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Iran Manif - Durant trois jours les Iraniens du monde et de l’intérieur se retrouvent pour lancer un défi au régime des mollahs. Un défi lancé deux fois par an au-delà des frontières et de la censure, un défi sur les ondes, par satellite et internet, sur Sima-ye-Azadi.

Malgré tous les efforts de la dictature religieuse pour arracher les antennes satellites des villes et des villages, les bombardements de parasites, la censure et le filtrage qui laisse passer internet au compte-gouttes et au ralenti, les Iraniens de l’intérieur sont dans les starting-blocks. La diaspora aussi est groupée en première ligne pour un marathon massif.

Du 30 novembre au 2 décembre, le 23e téléthon de la chaine télévisée de l’opposition iranienne, Sima-ye-Azadi se livre à une formidable démonstration de force, avec un téléthon qui crève les écrans et affole les réseaux sociaux comme Telegram et Facebook. Telegram parce que c’est la plateforme commune qui résiste encore et toujours au contrôle des mollahs et qui accueille pas moins de 40 millions d’Iraniens, soit la moitié de la population. Ce défi a commencé il y a douze ans.

Chaque année, ce rendez-vous est l’occasion de prendre le pouls de la société iranienne à l’étranger et surtout à l’intérieur. La diversité des appels et des dons dessine un horizon plutôt complet du paysage politique et des attentes. On est surpris d’abord surpris par l’accueil enthousiaste réservé à l’émission et par le nombre étonnant d’appels depuis l’Iran par le biais des réseaux sociaux, par la grande majorité de femmes et de jeunes qui se bousculent pour témoigner. « Sima-ye-Azadi, la voix des Iraniens », « je m’appelle Farnaz et j’appelle de Hamedan. Je suis une jeune qui n’a aucun avenir dans l’Iran des mollahs. Je veux aider la chaine de la liberté », « moi je participe depuis Kermanchah au 23e téléthon de Sima-ye-Azadi contre Khamenei, A bas Khamenei ! », « Sima-ye Azadi la voix des ouvriers étouffée par ce régime », « Sima-ye-Azadi, la voix des prisonniers politiques », annonce Zohreh depuis Berlin. 

On est frappé par la fierté qu’ils ont de financer une chaine de télévision qu’ils alimentent en images et en informations et qui rapporte en plus des nouvelles du monde, toutes les protestations et grèves, toutes les violations des droits humains en Iran. Mais cette chaine financée par la population, diffuse aussi au quotidien l’ensemble des activités, conférences, expositions et prises de position en soutien au peuple iranien et à sa résistance, le Conseil national de la Résistance iranienne.

Pour maintenir ce visage de la liberté - Sima-ye-Azadi, le nom de la chaine en persan - les Iraniens s’organisent. Certains économisent sur leurs revenus, d’autres se regroupent pour annoncer des montants honorables, des enfants cassent leur tirelire, des ouvriers et des étudiants en Iran vont même jusqu’à annoncer qu’ils renoncent à leur repas d’une journée pour financer la chaine. D’autres empruntent, d’autres encore vendent leurs biens. L’an dernier à cette époque un terrible séisme avait dévasté la région de Kermanchah dans le Kurdistan d’Iran. A la fin de son téléthon, la chaine avait annoncé que tous les dons venant d’Iran seraient exclusivement réservés aux sinistrés du séisme.

Les Iraniens de l’étranger se regroupent aussi pour récolter des fonds. Villes par villes, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Hollande, en Suède, leurs représentants annoncent les sommes promises. Aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, d’Etat en Etat, ils se relaient pour faire monter de manière conséquente la somme globale qui dépasse régulièrement le million.

Médecins, ingénieurs, architecte, professeurs côtoient les étudiants, les employés, les infirmières, les mères de familles, les commerçants, les chômeurs, les ouvriers et les agriculteurs. Tous affirment que financer la chaine est pour eux un devoir et tous d’une même voix déclarent leur aspiration voir disparaitre ce régime et s'instaurer la liberté.

A tous ceux qui doutent, sous le coup de la propagande des mollahs et de leurs lobbies à l’étranger, de la popularité de la résistance en Iran,  il suffit de suivre ces trois jours de téléthon, à la fois sondage, référendum pour un Iran libre.