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Iran Manif - Trop souvent nous oublions que derrière les intrigues et le travail de la diplomatie, il existe des gens bien vivants et d'un courage extraordinaire comme à Achraf. Nos principes devraient guider notre Président et notre Secrétaire d'Etat tandis qu'ils sont assis à la même table que les responsables de l’assassinat des personnes que nous venons de voir dans ce film sur Achraf », a déclaré Howard Dean le 12 avril à Paris.

L’ancien président du parti démocrate américain assistait à une convention de 43 associations de la jeunesse iranienne, réunis en soutien à la résistance et au CNRI. Il s’exprimait aux côtés de Maryam Radjavi, la dirigeante de l’opposition iranienne, et de nombreuses personnalités américaines.

« Maryam Radjavi, c'est un honneur d'être ici avec vous, merci.  J'aimerais particulièrement dire que des personnes dans cette salle sont encore même plus honorées, car elles ont perdu des membres de leur famille, des frères, des sœurs, des parents, des enfants sous le régime assassin des mollahs, de leurs affidés irakiens sous le Premier ministre Maliki.

J'aimerais m'arrêter un moment sur un titre que j'ai lu dans le Guardian : « La République islamique rejette les accusations des eurodéputés de restreindre le droit de parole et leur appel à une suspension des exécutions. » Je n'ai pas d'objections à parler avec les mollahs, nous parlons avec de nombreuses personnes qui ne sont pas recommandables et qui ont en leur pouvoir des personnes dont nous nous soucions.

Ce contre quoi je m'élève, c'est la tendance persistante de la politique étrangère américaine à mener des actions opportunistes pour obtenir un accord qui ne tiendra pas mais qui entraînent la mort de personnes innocentes. Notre pays a fait de grandes choses comme d'aider les Européens à se débarrasser des dangers du nazisme, d'apporter la paix, même de courte durée, après la première guerre mondiale, de lutter contre des dictateurs partout dans le monde. Mais en politique étrangère, nous avons, au cours du temps, fait des choses qui étaient dangereuses pour notre pays et dangereuses pour la démocratie. Et quand nous les faisions, nous pensions les faire dans notre intérêt.

Mais il apparaît que lorsque, en vue d'un intérêt à court terme, vous agissez contre les principes fondamentaux auxquels les Américains croient, non seulement vous détruisez les gens dont vous vous souciez mais vous sapez également les Etats-Unis eux-mêmes. Notre participation au sacrifice du Président Allende au Chili a entraîné des années de dictature et d'oppression dans ce pays. Notre aide aux Marcos, Somoza ou Batista à Cuba a conduit à quelque chose de bien pire des années après quand nous avons apporté notre aide aux généraux argentins. Nous aidons Maliki. Nous aidons Karzaï qui apporte la souffrance à la population et la corruption à grande échelle en Afghanistan.

Nous avons participé à la destitution du Premier ministre Mossadegh, le seul dirigeant iranien de l'histoire de l'Iran élu légitimement. Si nous n'avions pas agi ainsi en 1953, nous n'aurions pas aujourd'hui à faire face aux mollahs. Nous avons perdu plus de 55000 hommes pour défendre le président Thieu et le vice-président Ky au Vietnam, ...

Quand apprendrons-nous à ne pas défendre des gens qui ne partagent pas nos valeurs ? Je pense qu'il serait bon de conclure un accord avec les mollahs sur la question du nucléaire.  Mais je suis d'accord avec Rudy Giuliani, et je ne suis pas souvent d'accord avec lui, mais nous sommes d'accord sur le fait que nous avons déjà conclu un accord antérieurement et qu'ils ont menti et qu’ils ont poursuivi le développement de leur programme nucléaire. Allons-nous alors faire un marché avec les mollahs et vendre 3000 personnes qui vivent dans ce qui peut être appelé un camp-prison – dans lequel nous leur avons dit d'aller – dans le seul but d'obtenir un accord avec les mollahs dont nous savons d'expérience qu’il sera rompu ? Vous avez entendu les chiffres : davantage d'exécutions qu'auparavant sous la présidence du soi-disant modéré Rohani, des pendaisons publiques, des flagellations publiques, pas seulement pour des criminels.

En Iran, les gens sont tués simplement parce qu'ils ne sont pas d'accord avec les mollahs. Il s'agit d'un régime autoritaire et répressif, d'une théocratie qui n'a à aucun degré les mêmes valeurs que les Américains, que la plus grande démocratie au monde. Nous ne voulons ni ternir notre propre image ni miner notre position morale dans le monde en passant des accords avec des gens qui ne tiennent pas leur parole, qui ne rendront pas le monde plus pacifique. S'ils disent qu'ils vont rendre le monde plus pacifique, qu'ils nous le démontrent en libérant les 3000 personnes retenues au camp Liberty, qu'ils les laissent partir et être réinstallées en Europe et aux Etats-Unis. Qu'ils le fassent !

Tout accord que nous conclurons avec les mollahs doit comporter la libération des personnes retenues au camp Liberty et que les Etats-Unis ont promis de protéger il y a dix ans.  Combien de temps encore pouvons-nous violer les promesses que nous avons faites à 3000 personnes désarmées alors que nous traitons avec des gens qui doivent tenir les promesses faites aux Etats-Unis.  Ne vendons pas notre propre pays et nos propres principes pour des succès diplomatiques à courte terme.

M. Kerry, M. Obama, ici se joue beaucoup plus que la simple question du nucléaire dans le monde.  Il y a plus en jeu qu'un changement de régime en Iran. Ce qui est en jeu ici est la vie de 3000 personnes. Quelle sorte de pays est le nôtre et pouvons-nous continuer à être un grand pays ? Nous ne pouvons l'être que si nous négocions dans le cadre de nos principes. Cela fait dix ans que les commandants américains alors sur place ont signé un document que les cent personnes à Achraf et Liberty avaient entre leurs mains au moment de leur exécution par Maliki et les mollahs.

Quand mon gouvernement se dressera-t-il pour défendre les principes américains, nos principes ? »