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Par Sam Dagher

The Wall Street Journal, 1er décembre – Des câbles diplomatiques divulgués ont fourni de nouveaux renseignements sur l'évaluation des Etats-Unis à propos de la façon dont le Corps des gardiens de la Révolution pousse l’influence de Téhéran en Irak depuis l’invasion américaine en 2003.

La mort de l’ennemi numéro un, Saddam Hussein, avec lequel Téhéran a combattu pendant huit ans dans les années 1980, a offert aux Iraniens une opportunité sans précédent et ils semblent en avoir profité dès le premier jour.

D’après une dépêche de l’ambassade américaine à Bagdad datant du mois d’avril 2009, la direction de la Forces Qods – le bras paramilitaire et d’espionnage des gardiens – « a profité du vide » laissé après la chute du régime de Saddam Hussein pour commencer à envoyer des agents en Irak au moment où « on accordait peu d’attention à l’Iran ». Ce câble faisait partie d’un trésor de communications diplomatiques classées des Etats-Unis rendu public par Wikileaks.

D’après une communication de Bagdad au mois de décembre 2009, les premières priorités des agents iraniens comprenaient entre autres l’assassinat d’anciens pilotes de chasse irakiens qui avaient effectué des excursions contre l’Iran pendant la guerre Iran-Irak. Selon l’information, à la fin de l’année dernière, 180 pilotes avaient été tués.

Mais les télégrammes suggèrent que les objectifs plus généraux de l’Iran ont été l’instauration « d’un Etat iranien économiquement dépendant et politiquement soumis » et le discrédit de ses rivaux, en partie par des moyens paramilitaires.

L'ambassadeur d'Iran en Irak, Hassan Danaï-Far, a nié dans une récente interview que l'Iran s’immisçait dans les affaires irakiennes ou soutenait les milices.

Selon une autre dépêche de Bagdad datée de Novembre 2009, depuis 2003, le commandant de la Force Qods, le général Qassem Soleimani, a été « l'homme principal dirigeant l'élaboration et la mise en œuvre » de la politique du gouvernement iranien en Irak, «étant la deuxième autorité juste après »  le guide suprême du pays, l'ayatollah Ali Khamenei.

D’après la même dépêche, le général Soleimani « emploie toute la panoplie d’outils diplomatiques, de sécurité, de renseignements et économiques pour influencer les alliés et les détracteurs dans le but de façonner un régime davantage pro-iranien à Bagdad et dans les provinces », par le biais de ses officiers et de ses « agents irakiens ».

Une dépêche d’octobre 2008 provenant du Bureau américain de Présence Régionale de l’Iran dans l' émirat du Golfe arabique de Dubaï rapporte que certains agents de la Forces Qods sont entrés en Irak sous le couvert d'organismes de bienfaisance ou du Croissant-Rouge iranien - version islamique de la Croix-Rouge.

Le télégramme, qui cite comme source « un Iranien ayant des informations détaillés sur le Croissant Rouge du pays », rapporte que l’organisation a signé un contrat avec des sociétés affiliées aux gardiens de la révolution pour construire des cliniques à Bagdad et dans les villes à majorité chiite de Bassora, Hilla, Karbala et Najaf dans le sud. Les cliniques ont été utilisées « pour des soins, mais aussi comme entrepôts de matériel militaire ou comme bases militaires si nécessaire ».

D'autres agents iraniens sont entrés comme diplomates, notamment certains auraient été aussi haut placés que l'ancien ambassadeur de Téhéran en Irak Hassan Kazemi-Qomi, qui est décrit comme "un associé" de la Force Qod dans la dépêche en novembre 2009. Son successeur, M. Danaï-Far a été commandant des forces navales des gardiens de la révolution.

Selon plusieurs dépêches, en plus de l'entraînement, du financement et de l'armement des milices chiites en Irak impliquées dans l'attaque des intérêts américains, le général Soleimani a supervisé une aide au développement économique en Irak, et la promotion d'échanges bilatéraux qui ont atteint un niveau annuel d'environ 4 milliards de dollars à la fin de l'année 2009. Il a aussi prévu l'approfondissement du "soft power" iranien à travers des activités telles que la rénovation des sanctuaires chiites vénérés d'Irak par des entreprises appartenant aux gardiens de la révolution.

Le commandant iranien jouit aussi « de liens étroits de longue date » avec plusieurs hautes autorités irakiennes comme le président Jalal Talabani et le Premier Ministre Nouri Al-Maliki, rapporte une dépêche de Bagdad.

Le câble de novembre 2009 déclare que l'Iran donne des paiements en espèces à des "représentants irakiens" comprenant des partis politiques actuellement au pouvoir. Bien qu'il dise que les chiffres exacts soient inconnus, l'aide financière de Téhéran est estimée dans les télégrammes entre 100 millions et 200 millions de dollars par an, avec selon les estimations 70 millions de dollars allant au parti du Conseil suprême islamique d'Irak (CSII), fondé en Iran avant la chute de Saddam Hussein.

Bassem al-Awadi,  porte-parole du CSII, a démenti les télégrammes qu’il appelle des "opinions", et affirmé que son parti a prouvé son "indépendance" récemment en résistant à la pression iranienne pour le retour de M. Maliki à un second mandat. M. Maliki, un chiite dévôt entretient des relations difficiles avec l'Iran, mais sa position lui a apporté le soutien de Téhéran.

Dans un télégramme, des diplomates américains à Bagdad disent que la susceptibilité des dirigeants irakiens sur le fait d’être considérés comme les « laquais des Iraniens », finira par limiter l'influence de l'Iran en Irak.

Même si les deux pays sont majoritairement chiites, ils embrassent des traditions cléricales opposées. Le révéré Grand ayatollah chiite Ali al-Sistani est de naissance iranien mais rejette les règles religieuses d'Iran.

Un, télégramme faisant suite à une visite de diplomates américains au siège de Sistani à Najaf l'an dernier a déclaré que l'imam reclus avait interdit personnellement l'inscription d'étudiants iraniens à des séminaires dans la ville afin d'éviter une infiltration des gardiens de la révolution.
 

IRAN 
OCTOBRE 2019

 16 exécutions

Janvier: 39 exécutions; Février: 7 exécutions; Mars: 16 exécutions ; Avril: 28 exécutions; Mai: 5 exécutions; Juin: 22 exécutions; Juillet: 38 exécutions; Aout: 40 exécutions; Septembre: 18 exécutions

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En 2018 = 293 EXECUTIONS

En 2017 = 544 EXECUTIONS

En 2016 = 553 EXECUTIONS

En 2015 : 966 exécutions

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