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Par Robert F. WORTH

New York Times, 8 décembre - Les protestations les plus vastes et les plus violentes en Iran ces derniers mois ont débordé sur une deuxième journée consécutive mardi, alors que des affrontements sanglants ont éclaté sur les campus universitaires entre étudiants scandant des slogans hostiles au pouvoir et la police et des miliciens du Bassidj.

Tandis que l’ampleur des manifestations de lundi devenait plus claire, le chef de la police de Téhéran a annoncé que 204 personnes avaient été arrêtées dans la capitale,  selon l’agence semi-officielle Mehr. Les affrontements ont eu lieu sur les campus de plusieurs villes du pays, les étudiants et les membres de l'opposition ont profité de la Journée nationale des étudiants pour exprimer leur rage en dépit de vastes et longs efforts du gouvernement pour les en empêcher.

La violence s'est poursuivie mardi sur le campus de l'Université de Téhéran, où les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes et arrêté des étudiants, selon des informations et des clips vidéo relayés par Twitter et Internet. Il y a eu des protestations sur les grandes places près de l'université également, selon des témoins. L’agence de presse officielle IRNA, a signalé que les affrontements ont commencé après que des groupes d'étudiants pro-gouvernementaux brandissant des portraits du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, se sont heurtés à des manifestants sur le campus.

Ces nouvelles violences surviennent alors que le procureur en chef iranien, Gholam Hossein Mohseni Ejehi, a menacé de mesures encore plus sévères si les manifestations ne cessaient pas. « Jusqu'ici, nous avons fait preuve de retenue», a déclaré M. Mohseni Ejehi, selon l'agence officielle iranienne IRNA. «Nous nous occuperons de quiconque met en danger la sécurité, de quelque manière que ce soit. »

Les manifestations de lundi ont marqué une escalade frappante des attaques directes contre les fondations théocratiques du pays et pas seulement sur les élections présidentielles de juin, que l'opposition a attaqué comme frauduleuses. Les manifestants ont brûlé des portraits de l'ayatollah Khamenei, et même du père de la révolution de 1979, l'ayatollah Khomeiny. Ils brandissaient des drapeaux d’où l’emblème «Allah», ajouté après la révolution, avait été enlevé.

Les protestations ont été programmées un jour férié commémorant l'assassinat de trois étudiants par les forces du chah Mohammad Reza Pahlavi en 1953. Les étudiants ont tenu un rôle central dans les insurrections de l'histoire moderne de l'Iran.

Mardi, le chef de file de l’opposition Mir Hussein Moussavi – qui aurait été empêché d'assister aux manifestations de lundi – a connu un bras de fer tendu avec des hommes de la sécurité en colère qui avaient encerclé son bureau, selon les sites d'opposition.

Alors que M. Moussavi quittait son bureau en voiture, des dizaines d'hommes à moto, certains portant des masques, lui ont bloqué la route en hurlant des slogans contre lui, a rapporté le site d’information Gooya News.

Contre l'avis de son équipe de sécurité, M. Moussavi est sorti de la voiture et a crié sa colère aux hommes : « Vous êtes en mission - faites votre travail, menacez-moi, frappez-moi, tuez-moi. » La sécurité de M. Moussavi l’a alors ramené à l'intérieur du bâtiment.

M. Moussavi, un ancien Premier ministre et premier challenger du président Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle contestée de juin, s'est fermement opposé aux tactiques d'intimidation du gouvernement, dimanche, en avertissant que les arrestations d’étudiants seraient contreproductives.

M. Moussavi a suivi une bonne ligne ces derniers mois, luttant pour maintenir son rôle d’homme de l’intérieur qui soutient le système islamique de l'Iran, mais qui est farouchement opposé à M. Ahmadinejad et à ses politiques ultras.

Mais depuis peu, on ne sait plus à quel point M. Moussavi parle au nom de l'opposition, qui comprend beaucoup de ceux qui semblent adopter une approche plus radicale et exigent la fin de la théocratie. Dans les manifestations de lundi, il y avait moins de gens avec des vêtements ou des bannières de la couleur verte vive de la campagne présidentielle de M. Moussavi. Et il y avait davantage de slogans axés directement sur l'ayatollah Khamenei - un tabou qui n’a cessé de s’éroder depuis les élections. En plus des slogans désormais commun de «mort au dictateur», certains manifestants lundi ont scandé «Khamenei sait que son temps est révolu ».
 

 

IRAN 
DECEMBRE 2019

 8 exécutions

Soulèvement national

1000 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 187 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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