Share this post

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Les Iraniens descendent dans la rue par milliers pour réclamer la démocratie, tandis que la Grande-Bretagne continue à le gêner, dit Christopher Booker
   
Par Christopher Booker
 
The Sunday Telegraph, 3 janvier 2010 - Un mystère politique majeur de la décennie écoulée est de savoir pourquoi notre gouvernement a été aussi anxieux d’apaiser un des régimes les plus antipathiques et les plus vicieux au monde. 

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraniens ont de nouveau risqué la mort, la torture et l'emprisonnement en appelant à mettre fin au régime de Khamenei à Téhéran, alors que ses voyous tentent vainement de réprimer les manifestations populaires qui deviennent de plus en plus forte depuis les élections frauduleuses de l'été dernier. Pourtant, c'est la même dictature impitoyable que, depuis plus de 10 ans, notre gouvernement cherche à sa manière à apaiser.
 
En 1998, j'ai écrit sur la manière extraordinaire dont la Charity Commission, à l'instigation de Téhéran, avait fermé Iran Aid, une organisation caritative basée à Londres, mise en place pour apporter une aide humanitaire aux familles des Iraniens tués par le régime. J'avais été en mesure de révéler que le gérant de PricewaterhouseCoopers, chargé de saisir les fonds de l'organisme de bienfaisance et des dossiers confidentiels (y compris les noms de ses contacts en Iran), avait aussi des réunions régulières à Londres avec un ex-ministre iranien étroitement liée aux services de renseignement du régime.
 
Puis en 2001, de nouveau à la demande de Téhéran, Jack Straw, en tant que ministre de l'Intérieur, a interdit comme organisation terroriste les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), membres du principal groupe d'opposition iranienne en exil, le Conseil national de la Résistance iranienne ( CNRI). Dirigé à Paris par Mme Maryam Radjavi, le CNRI est soutenu par des centaines de milliers d'Iraniens à l'intérieur du pays comme à travers le monde. Sous l'impulsion britannique, l'UE a approuvé l'interdiction de l'OMPI, et ce n’est qu’après une succession de procès dans lesquelles la Grande-Bretagne et l'UE ont été condamnées pour avoir agi illégalement (au motif qu’elles n'avaient fourni aucune preuve pour démontrer que l'OMPI était terroriste), que cette l'interdiction a été levée l'année dernière.
 
Le comportement de la Grande-Bretagne dans ces épisodes n'était pas seulement honteux, mais apparemment sans objectif rationnel. Le régime de Téhéran est un parrain du terrorisme à travers le Moyen-Orient, notamment en Irak, où ses agents ont joué un rôle clé dans la défaite humiliante de l'armée britannique d'occupation. La Grande-Bretagne a également joué un rôle central dans les négociations futiles de l'UE pour persuader l'Iran de suspendre son programme nucléaire. Il devrait être clair pour le monde entier que le régime de Khamenei est dépourvu de tout véritable soutien populaire, et que, comme Mme Radjavi l’a déclaré la semaine dernière encore, le seul moyen d'éliminer l'Iran comme un facteur déstabilisant dans la politique mondiale c’est que le peuple iranien puisse avoir une possibilité de choisir un gouvernement démocratique et pacifique auquel il aspire. Toute démocratie occidentale devrait soutenir sans réserve cette cause. Alors pourquoi notre propre gouvernement a-t-il été si actif dans l'autre bord pendant si longtemps ?