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Iran Manif - Une campagne de pub, des annonces à droite et à gauche, un vol rempli de personnalités politiques et de patrons, un ministre, des familles, beaucoup de bruit chez Air France pour annoncer la reprise des vols Paris-Téhéran. Autant de bruit que les réacteurs peuvent en faire pour couvrir celui des cordes qui se tendent et des corps qui s'agitent au bout.

En coupant le ruban inaugurant l'ouverture de l'agence Air France et en louant "le commerce pour être un ingrédient de la qualité des relations humaines et diplomatiques", le ministre français des Transports avait-il été alerté par son ambassade des 25 exécutions au mois d'avril en Iran ? 

Si ce n'est pas le cas, les mollahs se sont chargés de le rappeler au monde entier. Ce 17 avril, alors que la délégation de quinze entreprises françaises serrait des mains - bien rouges - et s'activait du stylo pour contrats et protocoles d'accord, le régime iranien pendait quatre condamnés à la prison d'Ispahan. Ispahan, dont Vinci Airport se fait fort d'aménager l'aéroport. Aéroport tenus par les pasdaran, soit dit en passant, ceux qui sont sur la liste noire.

La délégation et les familles ont aussi débarqué dans un Téhéran sur un pied de guerre contre ... les femmes. Patrouilles, check-points, 7000 agents en civil à chasser les mèches rebelles, les rouges à lèvre, les couleurs, les formes. Chasser les femmes. Les hommes d'affaires n'ont rien trouvé à redire.

Et puis ce 19 avril, une fois tout le monde réparti, les mollahs ont exécuté quatre autres prisonniers dans la  ville d'Oroumieh, dans le nord-ouest de l'Iran, quatre Kurdes, membres d'une minorité ethnique et religieuse. Oroumieh n'est pas très touristique certes, surtout avec son lac salé qui se déssèche, et les protestations répétées des habitants, des écologistes, des paysans, des pécheurs, de tous ceux qui en vivaient.

Cela porte à 33 les exécutions en avril en Iran.

Auparavant, avec la visite de Federica Mogherini 3 femmes avaient été pendues le 14 avril. Sans parler de cinq hommes le même jour et de trois hommes le 16 avril pour ponctuer la venue de la Haute représentante de l'UE.

Bruit des réacteurs, silence des autorités occidentales, coups secs des potences, larmes sans fin des familles endeuillées. A quel prix ces reprises de relations ? Les mollahs ne cessent de faire monter la facture pour les Iraniens.

L'Europe et la France devraient être en tête d'une initiative pour imposer des sanctions jusqu'à l'arrêt des exécutions. Mettre de l'éthique dans les contrats fonctionnera de la même manière que pour le nucléaire. Les mollahs reculeront. Certes, cela demande moins de complaisance et plus de courage. Mais c'est encore une valeur qui se trouve sur le marché, le courage.