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Iran Manif - Des dizaines de milliers de Libanais ont manifesté dimanche à Beyrouth contre l'arsenal du Hezbollah, à l'occasion du 6e anniversaire de la "Révolution du Cèdre" déclenchée après le meurtre de Rafic Hariri dans lequel le puissant parti chiite s'attend à être mis en cause. "Le peuple veut faire tomber les armes (du Hezbollah)", scandait la foule, rassemblée sous haute sécurité sur la place des Martyrs au centre-ville, en écho au slogan des révoltes arabes, et portant des pancartes proclamant "Non à l'oppression", "Non aux assassinats", "Non au diktat des armes".

Ce rassemblement monstre répondait à un appel du Premier ministre en exercice Saad Hariri, fils du dirigeant assassiné, dont le Hezbollah a fait tomber le cabinet le 12 janvier.

Le mouvement chiite, un allié de la Syrie et de l'Iran, est accusé d'avoir fait tomber le gouvernement de Saad Hariri "sous la pression des armes", après avoir tenté en vain d'obtenir de lui de cesser toute coopération avec le tribunal de l'ONU en charge d'enquêter sur le meurtre de son père.

Le Hezbollah accuse le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) d'être "à la solde d'Israël et des Etats-Unis".

"Nous sommes là pour annoncer une deuxième Révolution du Cèdre jusqu'à la disparition du mini-Etat et de l'installation de l'Etat" de droit, a lancé le leader chrétien Samir Geagea, l'un des ténors du camp mené par Saad Hariri et appuyé par l'Occident et l'Arabie saoudite.

La "Révolution du Cèdre" déclenchée dans la foulée de l'assassinat de Rafic Hariri et marquée par d'importantes manifestations avait contraint la Syrie voisine de retirer ses troupes du pays après 30 ans de tutelle politique et militaire.

"Nous ne permettrons pas que notre destin soit entre les mains des autres. Nous ne voulons pas que le Liban soit au service de l'Iran", ajouté M. Geagea.

"Non aux armes, oui à la vie. Je participe à ce rassemblement parce que la situation est devenue intenable. Avec les armes (du Hezbollah), il n'y a plus d'Etat et nous, nous voulons l'Etat", affirme à l'AFP Adnane Antar, 65 ans, venu de Tripoli (nord).

"Cet arsenal illégal doit être interdit", assure de son côté Salim Eid, un chrétien de 46 ans.

Pour Mira, partisane de 22 ans de Saad Hariri, ce sont la vérité sur l'assassinat de Rafic Hariri et le TSL qui sont visés. "Nous ne permettrons pas cela. Si le Hezbollah ne veut pas abandonner son arsenal, que nos leaders nous donnent des armes pour que nous-mêmes en finissons avec cet arsenal".

Seul mouvement libanais à ne pas avoir déposé les armes après la guerre civile (1975-1990), le Hezbollah, qui prône la lutte contre Israël, estime que son arsenal est nécessaire pour défendre le pays, tandis que le camp Hariri estime que c'est l'Etat qui doit détenir le monopole des armes.

Vendredi, M. Hariri a laissé entendre que le Hezbollah avait "peur" de la vérité sur l'assassinat de son père le 14 février 2005 à Beyrouth, affirmant que l'arsenal ne lui "servirait à rien face à la vérité".

Le TSL doit rendre un acte d'accusation dans lequel des membres du parti chiite seraient désignés, selon de nombreux médias occidentaux.
Une éventuelle implication du Hezbollah dans ce meurtre qui a divisé Liban en deux camps, fait craindre une résurgence des violences notamment à caractère confessionnel entre les partisans du parti chiite et ceux du sunnite Saad Hariri.

En 2008, des heurts les avaient déjà opposés pendant une semaine faisant une centaine de morts.

(AFP)