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The Times (Londres), 1er janvier, éditorial - Le principal défi de politique étrangère de l'année 2010 sera de faire face à un régime iranien qui déstabilise ses voisins et réprime ses opposants.

L’Iran, a déclaré le président Obama cette semaine, a eu recours à une poigne de fer brutale dans la répression de son opposition interne. Cette poigne s’est longtemps étendue de l’autre côté de la frontière enIrak. Elle l’a peut-être fait avec l'enlèvement de Peter Moore, le consultant de British TI, et de ses quatre gardes du corps en 2007. M. Moore est désormais libre, mais au moins trois et sans doute l'ensemble de ses collègues ont été assassinés.

L'accusation selon laquelle l'Iran était directement complice dans le rapt vient d'une source de grande intégrité et crédibilité : le général David Petraeus, ancien commandant militaire américain en Irak.

Peu après l'enlèvement, il avait affirmé sa conviction que l'Iran avait financé, entraîné et armé les ravisseurs. Dans des propos récents révélés hier, le général Petraeus a exprimé la certitude que M. Moore et ses compagnons de captivité avaient été secrètement détenus en Iran pendant une partie de leur terrible épreuve.

Cette accusation est diplomatiquement explosive. Le Foreign et Commonwealth Office a été prompt à démentir posséder une preuve que les personnes enlevées aient été détenues à un moment donné en Iran. Il est évidemment impossible de reconstituer les mouvements des ravisseurs et de leurs victimes sur plus de 31 mois, mais l’allégation doit être étudiée dans la mesure du possible. L'idée que des ressortissants britanniques puissent être tenues en captivité sur le territoire d'un Etat avec la complicité et la connaissance de son gouvernement est intolérable. Mais que cette accusation soit vérifiée ou non, l'Iran est une force de déstabilisation dans la région. Les USA et l'UE-3 (Royaume-Uni, Allemagne et France) ont pendant des années tenté d'obtenir la coopération de l’Iran dans les efforts visant à ramener la paix dans la région et à lutter contre la prolifération nucléaire. Ils ont trouvé un partenaire réticent. Comment répondre à un régime qui réprime chez lui, menace ses voisins et méprise les exigences de l'ONU et de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), sera le principal défi en matière de politique étrangère en 2010.

Une voie de la politique étrangère de l'occident qui aurait été erronée, n’a heureusement pas été adoptée. C’était l'opinion du groupe d’études sur l’Irak, sous l’égide de James Baker et Lee Hamilton, disant que les États-Unis devaient engager des pourparlers directs avec l'Iran et la Syrie. Les recommandations du rapport Baker-Hamilton ont été publiées en décembre 2006, lorsqu'il est apparu qu’une grosse négligence et une absence de planification de la coalition sous commandement américain en Irak verrait le pays sombrer dans une terrible guerre civile.

L’art de gouverner n'est pas un jeu à gain nul, avec des gagnants et des perdants relatifs. Il exige de traiter avec les régimes désagréables ainsi que des alliés, pour obtenir des avantages communs. Mais les avantages communs supposent au moins certains objectifs partagés. Les objectifs de l'Occident d'un Irak pacifique et démocratique, d’un règlement en deux Etats du conflit israélo-palestinien, et d’une non-prolifération stricte ne sont manifestement pas partagés par les mollahs.

L'Iran a soutenu le Hamas lors des attaques à la roquette contre des villes israéliennes et le Hezbollah dans une campagne pour saper le gouvernement du Liban. L’alliée de l'Iran, la Syrie, est largement soupçonné d'assassinats d'hommes politiques libanais qui se dressent sur son chemin. Des groupes militants chiites en Irak ont subi des revers quand une poussée des troupes américaines a finalement créé quelque chose proche de la sécurité à Bagdad et dans ses environs. Mais il y a de fortes preuves que ces groupes ont été équipés de dispositifs explosifs improvisés de l'Iran, et qu’ils les ont utilisés contre les troupes de la coalition. Plus inquiétant encore, le programme nucléaire de l'Iran a progressé à vive allure, sans divulgation appropriée. Il n'y a pas de «grand compromis» proposé par un régime avec ces objectifs et ces pratiques.

La pire issue diplomatique en 2010 en est une qui semble trop plausible. Le Conseil de sécurité n'a pas été uni et l'AIEA n'a pas été forte. Le régime iranien continuera à faire ce qu'il pense pour s'en sortir. Il s’en est déjà beaucoup trop sorti.