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Par David Jolly

New York Times, 13 avril (Paris) – Des membres d'un groupe d’opposants iraniens placé sur la liste noire ont été rejoints par d'anciens responsables américains mercredi pour appeler les États-Unis à les protéger après un raid sur leur camp par les forces gouvernementales la semaine passée, qui a fait selon les dissidents, 34 morts et 318 blessés.

« Le massacre à Achraf met manifestement en perspective la conclusion que la solution prudente et, en réalité, l'unique solution c'est que les États-Unis reprennent en charge la protection du camp », a déclaré Maryam Radjavi, une dirigeante des opposants, lors d'une conférence de presse.

Les détails de cet incident au camp d'Achraf, où résident des membres de l'organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran, demeurent assez vagues. L’on sait déjà que des responsables des États-Unis et de l'Union Européenne, de même que des groupes des droits de l'homme, ont exhorté le gouvernement du Premier ministre Nouri Kamal al-Maliki à faire preuve de retenue.

Sean McCormack, un porte-parole du Département d'État américain, a déclaré mercredi que Washington avait appelé le gouvernement irakien à conduire une enquête et à garantir de traiter humainement les résidents du camp.

Les membres du groupe déclarent avoir averti les autorités américaines et des Nations Unies qu'une attaque était imminente, mais les soldats de l'armée irakienne équipés de véhicules blindés et de Humvees ont lancé l'assaut sur les 3 400 personnes vivant au camp, au nord de Bagdad à 4h45 vendredi.

Le ministre irakien de la Défense a déclaré mardi qu'il enquêterait sur l'affirmation selon laquelle 34 personnes sont mortes dans le raid, a signalé Reuters. Les autorités ont déclaré que trois personnes ont été tuées en s'opposant à une opération visant à rendre les terres du camp aux agriculteurs.

Lundi, un porte-parole du gouvernement irakien a déclaré que les Iraniens devaient quitter l'Irak d'ici la fin de l'année.

Une vidéo diffusée à la conférence de presse, filmée et montée par des membres du groupe, montre des soldats dans des tenues de camouflage du désert tirant sur des civils non-armés ainsi que des véhicules et camions blindés étant utilisés pour regrouper les foules, renversant des personnes. L'authenticité de la vidéo n'a pas pu être immédiatement vérifiée.

Mme Radjavi, une exilée iranienne qui se présente comme la présidente-élue de la Résistance du pays, a cité l'exemple d'un massacre notoire de la guerre yougoslave, en juillet 1995, déclarant : « Avec la menace d'un autre Srebrenica pesant sur Achraf, une intervention est absolument nécessaire ».

Les personnes du camp d'Achraf ont été désarmées par les forces américaines en 2009, acceptant de déposer leurs armes et de renoncer à la violence en échange de la protection des États-Unis.

Le groupe iranien a été désigné comme un groupe terroriste par les États-Unis, l'Irak et l'Iran, mais non par l'Union Européenne ou les Nations Unies. Les dissidents affirment que le gouvernement de M. Maliki se sert de la désignation de terroriste pour justifier les attaques, tout en exécutant les ordres du gouvernement iranien, qui les considère comme une menace pour sa mainmise sur le pouvoir. Tous les intervenants à la conférence de presse ont appelé Washington à supprimer l'étiquette de terroriste.

Deux d'entre eux, Hugh Shelton, l'ancien chef d’état-major des armées américaines, et John R. Bolton, ambassadeur américain aux Nations-Unies sous la présidence de George W. Bush, ont fait l'éloge du groupe pour avoir fourni aux États-Unis de précieux renseignements sur l'Iran.