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Les événements récents témoignent de l'échec du président Rohani, lequel continue d'évoquer un prochain retour à la prospérité, sans convaincre. 

Les Echos - Souvenons-nous. Début 2016, le parlement iranien entérinait l'accord sur le nucléaire signé avec les pays du "5+1", lequel conduisait à la levée d'un certain nombre de sanctions. Les investisseurs occidentaux se montraient alors particulièrement intéressés par les perspectives de ce "nouveau" marché qui s'ouvrait à eux.

Des contacts avaient d'ailleurs été pris localement bien avant cette date. L'optimisme prévalait donc, en dépit d'un certain nombre de difficultés vite identifiées (bureaucratie, corruption, infrastructures vieillissantes) et d'autres qui le furent plus tardivement (circuits de financement, risques juridiques, inconstance américaine suite à l'élection de Donald Trump). 

Plus récemment, la victoire du camp réformateur aux élections présidentielles validait le scénario d'une ouverture pérenne du pays. Mais cette sérénité, qui était perceptible chez les investisseurs étrangers, a très vite volé en éclats à la fin du mois de décembre alors que plusieurs villes du pays étaient le théâtre d'importantes manifestations populaires. Celles-ci ont fait plusieurs morts, de nombreux blessés tandis que des centaines d'arrestations étaient évoquées. Les protestataires dénonçaient la hausse du coût de la vie, dans un premier temps, avant de passer à des slogans hostiles au pouvoir. Sachant sa situation fragile, le président Hassan Rohani en appelait au calme avant de qualifier les manifestants de " petite minorité qui insulte les valeurs sacrées et révolutionnaires". Le pouvoir iranien mobilisait par la suite ses troupes pour, très vite, annoncer la " fin de la sédition"

Ces événements témoignent de l'échec du président Rohani, lequel continue d'évoquer un prochain retour à la prospérité, sans convaincre. Et nous renseigne sur les difficultés à appréhender ce pays à bout de souffle, tiraillé entre des sentiments et des revendications contradictoires et sclérosé sur le plan institutionnel comme économique.

Tout n'est donc pas si blanc en Iran, comme le comprennent désormais mieux les investisseurs étrangers. D'autant que le climat géopolitique international et régional a évolué en l'espace de quelques mois. L'arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump a en effet rebattu un certain nombre de cartes, ce dernier n'ayant jamais caché son hostilité envers l'accord négocié par son prédécesseur. Le président américain souffle à cet égard le chaud et le froid et pourrait imposer de nouvelles sanctions au régime des mollahs, évoquant les Droits de l'homme et le soutien à des groupes extrémistes.

De quel espace disposeront alors les investisseurs étrangers ? Enfin, le conflit désormais ouvert entre l'Iran et l'Arabie Saoudite pour le leadership régional complexifie un peu plus la donne pour les firmes étrangères. Investir à Téhéran ne reviendrait-il pas à tourner le dos à Riyad ? L'Eldorado évoqué en 2016 ne sera-t-il qu'un mirage ?

Ce sont là autant de questions qui se posent.