève et ont bénéficié de la protection des forces américaines au camp d'Achraf, une vaste implantation informelle dans la province de Diyala, à 40 miles (65 kilomètres) au nord-est de Bagdad qui abrite actuellement environ 3 400 personnes.

A partir de la mi-2009, la responsabilité des résidents a été transférée aux autorités irakiennes. Depuis, leur avenir est devenu de plus en plus incertain. Cette semaine, le gouvernement irakien a déclaré que l’OMPI devait quitter le pays d'ici la fin de l’année. L’ultimatum officiel comprend la déclaration selon laquelle ils seraient expulsés « par tous les moyens ».

Étant donné les récents évènements, c’est une déclaration effrayante. Vendredi dernier les soldats irakiens sont entrés dans le camp dans des véhicules de transport de troupes blindés et auraient ouvert le feu sur les résidents qui ont tenté de s’opposer à l’incursion. Des clips vidéo téléchargés par l’OMPI sur YouTube semblent montrer des soldats irakiens tirant sans distinction sur la foule et utilisant des véhicules pour tenter de renverser des personnes. Il est impossible de vérifier le chiffre, mais l’OMPI affirme que 34 résidents du camp d'Achraf ont été tués et 300 blessés.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des attaques meurtrières de ce genre. En juillet 2009, les forces de sécurité irakiennes étaient entrées de force dans le camp et auraient utilisés des matraques, des gaz lacrymogènes et un canon à eau contre les résidents non armés. Alors que les affrontements s’intensifiaient, les forces irakiennes avaient ouvert le feu, tuant au moins neuf personnes et en blessant environ 400. De plus, 36 résidents avaient été arrêtés, détenus pendant plus de deux mois (au mépris des décisions de justice ordonnant leur libération) et auraient été torturés avant d’être libérés sans inculpation.

Les résidents du camp d'Achraf ont toutes les raisons de se sentir vivre en état de siège. Une présence militaire constante a rendu difficile aux habitants l’accès aux soins médicaux à l’intérieur et à l’extérieur du camp. Une commission de sécurité irakienne contrôle les fournitures médicales qui entrent de même que les personnes qui peuvent sortir du camp pour des soins spécialisés. Des informations inquiétantes vendredi faisaient état de personnes blessés qui ne pouvaient pas être soignées à cause de l'insuffisance de médicaments ou d’équipements.

Pendant ce temps, les autorités irakiennes font à peine semblant de s’intéresser à leur obligation d’enquêter convenablement sur ces évènements profondément troublants. Le gouvernement de Nouri al-Maliki a déclaré qu’il enquêterait sur les violences de la semaine passée mais il avait également déclaré cela en 2009. La même chose que beaucoup d’autres « enquêtes » dans le pays, dont on a plus rien entendu à ce sujet.

Et l’Irak ne fait pas non plus l’objet de beaucoup de pressions internationales quant au camp d'Achraf. Le ministre britannique des Affaires étrangères Alistair Burt a déclaré qu’il était « troublé » par la perte de vies humaines et a soutenu une mission de surveillance des Nations Unies au camp, mais dans l’ensemble il n’y a eu que peu de réactions. Une lettre dans le Guardian a déploré la « chape de silence » qui l’entoure.

Couvert par la Libye, la Syrie et la Côte d’Ivoire, la violence au camp d'Achraf risque d’être totalement ignorée. Amnesty demande une enquête indépendante sur le bain de sang de vendredi de même que des garanties que personne à Achraf ne sera forcé de quitter l'Irak si sa vie est mise en danger.

Le camp d'Achraf n'est pas près de s'insérer dans le récit du « printemps arabe » (bien qu'entre temps les propres manifestations irakiennes aient en réalité attiré beaucoup de monde, aient été impitoyablement réprimées et presque totalement rapportées [par les médias]). Mais le monde devrait prêter attention à cette histoire oubliée. La façon dont l’Irak traite les résidents du camp d'Achraf donnera un aperçu important du degré de respect que l’Irak accorde aux droits de l’homme.

 

IRAN 
NOVEMBRE 2019

 10 exécutions

Soulèvement national

251 manifestants tués

3700 blessés

7000 arrestations

dans 165 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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