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Révolution permanente - Par Maria Chevtsova - Mardi 22 mai, un nombre important de routiers se sont mis en grève dans une dizaine de villes à travers l’Iran suite à un appel qui avait été lancé via le réseau social Telegram et s’est très vite propagé. Les chauffeurs protestent contre les bas tarifs des locations (la rémunération qu’ils touchent pour réaliser une livraison), la diminution du poids total autorisé de la cargaison et l’augmentation des coûts de maintenance de leur unique outil de travail : leur camion.

En Iran, les routiers ne sont pas employés par des sociétés de transport. Ils sont dans la majorité des cas indépendants, c’est à dire qu’ils possèdent leur propre et unique camion, qu’ils ont acheté à crédit, et louent leurs services en échange d’une rémunération à la tâche. C’est l’État qui fixe la rémunération minimale, qui dépend du tonnage et du contenu de la cargaison (présence ou non de produits dangereux par exemple). La situation économique des routiers est extrêmement précaire, c’est pourquoi ils demandent actuellement une augmentation de 40% de leur rémunération.

En deux jours, le gouvernement a proposé une augmentation à hauteur de 20%. Concession accordée non pas par empathie, mais par obligation, de peur de voir le mouvement se répandre d’avantage. C’est que l’impact de cette grève est immense : les marchandises ne circulent plus, le pétrole commence à manquer, les files de voitures aux stations service sont interminables et certaines stations sont même déjà à sec ! Mais les grévistes, déterminés, n’ont pas accepté cette concession du gouvernement et ont décidé de maintenir leur mouvement jusqu’à satisfaction de l’ensemble de leurs revendications.

Difficile de dire quel pourcentage des 360.000 chauffeurs sont actuellement en grève, mais ce qui est sûr, c’est que le mouvement est suivi à l’échelle nationale. Les chauffeurs grévistes ont stationné leurs camions le long des routes et ont invité l’ensemble des camionneurs qui n’étaient pas encore en grève à stopper leur camion et rejoindre le mouvement. Le gouvernement tente bien entendu de casser le mouvement en envoyant les forces de répression escorter des convois, mais la détermination des grévistes est forte et leur nombre ne cesse d’augmenter malgré les tentatives de sabotage de la part du gouvernement.

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