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Il est temps d’arrêter de mettre l’opposition à l’index

Par Antonio Stango

The Washington Times, 11 avril 2011 – Alors que les manifestations au Grand Moyen Orient fissurent les remparts de la répression vieux de plusieurs décennies, la perspective de changement dans la région ne semble plus être un rêve lointain, mais une éventualité incontournable. Personne ne le sait mieux que les dictateurs d’Iran, qui essayent frénétiquement d’empêcher les flammes de l’incendie de consumer leur propre théocratie fragile.

Téhéran n’a pas réussi à contenir les manifestations populaires qui se poursuivent, et des divisions insolubles au sommet du pouvoir l’affaiblissent. Or, après les expériences de l’Egypte, de la Tunisie et de la Lybie, les dirigeants religieux iraniens ne négligent pas le fait qu’avec les bonnes circonstances et l’impulsion, le changement n’est qu’une question de temps.

L’impulsion et les bonnes circonstances dépendent essentiellement des capacités sans limites de la véritable opposition démocratique iranienne confrontée à « la répression féroce » du régime, comme y a fait allusion le Président Obama dans un discours jeudi.

Cependant, au cours des 14 dernières années, les Etats-Unis et le régime se sont serrés les coudes en limitant et classifiant la principale organisation de l’opposition, les Moudjahidine du peuple (OMPI) comme une organisation terroriste, privant ainsi l’opposition de son véritable potentiel.

L’OMPI a été inscrite sur la liste en 1997 comme « un geste de bonne volonté » pour ouvrir le dialogue avec les mollahs. Le manque de preuves factuelles pour l’inscription est devenu plus évident à travers les années, particulièrement après une décision de la Cour d’appel du district de Columbia en juillet dernier, qui a vivement insisté sur sa révocation.

Le fait que l’OMPI soit étiquetée comme terroriste constitue la plus grande entrave au changement parce qu’il enchaîne injustement le principal élément de l’opposition contre les dirigeants religieux. Le régime sait que supprimer cette étiquette encouragera encore plus le peuple iranien à un point crucial. Ainsi, naturellement, la perspective d’un ennemi juré libre de toute entrave dans le paysage régional d’aujourd’hui terrifie Téhéran.

Le régime a lancé une campagne désespérée pour empêcher la radiation. Mais parce qu’il sait que son rôle direct dans cette affaire pourrait être découvert, que cela pourrait se retourner contre lui, le régime utilise des organisations écrans et ses lobbyistes. Le plus important d’entre eux est un groupe de pression pro-Téhéran à Washington appelé le Conseil national irano-américain (CNIA). Mais cette campagne a également progressé grâce à des personnalités qui travaillaient, jusqu’à présent, dans le régime ainsi que des « universitaires » louant l’alliance cachée de la démocratie avec la théocratie iranienne.
Ces apologistes se sont rués vers la blogosphère pour « conseiller » Washington contre la radiation de l’OMPI. Leur stratégie consiste à diaboliser le groupe en utilisant de vielles allégations avec pour base essentielle de soutenir qu’il vaut mieux traiter avec le mauvais que l’on connaît plutôt qu’avec celui que l’on ne connaît pas. Leur motivation est de préserver le statu quo en marginalisant les forces qui pourraient les contrarier.

Cet étrange groupe de lobbyistes a une logique encore plus curieuse. En radiant l’OMPI, soutiennent-ils, Téhéran trouverait une excuse pour réprimer l’opposition (comme si Téhéran avait jusqu’à présent vraiment toléré l’opposition). Un fait intéressant, en réalité, les mollahs utilisent l’étiquette de terroriste comme une excuse pour intensifier leur répression en qualifiant les dissidents de «terroristes » et en les pendant ensuite pour effrayer les autres.

La vérité, c’est qu’au cours des 14 dernières années, les mollahs ont refusé de rendre à l’Amérique son généreux « geste de bonne volonté », ils ont poursuivi leur politique nucléaire et d’autres politiques agressives, tout en profitant des avantages d’une opposition paralysée. En d’autres termes, ils ont eux aussi mangé leur part du gâteau.

Beaucoup d’anciens responsables américains de haut-rang ayant servi ces trois dernières administrations ont vivement critiqué la classification de l’OMPI. Parmi eux figurent des chefs militaires distingués dont trois chefs d’état-major interarmes, l’ancien conseiller de la Sécurité nationale d’Obama, le général James L. Jones, l’ancien ministre de la Justice Michael Mukasey et d’autres hauts responsables, diplomates, de la sécurité et des renseignements.

Ils ont tous demandé à la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton de ne radier l’OMPI ni demain ni le mois prochain, mais aujourd’hui. Certains ont même fait remarquer qu’ils avaient été informés des documents secrets contre l’OMPI mais n’avaient pas trouvé la moindre preuve justifiant la classification du groupe.

Mis à part l’aspect juridique,  c’est un fait indéniable qu’en inscrivant l’OMPI sur la liste noire, Washington a fait pencher la balance du pouvoir en faveur du régime. Est-ce la bonne politique à adopter au moment où Téhéran cherche à profiter des changements historiques de part et d’autre de la région pour ses propres fins funestes ?

Les Irano-américains, à qui se sont joints des dizaines de membre du Congrès des deux bords, ont simplement dit au Département d’Etat : trop c’est trop, radiez l’OMPI !
L’OMPI ne réclame ni armes, ni argent et s’oppose fermement à une confrontation militaire. Elle demande simplement l’application de la loi américaine et l’arrêt d’une grave injustice.

Washington doit permettre à la politique iranienne de suivre son cours au lieu d’interférer en faveur des mollahs. Le temps est compté et une fenêtre critique d’opportunité au Moyen Orient est en train de se fermer rapidement.

Antonio Stango est président du comité italien Helsinki pour les droits humains.

 

IRAN 
DECEMBRE 2019

 12 exécutions

Soulèvement national

1000 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 190 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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