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Townhall.com - Par Ken Blackwell ancien ambassadeur américain auprès de la Commission des droits de l'homme de l’ONU - On pourrait facilement soutenir que la théocratie en place en Iran est confrontée à la plus grande menace interne à son pouvoir depuis les années 1980. Au début de l’année, le pays a été secoué par un soulèvement de masse. La chaîne de manifestations a constitué un pas en avant majeur pour le mouvement de la Résistance intérieure en ce qu’il rendu politiquement actifs des paysans et des ruraux pauvres, en dépit du fait que l'on pensait depuis longtemps que ces groupes toléraient ou même soutenaient le régime clérical.

Le soulèvement de décembre - janvier a consisté en des protestations dans plus de 140 villes et villages dans tout le pays. Et cela a continué pendant les mois qui ont suivi, alors que des réseaux militants et des populations entières continuent d'organiser des manifestations plus localisées, conformément à l'appel lancé en mars par Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), une coalition dirigée par le principal groupe de la Résistance iranienne, l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI).

A l'occasion du Nouvel An iranien, Norouz, Mme Radjavi a déclaré que « l'année à venir peut et doit être transformée en une année pleine de soulèvements », qui doit se poursuivre « jusqu'à la victoire finale ». Le CNRI a décrit en détail ce à quoi pourrait ressembler une « victoire finale », et cela implique la suppression totale du régime existant et son remplacement par un système démocratique. Mme Radjavi a articulé un plan en dix points décrivant le cadre de ce système, avec des élections libres et équitables, une gouvernance laïque, des garanties sur les droits des femmes et des minorités, et un engagement pour des relations pacifiques avec les voisins de l'Iran.

Alors que la situation intérieure de l'Iran et les politiques occidentales à l'égard de la République islamique entrent dans une zone de turbulence, il est important d'aborder deux questions essentielles. Premièrement, la « victoire finale » pronostiquée par Mme Radjavi peut-elle se réaliser ? Et deuxièmement, si le régime des mollahs peut effectivement être chassé du pouvoir, que se passera-t-il ensuite ?

Le soulèvement de janvier permet de répondre en grande partie à la première question, mais il ne fait aucun doute que les spectateurs sceptiques envisageront la possibilité que le mouvement de la Résistance soit effectivement réprimé.  Mais malgré la répression brutale des manifestations par les mollahs, plusieurs villes ont été témoins de grandes manifestations anti-gouvernementales qui se sont poursuivies pendant plusieurs jours à la fois au cours des derniers mois. Il faut ajouter à cela la grève des camionneurs qui s'est étendue à des centaines de villes dans les 31 provinces et qui s'est poursuivie malgré les tentatives de répression des autorités contre les chauffeurs. Ces événements démontrent la résilience de l'opinion publique iranienne et du mouvement de Résistance.

Cette résilience est évidente depuis longtemps, en particulier dans les rangs de l’OMPI, qui a été la cible principale du régime pour éradiquer la dissidence intérieure au cours de l'été 1988. Ce groupe majeur de l'opposition constituait l'écrasante majorité des 30 000 prisonniers politiques mis à mort au cours de cette saison, et pourtant il n'a cessé de croître depuis lors, au point que même le Guide suprême Ali Khamenei a été forcé de reconnaître son rôle de premier plan dans la planification et l'exécution des manifestations antigouvernementales au début de cette année.

L’OMPI a également été crédité d'un grand nombre des manifestations les plus graves qui se sont produites au cours des mois qui se sont écoulés depuis que le soulèvement national a été brisé. Dans le même temps, divers experts du Moyen-Orient ont conclu, à juste titre, que la répression ne ferait qu'alimenter les troubles intérieurs, contribuant ainsi à l' « année pleine de soulèvements ». C'est particulièrement probable si l'on considère que le soulèvement a poussé les institutions répressives iraniennes à leurs limites. Il y a donc de bonnes raisons pour Washington de maintenir le cap à cet égard, et pour les alliés européens de se joindre à l'effort, étant entendu que cela pourrait augmenter considérablement les chances du peuple iranien de se relever une fois de plus et d'obtenir la « victoire finale » souhaitée sur le régime clérical.

Pourtant, la viabilité réelle de cet objectif dépend de la réponse à la deuxième question : Que se passera-t-il après l'éviction du régime des mollahs ? La meilleure façon de répondre à cette question est peut-être d'écouter les voix des expatriés iraniens, des responsables du CNRI et de leurs partisans internationaux, y compris un groupe bipartisan de dignitaires politiques et de commandants militaires américains lorsqu'ils se réuniront au rassemblement pour un Iran libre « Free Iran 2018 » à Paris le 30 juin. L'événement cette année a une signification particulière en tant que vitrine du large soutien populaire qui a été exposé récemment pour le plan en dix points de Mme Radjavi.

Avec ce plan comme cadre, le CNRI a établi une structure de leadership prête à remplacer le régime clérical et à unifier la population derrière les plus anciens défenseurs de son rêve collectif de démocratie et de liberté civique. Cette unité est l'élément le plus important d'une transition pacifique du pouvoir, et le CNRI apporte l'unité non seulement à la population nationale, mais aussi à tous les décideurs internationaux qui croient en l'avenir démocratique de l'Iran.

Il sera difficile pour quiconque constatera cette unité lors du rassemblement du 30 juin de ne pas conclure que la politique américaine vis-à-vis l'Iran est sur la bonne voie. Cette affirmation de plus en plus forte doit être comprise comme s’ajoutant à l'espoir du peuple iranien dans un changement de régime à l'intérieur du pays. Et le reste du monde occidental devrait adopter une posture similaire pour la même raison.

Ken Blackwell était l'ancien ambassadeur des États-Unis auprès de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies. Il a reçu le Superior Honor Award des administrations de George H.W. Bush et de Bill Clinton.

 

IRAN 
Septembre 2018

  18 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions