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Iran Manif - A l’approche de la Journée internationale des Femmes, l’anthropologue Françoise Héritier qui vient de recevoir les insignes de Grand Croix  de la Légion d’honneur, explique pourquoi elle a été  « séduite par le travail mené par Mme Radjavi », dirigeante de l’opposition iranienne, parce « qu’elle a choisi de donner dans l’exercice du pouvoir, des responsabilités aux femmes. Elle a renversé la vapeur. » Françoise Héritier adresse un message aux femmes iraniennes :

Mon message en fait sera simple. Il est légitime : Que les femmes aient un statut égal à celui des hommes, une considération égale à celle des hommes. Mais on ne peut pas y parvenir sans lutter, sans combattre, sans y mettre du sien.  C’est pour cela que l’éducation est extrêmement importante ; et également la prise de pouvoir, quand la chose est possible. Et c’est dans ce sens que personnellement j’ai été séduite par le travail mené par Mme Radjavi, parce que j’ai eu conscience extrêmement tôt de la qualité de son combat et de la sincérité de son engagement pour la laïcité, la vraie, c'est-à-dire la séparation des églises et de l’Etat, mais également de son engagement pour les femmes.

 

Et là où elle a innové, et il me semble que c’est là le point essentiel, évidemment c’est dans un milieu particulier, mais c’est un exemple pour les autres, c’est qu’elle a choisi de donner dans l’exercice du pouvoir, de donner des responsabilités aux femmes, alors qu’elles étaient traditionnellement dévolues aux hommes, les femmes étant de simples assistantes ou secrétaires, etc. Elle a décidé de renverser la vapeur.

Je ne dis pas que c’est possible partout, dans toutes les entreprises et dans tous les pays, maïs c’est un exemple. Parce que si ça marche, et ça devrait marcher, parce qu’il n’y a pas de raison que les femmes soient incompétentes, si ça marche, c’est un exemple pour le reste de l’humanité. 

Cela veut dire aussi comme message aux femmes de ne pas obéir à ce réflexe qui est inculqué – ce n’est pas un réflexe naturel – inculqué dès l’enfance de dire « Ah mais non, jamais je n’y arriverai, ça c’est du domaine des hommes, etc. Non, je préfère le leur laisser. » Il faut accepter de se lancer hardiment dans l’entreprise Et c’est cette hardiesse que je recommanderai aux femmes aujourd’hui. 

Pour les femmes de Liberty, j’aurais énormément de mal à parler à leur place ou à envoyer un message, parce que, encore une fois, quand on est bien à son aise dans un appartement parisien loin des conflits, loin des combats, loin des problèmes du quotidien, des problèmes de vie, il est presque présomptueux de vouloir leur dire quelque chose. On a en fait plutôt à les écouter et à prendre exemple sur elles.

Je pourrais peut-être ajouter simplement quelque chose : ce à quoi je crois beaucoup, c’est à la fierté. Non seulement il faut avoir la hardiesse, qu’elles ont, et avoir toujours la fierté d’être ce qu’elles sont et de la faire connaitre et de la faire savoir haut et fort, y compris à leurs bourreaux.

Pour les jeunes filles d’aujourd’hui et les jeunes femmes, je ne dis pas que pour les autres les jeux soient faits et qu’elles peuvent toujours lutter, mais pour les jeunes filles qui sont pleines d’espoir et d’espérance et qui voudraient avoir une vie non pas de rêve, mais la vie dont elles rêvent, ce qui n’est pas exactement la même chose, je leur dis « n’abandonnez jamais vos rêves, jamais ! »