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Iran Manif - Le Sénégal a rappelé son ambassadeur en Iran en reprochant à Téhéran de n'avoir pas fourni d'explications "satisfaisantes" sur "l'affaire de la cargaison d'armes" découvertes en octobre au Nigeria et destinées à la Gambie, selon un communiqué publié mercredi.

Selon la presse sénégalaise, Dakar redoute que cette cargaison d'armes pour la Gambie, petit pays enclavé dans le Sénégal, ait été, en fait, destinée à la rébellion indépendantiste dans le sud du Sénégal, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères rappelle, dans son communiqué, que Dakar avait exprimé ses graves préoccupations "suite à l'arraisonnement, le 31 octobre 2010 à Lagos d'un navire en provenance de la République Islamique d'Iran et à destination de la Gambie, transportant une cargaison de 13 conteneurs remplis d'armes de diverses catégories, y compris des munitions pour armes lourdes".

"Le Sénégal, fidèle aux exigences de paix et de sécurité qui doivent gouverner les relations entre Etats et estimant que les explications fournies sur cette affaire par la partie iranienne ne sont pas satisfaisantes, a décidé de rappeler en consultation son ambassadeur", indique le ministère.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Monouchehr Mottaki était venu à Dakar, dimanche et lundi, notamment pour porter "un message d'explications des autorités iraniennes sur l'affaire de la cargaison d'armes", selon la même source.

M. Mottaki a été limogé abruptement lundi par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui n'a donné aucune explication.

Ces dernières années, les présidents sénégalais et iranien, Abdoulaye Wade et Mahmoud Ahmadinejad, avaient resserré les liens diplomatiques et économiques entre leurs deux pays.

Depuis 2008, des voitures sont notamment montées à Thiès (70 km de Dakar), dans une usine sénégalo-iranienne dont l'actionnaire majoritaire est le constructeur iranien Iran Khodro.
De son côté, le président sénégalais Abdoulaye Wade a à plusieurs reprises affirmé son "soutien à l'Iran" dans le dossier du nucléaire.

L'Iran, condamné en juin pour la sixième fois par le Conseil de sécurité de l'ONU, est depuis l'été sous le coup de sanctions économiques internationales sévères, notamment des pays Occidentaux qui soupçonnent Téhéran de chercher, malgré ses démentis répétés, à se doter de l'arme atomique.

Quant à la Gambie dirigée par Yahya Jammeh, elle avait déjà annoncé le 22 novembre la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran. Une source proche de la présidence gambienne avait expliqué que cette rupture était liée à une polémique sur la mystérieuse livraison d'armes de Téhéran vers Banjul, sans autre explication.

Le Nigeria avait informé le 12 novembre le Conseil de sécurité de l'ONU de la découverte de cette cargaison illégale d'armes et de munitions dans le port de Lagos.

A Téhéran, un député iranien, Alaeddine Boroujerdi, a confirmé que les armes étaient bien destinées à la Gambie, une entreprise iranienne ayant "signé un contrat de vente d'armes voici plusieurs années".

(AFP)