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Time, 5 mars - Les conflits sociaux et l’inquiétude économique pourraient ne pas figurer parmi les gros titres concernant l'Iran depuis l'élection présidentielle controversée de juin 2009, mais ils pourraient s'avérer être des facteurs majeurs du sort de la République islamique. En effet, le régime est si sensible sur la situation du pays qu'il en a dissimulé les statistiques économiques - ou simplement ne les a pas rendus publics.

Chaque semaine, des sources non officielles de renseignements en Iran (les blogs et les médias sociaux) signalent les problèmes du monde du travail. Cette semaine, il y avait un reportage sur une entreprise industrielle privée à Ispahan, la troisième ville d'Iran, qui n’a pas payé 200 de ses employés depuis sept mois. Environ 80 travailleurs en colère ont fait irruption dans une réunion de la direction, obligeant les dirigeants à promettre à la hâte un paiement initial dans les jours prochains et un règlement de toutes les dettes d'ici la fin de l'année iranienne à la mi-mars - avec une prime de Nouvel An.

Des promesses de ce genre auraient également été faites la semaine dernière par le directeur d'une grande usine sidérurgique, elle aussi à Ispahan, après que les travailleurs aient annoncé le début d'une grève de la faim pour protester contre de grands écarts de salaires. Les paroles rassurantes du directeur ont été suivis d'une visite de l'usine par le personnel de la sécurité, qui exigeait que les organisateurs de la grève soit livrés à la direction.


Des informations vers la fin du mois dernier parlaient des travailleurs des télécommunications qui ont manifesté dans la ville du centre-sud, Chiraz, pendant trois jours à cause de 13 mois de salaires impayés. De nombreuses usines fonctionnent de 20% à 30% de leur capacité et l’on compte jusqu'à 2.000 licenciements dans l'industrie de l'énergie alors que trois grandes entreprises ont commencé à réduire leurs coûts de production. Pendant ce temps, les travailleurs des mines de la province de Gorgan n’ont pas été payés depuis six mois, leurs employeurs omettant de payer les charges sociales et se permettant de descendre en dessous des minimums légaux de santé et de sécurité. Un rapport d’une ONG a dit que l'industrie énergétique de l'Iran frisait la faillite en raison de 5 milliards de dollars de dettes gouvernementales impayées. Un porte-parole du syndicat de l'industrie de l'électricité a fait valoir que près de 900.000 travailleurs entièrement dépendants des ministères du pétrole et de l'énergie étaient au bord du chômage et que de nombreuses entreprises avaient déjà fait faillite.


De telles histoires restent pour la plupart confinées aux médias des droits de l'homme et des organisations syndicales, dont les membres opèrent dans la crainte perpétuelle d'une arrestation et de menaces. Les médias officiels iraniens continuent de dépeindre l'Iran comme une réussite. Comme le fait le Président Mahmoud Ahmadinejad. Toutefois, lors de la dernière conférence de presse d'Ahmadinejad, à la mi-février, un journaliste l’a interrogé sur l’absence de publication des chiffres du troisième trimestre de la croissance du PIB dans le dernier rapport de la Banque centrale d'Iran. Ahmadinejad a tout simplement rejeté l'importance « de simples estimations», et affirmé que la croissance actuelle était de 6,9%. Significativement, le journal World of Industry, qui n’est pas un organe officiel mais qui s'adresse à des économistes et des technocrates, a souligné le lendemain, qu'Ahmadinejad en reprenait un chiffre datant de deux ans, lorsque l'Iran bénéficiait d'une période de prix record du pétrole.


Les derniers chiffres officiels disponibles place la croissance économique de l'Iran à seulement 2,5% pour le premier semestre de l'année iranienne (mars-août 2009) - bien en deçà des 8% ciblés par le quatrième plan de développement économique de l'Iran, qui se termine cette année. Malgré le fait que les statistiques du troisième trimestre soit apparemment inconnues, les chiffres étroitement associés à la croissance - les investissements en capital et les permis pour de nouveaux projets de construction - montrent des baisses à deux chiffres. Le chômage global s'établit à 11,3%, tandis que celui qui touche les jeunes de 15 à 24 ans est estimé à un peu plus de 24%. Les chiffres du chômage réel, cependant, sont suspectés d'être nettement plus élevés, étant donné qu'un grand nombre de chômeurs ne s'enregistrent pas auprès du ministère du Travail. Un journaliste iranien, qui a requis l'anonymat dit : « Ils ont manipulé la définition des personnes sans emploi pour garder le chiffre près de 10%. Mais aujourd'hui, chaque famille compte une personne sans emploi. »

Il y a cinq ans, M. Ahmadinejad a été élu comme un résolveur de problème, un ingénieur qui supprimerait les vieux obstacles à une économie juste et qui fonctionne. Un flot initial de liquidités et du crédit ouvert au début de l'ère Ahmadinejad a cédé la place à un marché immobilier stagnant et des limites strictes sur les prêts bancaires dans un effort pour maîtriser les prix. Ahmadinejad a également dissous des organismes de planification économique et a écarté les fonctionnaires ayant des compétences économiques. Les chefs d’entreprises dans le secteur de production pratiquement paralysé près de l'Iran affrontent aujourd'hui, le problème immédiat de la manière de combler les trous de leurs comptes en fin d’année sous un nuage de dettes gouvernementales impayées et d’une demande en baisse.

Les jolis discours de la présidence n’ont pas de rapport avec les réalités qu’affrontent les Iraniens ordinaires. « Ils regardent dans leurs poches et n’y trouve rien de positif», dit le journaliste iranien. «Ils ne peuvent pas croire tous ces chiffres optimistes donnés par le gouvernement. Le gouvernement affirme que l'inflation est inférieure à 30%, mais ils vont à l'épicerie et trouvent que tout a doublé ou triplé par rapport à quatre ans. »

IRAN 
DECEMBRE 2019

 29 exécutions

Soulèvement national

1500 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 191 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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