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Iran Manif - Les délégations politiques et commerciales ont beau jeu de se rendre en Iran. A chaque passage, elle font payer chèrement un droit de péage aux Iraniens. Car si elles repartent la tête pleine de promesses et les mains pleines de présents, elles laissent l'addition à la population. Et l'addition se paye toujours en exécution.

 

C'est pourquoi les Iraniens redoutent ces visites officielles. Cette semaine les 12 et 13 avril, le président du Conseil italien Matteo Renzi est arrivé suivi d'industriels et de rapaces en tout genre. Dans leur sillage, les Iraniens ont déploré 8 exécutions, collectives. Huit d'un coup, spécialité intégriste.

Le 16 avril, c'est Federica Mogherini, la Haute représentante des affaires étrangères de l'UE qui se rend à Téhéran. Avant même qu'elle ait mis son foulard sur la tête et aboré son sourire ultrabright pour les mollahs misogynes, une femme de 43 ans a été pendue le 14 avril à Kachmar, merveilleuse ville aux tapis réputés du nord-est de l'Iran. Kachmar, la ville cauchemar pour Ameneh Rezayan pendue sous prétexte de délit de drogue, accusation passe-partout des mollahs pour éliminer sa population.

Ce crime a servi à la fois à clore la visite italienne et à entamer celle des Européens. Il s'agit pour cette dictature religieuse d'affirmer aux démocraties qu'elle se fiche totalement des condamnations en matière de droits humains. Notons au passage qu'aucun de ces Occidentaux n'a condamné les exécutions qui ont salué leur passage.

Or si à Bruxelles elle a eu l'excellente idée de mettre sur sa liste noire 82 responsables des exécutions et de la répression en Iran, une fois à Téhéran l'Europe fait un usage immodéré de cirage et de brosse à reluire pour les babouches des mollahs. Pourtant ces derniers agitent toujours les mêmes miroirs aux allouettes et n'ont rien d'autre à offrir qu'un chômage record, un taux d'inflation deux fois plus élevé que la moyenne au Moyen-Orient et 60% des entreprises du pays fermées.

Comment concilier affaires et droits humains ? La recette pour les Iraniens est simplissime: changer de régime. Si l'Union européenne reste encore hermétique à cette demande pressante, les Iraniens proposent aussi des sanctions sévères, qui ont fait leurs preuves avec le nucléaire, pour faire cesser les exécutions. La population iranienne qui a souffert l'an dernier de près d'un millier de pendaisons, appelle de ses voeux une réaction de l'UE et de sa représentante Mogherini qui ne soit pas étrangère aux valeurs démocratiques de l'Europe.