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le pont "si-o-seh-Pol" d'Ispahan, et le lit du Zayandeh-roud à sec en Iran

Le pont "si-o-seh-Pol" d'Ispahan, et le lit du Zayandeh-roud à sec en Iran

Iran Manif – « Nous sommes à 2 km du fleuve Zayandeh-Roud, explique un journaliste de la télévision officielle en Iran dans un reportage à la mi-août sur la crise de l’eau dans la province d’Ispahan, mais la majorité des gens d’ici sont confrontés à la pénurie d’eau et 98% des hommes de ce village qui sont des agriculteurs ont été contraints d’arrêter de travailler ».

Hossein-Ali Hadji Dailgani, le député de la ville de Chahine-Chahr voisine a porté la crise de l’eau au parlement des mollahs, le Majlis. « Je demande au ministre de l’intérieur de mettre en place au plus vite une cellule de crise pour le problème de l’eau de la province d’Ispahan, sinon il faudra déplacer 5 millions de personnes. » Cependant ce député n’a pas dit qui dans le régime des mollahs avait siphonné l’eau de la province et plongé une grande partie de ses habitants dans la misère.

Ce problème n’est pas apparu en une nuit. C’est le résultat d’une politique irresponsable et destructrice d’un régime qui quarante années durant a dilapidé les richesses de l’Iran ou les a exportées vers d’autres pays pour remplir les poches de la classe dirigeante et de ses enfants. Les « Agahzadeh », enfants d’ayatollahs et de pontes au pouvoir, sont décriés et honnis par les Iraniens pour les sommes astronomiques qu’ils ont détournées et placées à l’étranger, ainsi que pour la vie scandaleusement luxueuse qu’ils affichent, en particulier aux … Etats-Unis.

Il est bon de rappeler à ce sujet que 80% de la population en Iran vit sous le seuil de pauvreté.

On se souvient des manifestations de paysans à Varzaneh puis d’une semaine de manifestations des agriculteurs à Ispahan au début de l’année qui protestaient contre le manque d’eau.   « Nous avons droit à l'eau », « nous avons faim », criaient-ils, « c’est un jour de deuil », scandaient les femmes. Sans eau, pas de travail, pas de revenus, mais aussi une désertification avancée. La répression avait été féroce, traduite par de nombreuses rafles dans les exploitations agricoles.

Colère paysanne à Varzaneh en Iran début 2018, pour récamer le droit à l'eau

Colère paysanne à Varzaneh en Iran début 2018, pour récamer le droit à l'eau

Injustice 

Malgré tous leurs efforts et toutes leurs plaintes, les agriculteurs majoritaires dans cette province, ont fait figure de ballon de football entre les divers organes officiels et les autorités qui se rejettent mutuellement la responsabilité de la crise.

« Monsieur Mohammadi, demande un journaliste à un agriculteur mécontent, si vous voulez résumer la source des problèmes dont vous souffrez en un mot, que diriez-vous ? » La réponse est limpide : « L’injustice ». L’homme poursuit à la télévision officielle : « C’est l’injustice qui a causé la situation actuelle dans notre région. Une terre qui depuis des milliers d’années était irriguée sans consommer d’énergie, vous voyez qu’aujourd’hui elle se transforme en désert.

Bannière d'agriculteurs d'Ispahan réclamant leur droit à l'eau 

« Si vous me demandez à qui nous l’avons dit, je vous répondrai : on l’a dit au premier vice-président de la république Jahanguiri, la semaine dernière on a parlé au président du Majlis Laridjani. On a parlé six fois ces deux derniers mois avec le ministre de l’Energie, on leur apporté des documents, des preuves. On est allé le voir. »

A propos de cette crise de l’eau à Ispahan, un expert du régime a expliqué : « les gouverneurs ne se sont pas limité à l’industrie de l’habillement, ils voulaient aussi de la sidérurgie et de la pétrochimie. Alors ils les ont montées, alors que ce genre d’industries à l’étranger sont construite près de la mer. Ispahan aussi s’est mis à installer ces industries dans un rayon de 50 km. »

Ces projets étaient majoritairement aux mains du corps des gardiens de la révolution et les pillards au pouvoir. La population d’Ispahan n’est pas restée silencieuse et réclame régulièrement dans des manifestations son droit à l’eau. Sachant que ce régime aggravera sa situation, désormais elle n’hésite plus à crier « A bas la dictature », comme dans les protestations du 31 juillet, appelant à un changement de régime.

 

IRAN 
Novembre 2018

  14 exécutions

(Janvier: 22 exécutions, février: 17 exécutions, mars: 12 exécutions, avril: 33 exécutions, mai: 19 exécutions, juin: 17 exécutions, juillet: 40 exécutions, aout : 28 exécutions; septembre : 33 exécutions; octobre : 25 exécutions)

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En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 : 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions