Share this post

Submit to DeliciousSubmit to DiggSubmit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to StumbleuponSubmit to TechnoratiSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Iran Manif - Le Caire a annoncé dimanche l'expulsion d'un diplomate iranien soupçonné d'espionnage, une affaire qui jette une ombre sur les délicats efforts de rapprochement avec Téhéran engagés depuis le changement de régime en Egypte.

Le diplomate, arrêté il y a quelques jours au Caire, a été interrogé dimanche par le Parquet de sûreté de l'Etat, puis relâché après confirmation de son statut diplomatique. Il doit être expulsé sous 48 heures, ont indiqué les services de sécurité égyptiens.

A Téhéran, le ministre iranien des Renseignements, Heydar Moslehi, a déclaré que "les Egyptiens ont libéré le diplomate iranien deux heures après l'avoir arrêté en présentant des excuses", selon l'agence officielle iranienne Irna.

Le diplomate, Qassem al-Hosseini, travaille à la section d'intérêts iraniens au Caire, qui représente Téhéran en l'absence de relations diplomatiques formelles, a indiqué l'agence officielle égyptienne Mena.

M. Hosseini est accusé "d'espionnage au profit d'un Etat étranger (l'Iran) dans le but de nuire aux intérêts de l'Egypte" selon l'agence.

Selon l'enquête préliminaire, le diplomate rassemblait "des informations sur l'Egypte concernant les derniers évènements que le pays a vécus et les conditions qu'il traverse, puis il les envoyait aux services de renseignement iraniens".

La section d'intérêts iranienne avait démenti son arrestation, avant l'annonce de l'expulsion.

M. Hosseini "se trouve dans l'ambassade au moment où je vous parle. Il ne s'est rien passé de la sorte, il n'a pas été arrêté", avait affirmé à l'AFP un responsable de la section qui a souhaité ne pas être identifié.

L'AFP a demandé à parler à M. Hosseini mais il n'a pu être joint.

La chaîne iranienne en arabe Al-Alam avait elle aussi assuré que le diplomate "est actuellement à son poste et travaille normalement" à la section d'intérêts au Caire. "Nous suivons l'affaire", avait-elle ajouté, sans autres précisions.

L'Iran a rompu ses relations diplomatiques avec le Caire en 1980, après la révolution islamique, pour protester contre la conclusion en 1979 d'un accord de paix entre l'Egypte et Israël.

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak, comme de nombreux autres dirigeants arabes, nourrissait une forte défiance envers Téhéran, vu comme un élément déstabilisateur au Moyen-Orient.

Depuis sa chute le 11 février, Le Caire et Téhéran sont engagés dans des efforts de rapprochement et des promesses d'oeuvrer à une normalisation diplomatique, qui n'ont jusqu'ici pas abouti.

L'Egypte s'est dite prête à ouvrir "une nouvelle page" avec l'Iran, qui l'a appelée de son côté à faire un "pas courageux" pour rétablir les relations diplomatiques.

Le nouveau pouvoir égyptien juge anormal que l'Egypte n'ait pas de relations diplomatiques avec Téhéran, ce qui le met dans la même situation qu'Israël et les Etats-Unis alors que des pays comme les monarchies du Golfe, très hostiles au réchauffement égypto-iranien, ont de telles relations.

Dans le même temps, Le Caire souhaite ménager ses riches partenaires arabes du Golfe très inquiets face aux ambitions régionales de l'Iran.

Le chef de la diplomatie égyptienne Nabil al-Arabi, lors d'une rencontre avec son homologue iranien Ali Akbar Salehi mercredi dernier à Bali en marge d'une réunion des non-alignés, a souligné que Le Caire souhaitait ouvrir "un nouveau chapitre avec tous les pays".

Mais il a aussi indiqué que le rétablissement de relations diplomatiques normales n'était pas à l'ordre du jour de son gouvernement de transition, en déclarant que le dossier serait examiné par le prochain Parlement, qui sera élu en septembre.

Fin avril, le Premier ministre égyptien, Essam Charaf, en visite au Koweït, avait tenu à rassurer les pays du Golfe en affirmant qu'une normalisation des relations de son pays avec Téhéran ne nuirait pas à leur sécurité.

(AFP)