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« Je vais vous dire ce que j'ai appris en tant que soldat. Ces armes de guerre, elles sont terribles, elles tuent, elles mutilent, elles sont affreuses. Mais il n'y a rien de plus puissant qu'un idéal porté avec conviction dans le cœur d'hommes et de femmes. Je crois que vous portez, dans ce mouvement, cet idéal, et que rien ne peut vous battre si vous vous y accrochez », a déclaré Wesley Clark, ancien commandant suprême de l’OTAN à Marly Le Roy le 27 avril.

Il s’exprimait dans une conférence sur le massacre commis à Achraf  le  8 avril par les forces irakiennes aux ordres de Nouri Maliki. Une vidéo bouleversante a été diffusée sur cette tuerie. Les nombreux orateurs se sont penchés sur cette crise, la responsabilité de la communauté internationale et le rôle de la Résistance iranienne dans l’édification de l’Iran de demain. Aux côté de la Présidente élue du CNRI Maryam Radjavi, , il y a avait, outre le général Clark, Elie Wiesel prix Nobel de la Paix, le général James Jones, ancien conseiller à la Sécurité nationale du président Obama, Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, William Bourdon, avocat des droits de l’homme, Jean-Pierre Spitzer, expert en droit européen et modérateur de la conférence, ainsi que le député suédois Kent Olson.

Voici les moments forts de l’intervention du général Wesley Clark :

Madame Radjavi, je tiens à vous dire que c'est un privilège et un plaisir d'être ici avec vous, parmi ce panel distingué et avec ces merveilleuses personnes tellement engagées pour la libération, la justice, la liberté et la dignité humaine.

Je tiens à dire que cette vidéo est terrible, choquante et émouvante pour le soldat que je suis. Ce sont des crimes de guerre, des crimes de guerre, et il faut les dénoncer. La Cour pénal internationale doit agir et demander des comptes en vertu de la loi à ceux qui ont ordonné et commis cela.

Je pense que les Nations Unies devraient interférer, en vertu de leur responsabilité, pour protéger et jouer un rôle décisif dans la résolution de cette question de protection des résidents d'Achraf.

Je parle uniquement à titre personnel. Je ne suis plus le commandant suprême des forces alliées en Europe. Je ne suis plus candidat à la présidence. J'admire ce que Patrick Kennedy a dit en tant que leader politique passé et futur aux États-Unis à ce propos. Et j'admire énormément les propos d'Elie Wiesel.

Vous le savez, je me suis trouvé face à cette situation en 1994. J'étais dans l'état-major interarmées et je voyais ce qui se passait au Rwanda. J'ai reçu des rapports et j'ai préparé un plan d'action pour y stopper le génocide. Et ce plan, il a disparu quelque part dans les méandres de l'état-major au-dessus de moi, entre le Pentagone et la Maison Blanche. Il n'est jamais arrivé jusqu'au Président des États-Unis. Je le sais parce que j'en ai discuté avec lui. Si le plan avait atterri à la Maison Blanche, le Président aurait probablement agi à ce sujet. Dans les mois qui ont suivi, à mesure que la lumière se faisait sur l’ampleur de cette tragédie, j’ai décidé en mon âme et conscience que plus jamais je ne ferai partie de quelque chose de ce genre, qu'importe ce que cela coûtait à mon devoir officiel, ou aux opportunités non-officielles ou encore aux responsabilités non-officielles. Ma responsabilité en tant qu'être humain c’était plus de génocide, plus de crimes contre l'humanité, plus de crimes de guerre.

Négocier avec les criminels de guerre était devenu une de mes spécialités à l'état-major interarmées, et avec Richard Holbrook,  nous sommes allés en Bosnie pour tenter de résoudre les problèmes. Et plus tard, j'ai mené la campagne de bombardement qui a mis fin au nettoyage serbe en Europe, et par la suite, Milosevic a été renversé. Et cela aurait dû envoyer un message à ceux qui abusent de leur pouvoir, de leur autorité et de leur gouvernance pour maltraiter, intimider, mutiler, tuer et massacrer leur propre peuple.

Les mollahs en Iran n'ont pas retenu cette leçon, mais ils ont fait une énorme erreur au camp d'Achraf. Certes, c'était une immense tragédie personnelle, mais les mollahs qui ont ordonné cela en Iran et par le biais du gouvernement irakien, ont fait une erreur gigantesque. Je connais le camp d'Achraf depuis longtemps. Je connais l'organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran depuis longtemps, parce que cette organisation a été la première à réellement résister à Khomeiny et aux excès qui ont suivi la chute du chah. J'ai suivi les activités de cette organisation durant les années 1970, 1980, 1990, contrairement au reste du monde.

Cette tragédie, ce massacre, ce crime de guerre au camp d'Achraf est une immense erreur pour le gouvernement iranien, parce que maintenant le monde verra le camp d'Achraf.

Je vais vous dire ce que j'ai appris en tant que soldat. Ces armes de guerre, elles sont terribles, elles tuent, elles mutilent, elles sont affreuses. Mais il n'y a rien de plus puissant qu'un idéal porté avec conviction dans le cœur d'hommes et de femmes. Je crois que vous portez, dans ce mouvement, cet idéal, et que rien ne peut vous battre si vous vous y accrochez.

Alors, j'ai observé ce que l'on appelle le Printemps Arabe qui se poursuit. Je ne sais pas ce qui va se passer en Tunisie ou en Égypte. Je sais que Kadhafi sera finalement renversé, et j'espère que les autres pays adopteront la démocratie. J'espère que nous aurons un meilleur gouvernement en Syrie, mais je ne sais pas ce qui peut être fait en Iran, car le temps d'attente sur leur programme nucléaire a été prolongé, ils ont des problèmes avec le virus informatique, et leur programme nucléaire qui menaçait la région ne se déroule pas comme ils l'avaient prévu.

Ils cherchent toujours l'hégémonie, mais ils ont fait une énorme erreur avec le camp d'Achraf, parce que l'esprit, la détermination, l'organisation qui est la vôtre, que vous avez nourrie et fait éclore durant toutes ces années, peuvent être les semences qui poussent et poussent et poussent, qui se renforcent à l'extérieur comme à l'intérieur de l'Iran, qui s’élèvent sur le sacrifice, le courage et l'engagement de ceux du camp d'Achraf, et qui forment l'alternative face à ce gouvernement des mollahs à Téhéran. Vous pouvez le faire.

Et je vous regarde dans cette foule, et je regarde vos semblables à Washington, la communauté irano-américaine aux États-Unis. Je vois votre passion, votre engagement et votre courage, et je me demande : Pourquoi le monde ne vous soutiendrait-il pas dans votre lutte pour ramener les normes de la décence humaine et des droits de l'homme en Iran ? Pourquoi ne vous soutiendraient-ils pas ?

Je pense qu'il le fera et qu'il doit le faire. Je pense que le Département d'État réexamine la liste des organisations terroristes étrangères. Pourquoi ne retireraient-ils pas une organisation comme celle-ci de la liste ? Je pense qu'il le fera. Je pense qu'il doit le faire.

Je suis un militaire, je sais ce qui attend le gouvernement iranien, s'il parvient par ses efforts à obtenir l'arme nucléaire. Je sais ce qui l’attend. Tous les Présidents des États-Unis ont répété : pas d'armes nucléaires pour l'Iran. Le Président Barack Obama l'a dit lorsqu'il était candidat. Il s'agit de la politique de ce gouvernement. Je sais ce qui l’attend. Et la guerre est une chose terrible, cela ne doit pas se produire. Cela ne devrait pas se produire.

Nous devrions aller de l'avant pour construire un nouvel Iran et un nouveau Moyen-Orient sur ces valeurs et sur ces sacrifices, le courage, l'engagement des vôtres au camp d'Achraf.