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Iran Focus, 6 avril : L’organisation américaine Human Right Watch (HRW) est sous le coup d’une vive controverse en raison des activités peu orthodoxe d’un de ses dirigeants, rapporte le journal britannique The Sunday Times. Marc Garlasco, spécialiste des conflits armés au sein de l’organisation, est aussi un fervent collectionneur de souvenirs du Troisième Reich et l'auteur d’un ouvrage de 400 pages sur ce sujet. Le New York Times rapportait de son coté que Marc Garlasco était également un bloggeur mordu des sites nazis. Il publiait sous le pseudonyme “Flak88” dans lequel il a notamment écrit : « C’est épatant ! Ce veste en cuir SS rafraichit mon sang, c’est si épatant! » Il postait également une photo prise avec sa fille dans lequel on le voit portant un T-shirt avec une croix de fer nazi.  

L’organisation dont la crédibilité a été fortement entamé, a d’abord apporté un soutien complet à son cadre, mais a dû faire volte face en raison de fortes pressions de l’opinion publique américaine. La controverse au sein de HRW a suscité de nombreuses questions sur le fonctionnement et la ligne directrice de l’organisation.

Chaque année, Human Rights Watch publie plus d’une centaine de rapports, sous forme de petit livret, et entre 600 et 700 communiqués de presse, selon Jonathan Foreman du Sunday Times. Certain conflits trouve plus d’écho que d’autre, illustrant une mode d’opération biaisé des dirigeants de l’organisation. Jonathan Foreman relève à cet égard : « Le plus significatif

c’est probablement le fait que le HRW n’a pas publié de rapport sur les violences poste-électorale et la répression en Iran plus de six mois après les élections. Quand j’ai demandé la question à Sarah Leah Whitson, la directrice de la division du Moyen-Orient, elle a dit  que “nous avons une ébauche mais je ne suis pas sûr si je veux la publier”. A la même question, le directeur exécutif Kenneth Roth m’a répondu que le problème pour publier un rapport sur l’Iran c’est qu’il est difficile d’aller dans le pays !

Lorsque j’ai interrogé un spécialiste des question des droits de l’Homme dans une organisation concurrente à Washington [AI], qui a désiré garder l’anonymat, il a affirmé qu’il n’était “pas surpris” que le HRW n’ait pas encore publié de rapport sur les violence en Iran : « Ils réfléchissent sur la manière que cela sera utilisé politiquement à Washington. De plus, ce n’est pas une priorité pour eux puisque l’Iran n’est pas le mauvais gars qu’ils voudraient mettre en relief. Ils n’ont pas le cœur à ça. »

L’attitude de HRW vis-à-vis de l’Iran avait déjà fait l’objet d’une sérieuse controverse en 2005. L’organisation a en effet été liée à une campagne du régime iranien pour ternir l’image du mouvement d’opposition des Moudjahidine du Peuple (OMPI)  et empêcher son retrait de la liste américaine des organisations terroristes. L’organisation humanitaire qui rapporte rarement sur les exactions commises en Iran, a alors publié un rapport de 28 pages sur l’OMPI qui a fait scandale. Il comportait des accusations graves à l’encontre de l’OMPI, établies sur la base de seulement 12 heures d’interview avec des personnes qui se sont avéré être des éléments au service du ministère iraniens des renseignements (VEVAK), qui se faisaient passer pour d’anciens membres du mouvement. A ce moment cette organisation n'a pas jugé nécessaire d'aller sur place à Achraf dans le camp de l'OMPI pour enquêter et a même décliné l'invitation du mouvement à visiter le camp des opposants.

 De plus, elle n’a jamais demandé à interroger le mouvement sur les faits qui lui sont reprochés. Cependant il vient dire que l’absence de rapport sur l’Iran est dû à l’impossibilité de pouvoir visiter le pays. De plus il est intéressant de savoir que l’auteur du rapport mentionné était à l’époque membre du comité de direction d’une organisation irano-américaine (American Iranian Council) actif dans le lobbying au profit du régime iranien.

Les organisations de défenses des droits de l'homme avaient alors trouvé la procédure d'HRW peur orthodoxe. Un contre-rapport de parlementaires européens qui sont allés sur place a relevé de très nombreuses anomalies et même des mensonges extrêmement graves dans le rapport publié par HRW. Il n'était en fin de compte qu’une répétition de la propagande officielle du régime iranienne sur son  opposition. A cet époque on pouvait s'interroger comment HRW a pu faire confiance au téléphone à des individus qui déjà étaient dénoncé dans des rapports sérieuses comme étant des agents au service du ministère des renseignements iraniens?

Illustrant les motivations politiques derrière le rapport, lié à la monté des appels en faveurs du retraits de l’OMPI de la liste terroriste, un responsable du HRW déclarait : « Le gouvernement iranien présente un historique catastrophique en matière de respect des droits de l’Homme, cependant, soutenir un groupe d’opposition responsable de violation graves des droits de l’homme serait une erreur. »

Le lendemain de la publication du rapport de HRW, Gary Sick, chef du comité consultatif pour le Moyen-Orient de HRW, envoyait un e-mail à la liste d’adresse de « Gulf 2000 », exposant l’objectif réel du rapport. Cet e-mail affirmait : « Les accusations de Human Rights Watch contre l'Ompi arrivent juste à temps pour l’examen du H.R. 282/S. 333, la loi de soutien à la liberté en Iran (Iran Freedom Support act) proposée par la représentante Ileana Ros-Lehtinen (républicaine de Floride) et le sénateur Rick Santorum (républicain de Pennsylvanie). Le rapport de Human Rights Watch sur l'Ompi semblerait vouloir leur retirer tout financement en vertu des dispositions du projet de loi ».

Gary Sick, a été pendant deux décennies un apologiste connu du régime au pouvoir en Iran, a déclaré à l’agence de presse officielle Fars le 17 juin 2005 : « Le cours des élections présidentielles en Iran est sain et surprenant. A mon avis, les élections présidentielles actuelles sont menées de manière très active. Les candidats soulèvent des questions en rapport avec le passé et je les suis de très près ». Il a ajouté : « Un grand nombre de questions soulevées dans ces élections n’ont jamais été posées auparavant, ce qui rend ces élections très intéressantes ».

Le fait que HRW n’est pas publié de rapport sur les violences en Iran, six mois après les élections frauduleuses, jette la lumière sur les motivations des auteurs du rapport controversé sur l’opposition. Un rappel que les lobbies du régime ne sont pas en reste.

IRAN 
DECEMBRE 2019

 29 exécutions

Soulèvement national

1500 manifestants tués

4000 blessés

12.000 arrestations

dans 191 villes insurgées

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions; Octobre: 23 exécutions; Novembre: 15 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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