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Iran Manif  - 14 : c’est le nombre dérisoire de femmes qui ont passé les filtres pour atterrir au parlement iranien sans être sûres d’y rester car il leur faut encore passer le dernier filtre de confirmation. Une goutte, par rapport au postillon des neuf députées précédentes, mais transformée en tsunami par … la presse occidentale, qui tient ce chiffre astronomique pour preuve d’ouverture de la dictature en place.  C’est pourtant tout ce que les « réformateurs » ont pu admettre, yeux fermés, poings serrés et masque de dégout déformant le visage.

 

Quand dans les démocraties, les magazines et les journaux profitant de l’approche du 8 mars se gargarisent de ce bilan nihiliste, on est en droit de se poser des questions. Si l’Assemblée nationale en France affichait ce taux dérisoire, les femmes défileraient certainement dans la rue pour protester.

Mais lorsqu’il s’agit de la pire dictature religieuse qui a institutionnalisé les violences faites aux femmes et l’apartheid sexuel, les qualificatifs admiratifs se déclinent à l’infini, autant que les recettes de régime pour l’été. Cependant, dans une intervention bien trempée le 27 février à La Défense Rama Yade affirmait que « pour les 35 millions de femmes iraniennes, il n’y a pas de modération, elles veulent être des citoyens à part entière et aujourd’hui elles sont des citoyennes à part ». 

Il est fort étrange que dans ce concert de louanges, nulle journaliste n’a mentionnée les 63 femmes exécutées sous le mandat du « réformateur » Rohani. Aucune trace des 86% de femmes au chômage en Iran, de la ségrégation sexuelle sur les lieux de travail, dans les transports en commun et à l’éducation, de la réduction des heures de travail des femmes, du salaire des femmes de 41% inférieur à celui des hommes, de la loi inique autorisant un tuteur à épouser sa fille adoptive en bas âge, des amendes financières et de la confiscation des véhicules pour port incorrect du voile, du plan de doublement de la démographie qui fait de la femme un ventre à reproduction, des femmes emprisonnées uniquement pour leur foi, et …

Une liste non exhaustive des violences faites aux femmes uniquement sous les réformateurs portés aux nues par des journalistes inconscients, voire pires, sans la moindre information sur la  réalité en Iran.

Une réalité qui pourtant se rappelle au souvenir de l’alzheimer occidental ces dernières semaines :  

-Nahid Gorji, internaute active sur les réseaux sociaux, a été condamnée à 3 ans de prison par la cour d'appel en Iran uniquement pour ses posts sur internet.

-50 filles des collèges de la province du Hormozegan dans le sud de l'lran ont été mariées dans une cérémonie collective à la mi-février.

-L'éducation nationale sous le gouvernement de Rohani en Iran poursuit les discriminations contre les femmes en instaurant un quota d'une pour cinq à l'emploi via un système d'examen. Après quoi davantage d'obstacles empêchent les femmes d'être embauchées. 

-“Le parlement n'est pas un endroit pour les enfants, les ânes ou les femmes ! Le parlement est un endroit pour les hommes." Dixit Nader Ghazipour, un député des mollahs de la ville d'Oroumieh dans le nord-ouest de l'Iran, qui réagissait aux 14 femmes élues. 

-La police de Sanandaj, capitale provinciale du Kurdistan d'Iran, a annulé une nuit de la poésie parrainée par la poétesse Simine Tchaitchi à l'université de cette grande ville.

Est-il légitime de demander à la presse féminine et autres de ne pas se prêter aux jeux des bouffeurs de femmes en Iran, mais de permettre aux 35 millions de femmes de ce pays et à toutes celles qui résistent, de faire entendre leur voix ?

Parce qu’elles doivent se battre contre une dictature intégriste et misogyne, les Iraniennes ont compris que leur liberté passe par l’égalité, une arme sans faille contre les obscurantistes. Une égalité prônée et pratiquée par la résistance iranienne depuis une trentaine d’années. Lors de la conférence du 27 février à La Défense, la dirigeante de l’opposition iranienne Maryam Radjavi a eu cette phrase qui est tout un programme : « Avec l’égalité et la participation active des femmes à la direction politique, faisons de ce siècle celui de la libération des femmes et de l’humanité. »