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AFP, 21 septembre, Genève - Un groupe d’experts en droits humains et de personnalités, dont Ingrid Betancourt, ont demandé mercredi à l’ONU à Genève d’enquêter sur le « massacre » d’opposants iraniens de 1988, affirmant qu’il existe de nouvelles preuves. 

 

Ce tout nouveau comité, « Justices pour les victimes du massacre de 1988 en Iran », est basé à Londres et compte notamment parmi son conseil consultatif l’ex-otage des Farc en Colombie Ingrid Betancourt, Rama Yade, ex-secrétaire d’Etat sous la présidence de Nicolas Sarkozy et candidate à l’élection présidentielle en 2017 ou encore Tahar Boumedra, ancien président du bureau des Nations unies pour les droits de l’Homme en Irak. 

Il demande au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU d’établir une commission d’enquête. 

« C’est une action qui est tout à fait importante dans l’intérêt de la défense des droits de l’Homme », a déclaré en conférence de presse Ingrid Betancourt, s’exprimant « en tant que victime et survivante d’une action terroriste ». 

D’août 1988 à février 1989, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions massives de prisonniers politiques. Près de 5.000 prisonniers ont été tués, selon Amnesty International. Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, opposition en exil), dont la principale composante est l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI), évoque le chiffre de 30.000 morts, pour la plupart des militants de l’OMPI. 

Fin août, la question a pris un nouveau tour à la suite de la publication en Iran d’un enregistrement audio de l’ayatollah Hossein-Ali Montazeri, ancien dauphin de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, devenu un symbole de la résistance au pouvoir et décédé en 2009. 

Selon ce document, daté de 1988 et publié par le fils de Hossein-Ali Montazeri, ce dernier qualifie la répression de « crime le plus terrible commis en république islamique ». 

A la suite de la publication de cet enregistrement, de nombreuses familles proches des victimes, en Iran comme en exil, ont décidé de dévoiler des informations sur des fosses communes, a expliqué mercredi aux médias une autre membre du nouveau comité, Azadeh Zabeti, vice-présidente du comité des avocats anglo-iranien. Ce comité explique disposer des preuves sur 12 fosses communes. 

Le CNRI accuse le ministre actuel de la Justice en Iran, Mostafa Pour-Mohammadi, d’être l’un des principaux responsables de la répression de 1988. 

« Ceux qui sont accusés sont aujourd’hui aux postes les plus importants du gouvernement iranien. Il va sans dire que le fait que ces criminels aient des postes de responsabilité montre à quel point le gouvernement iranien d’aujourd’hui pose un problème », a souligné mercredi Ingrid Betancourt.