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Par Rania Abouzeid

Time, 15 avril (extraits) – Pendant des années, le gouvernement pro-iranien d’Irak a menacé d'expulser les 3400 membres iraniens de l’Organisation des Moudjahiddine du peuple d’Iran (OMPI) ou Moudjahidine-e Khalq, un groupe farouchement opposé à Téhéran, de son ancienne vaste base militaire au camp d'Achraf, situé à quelque 65 km de Bagdad, la capitale irakienne, et 80 km de la frontière iranienne. Cependant, en dépit de sa rhétorique enflammée, Bagdad n'a jamais réellement expliqué comment il compte déraciner les exilés - qui refusent de quitter leur enclave vieille de plusieurs décennies – sauf en disant que ça ne se fera pas par la force. Or, cette affirmation vient d’être démentie par le raid militaire irakien de la semaine dernière sur le camp d’Achraf faisant selon l’ONU 34 morts et des dizaines de blessés.

Au moins sept femmes comptent parmi les morts, selon Rupert Colville, le porte-parole du Bureau du Haut commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies. « La plupart des personnes tuées semblent avoir été abattues. Cependant, plusieurs d’entre elles ont subi d'autres types de blessure suggérant qu'elles ont été renversées par des véhicules », a-t-il dit au TIME à Genève. « Il a été extrêmement difficile d'accéder au camp, et de nombreux détails sur les circonstances exactes de cette tragédie demeurent inconnues à ce stade. Les autorités irakiennes et l’OMPI donnent des versions très différentes des faits. »

L'armée irakienne, qui encercle le camp d’une superficie de 49 km², dément avoir eu recours aux armes à feu et dit que trois résidents ont été tués en se jetant devant des véhicules militaires. Le général Ali Ghaidan, commandant des forces terrestres irakiennes, a déclaré à un groupe de journalistes subitement transportés par un autobus à proximité de (mais pas dans) la Cité d'Achraf, que la violence a éclaté lorsque les forces de sécurité ont tenté de rendre une partie du camp à des agriculteurs qui auraient été propriétaires de ces terrains avant leur transfert à l’OMPI par le dictateur Saddam Hussein dans les années 1980. Il a insisté sur le fait que seulement des matraques et des canons à eau avaient été utilisés. Le porte-parole du gouvernement Ali Dabbagh a justifié les décès par balles à l'Agence France Presse en disant que «les morts ont été tués par leurs propres gardes parce qu'ils essayaient de s'échapper ».

Dans un communiqué, Navi Pillay, le Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme, a déclaré : « Les militaires irakiens étaient bien conscients des risques liés au lancement d'une telle opération sur Achraf. Il n'y a aucune excuse pour ce nombre de victimes. Il faut une enquête complète, indépendante et transparente, et les responsables de l’utilisation excessive de la force doivent être poursuivis. »

Shahriar Kia, un représentant de l’OMPI dans le camp d'Achraf, a dit que l'attaque a commencé avant l'aube avec l’intervention des « véhicules blindés, les forces de commando, les forces motorisées de génie et anti-émeutes et avec l'aide de la police et des forces de déploiement rapide ». « L'attaque a duré plus de sept heures » a-t-il dit à TIME en Irak le vendredi 15 avril. Les forces irakiennes continuent à occuper la partie nord du camp, a-t-il dit, en ajoutant qu'il craignait la préparation d’une autre attaque.

Le camp constitue un obstacle majeur aux relations de Bagdad avec Téhéran et il est peut-être l’un des éléments les plus étranges du changement radical dans les relations entre l'Irak et l’Iran, son ennemi d’autrefois, et avec les Etats-Unis, leur ancien ennemi commun (...).

Bien que le camp ait été désarmé en 2003 par l'armée américaine, Bagdad et Washington considèrent l'OMPI comme une organisation terroriste. Washington l’a placé sur sa liste noire pour les attaques qu’elle a commises contre les intérêts américains dans les années 1970-80. Des responsables irakiens ont souvent dit que ces exilés iraniens sont des « étrangers illégaux » qui n’ont pas le droit de rester dans le pays et qu'ils doivent partir en Iran ou dans un autre pays. Ils ont averti à plusieurs reprises qu'ils allaient fermer le camp, qui était sous la protection militaire des États-Unis jusqu'en 2009 où la responsabilité a été transférée à l'Irak en vertu d'un accord bilatéral global. Plusieurs échéances ont déjà été fixées et puis dépassée pour la clôture de la cité d'Achraf. Cette semaine, l'Irak a déclaré que le groupe devait quitter le pays d'ici la fin de l'année (...)

Il est peu probable que le bras de fer se termine bien ou vite étant donné que l'OMPI n’envisage même pas le transfert à l’intérieur de l’Irak (le gouvernement veut déplacer le groupe loin de la frontière iranienne), et encore moins à l'étranger, à moins que des conditions strictes (et certains disent irréalistes) soient remplies. Kia, le représentant d’OMPI, dit que le groupe envisage de rentrer en Iran si la « liberté de parole et d’activités politiques sont assurées », une impossibilité pour un groupe déterminé à renverser les dirigeants religieux de Téhéran. « La deuxième option est de transférer l'ensemble des résidents aux États-Unis ou dans l'un des Etats membres de l'UE, » dit-il.

Dans sa déclaration, Mme Pillay, la Haut commissaire de l'ONU, a déclaré : « Je suis bien consciente qu'il s'agit d'un groupe controversé avec une histoire compliquée, mais les laisser croupir dans la Cité d'Achraf n’a jamais été une solution. De toute évidence, comme ils ne peuvent pas retourner en Iran et qu’ils sont en danger en Irak, la solution la plus vraisemblable consiste à les transférer vers des pays tiers. J'exhorte les gouvernements à prendre des mesures nécessaires pragmatiques et généreuses pour résoudre cette situation intenable. »

Le raid récent n'est pas la première occasion d’effusion de sang entre l'armée irakienne et les résidents du camp depuis que les États-Unis ont remis la responsabilité aux irakiens, mais il est le plus grave. A la mi-2009, les forces de sécurité irakiennes ont essayé d’enlever le contrôle du camp de l’OMPI à ses dirigeants lorsque les Irakiens se sont vus refuser une demande d'établir un poste de police à l'intérieur du camp. Dans ces affrontements, au moins six résidents ont été tués et des dizaines ont été blessés. Les choses peuvent encore rapidement dégénérer étant donnée la frustration croissante de l’Irak vis-à-vis de l'organisation, dont les membres montrent une obéissance et une volonté sans faille de se sacrifier pour leur cause.

La machine puissante et efficace de relations publiques de l’OMPI est bien prête pour exploiter la situation. Il a une liste établie des personnalités politiques européennes et américaines qui sont ravies de la défendre (et qui cherchent des raisons de s'opposer à son inscription sur la liste des terroristes aux États-Unis). Il s'agit notamment de Tom Ridge, l'ancien secrétaire à la Sécurité intérieure, le général James Jones, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, et Howard Dean, l’ancien candidat démocrate à la présidentielle. Après une bataille juridique, l’UE a retiré l'organisation de sa liste des organisations terroristes en 2009, le Royaume-Uni l'a fait en 2008.

Alors que l'ONU continue d’essayer de déterminer les détails du dernier raid, la rhétorique des deux parties continue. « Les crimes commis par [le premier ministre irakien Nouri al-] Maliki et le régime iranien indiquent clairement l’intention funeste de Maliki de satisfaire les mollahs de Téhéran, à qui il doit le renouvellement de son poste de premier ministre», a dit Kia. Les choses ne semblent pas vouloir se calmer si facilement.

IRAN 
DECEMBRE 2019

 20 exécutions

Soulèvement national

1500 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 191 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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