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Al Arabiya news, 18 octobre - Le citoyen irano-américain Manssor Arbabsiar a plaidé coupable mercredi d’avoir comploté avec l'armée iranienne pour tuer l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis.

Comparaissant devant la cour fédérale de New York, où il sera jugé en janvier, l'Irano-américain s’est lancé dans un plaidoyer de culpabilité surprenant. Il risque jusqu'à 25 ans de prison à sa condamnation, qui a été fixée pour le 23 janvier.
 
Le juge John Keenan a demandé à Arbabsiar : « Est-il vrai que du printemps 2011 à l'automne 2011, vous et vos co-conspirateurs ... qui étaient des responsables de l'armée iranienne, vous vous êtes mis d’accord pour provoquer l'assassinat de l'ambassadeur saoudien aux Etats-Unis ? »

« Oui », a-t-il répondu, plaidant coupable pour les  trois chefs d'accusation.
 
Arbabsiar a été arrêté en septembre l'année dernière à l’aéroport international John F. Kennedy de New York, déclenchant un drame juridique et diplomatique majeur entre Washington et Téhéran, en pleines relations déjà tendues.
 
Il a été accusé avec son co-inculpé Gholam Shakuri, un membre éminent de l'élite des Gardiens de la Révolution iranienne, la « Force Qods », qui est toujours en fuite.

Arbabsiar a dit qu’ils ont essayé d'embaucher un trafiquant de drogue mexicain pour 1,5 million de dollars, d'abord pour enlever l'envoyé saoudien, puis dans un changement de plan, pour le tuer dans l’explosion d’un restaurant qu'il fréquentait à Washington.
 
Il s'était arrangé pour faire envoyer 100.000 $ aux États-Unis comme une mise de fonds, sans réaliser que l'assassin présumé qu’il avait recruté travaillait en fait pour les autorités américaines.

« Au Mexique, nous avons embauché un homme dit « Junior »qui s'est avéré être un agent du FBI », a dit Arbabsiar au tribunal, bien que les responsables disent que «Junior» était en fait un informateur de la brigade des stupéfiants, pas du FBI.
 
Homme frêle à la barbe grise et une énorme cicatrice sur la joue, Arbabsiar a été amené dans et hors de la salle d'audience menottes aux poignets et maintenu sous étroite surveillance alors qu'il était assis à une table avec ses avocats.
 
L'ancien vendeur de voiture au Texas, à la barbe grise et en uniforme bleu marine et orange de la prison, semblait nerveux et a trébuché à plusieurs reprises dans ses réponses au cours de la procédure de plaidoyer.

Questionné sur son âge, il a eu l'air confus en disant : «58 ans, je pense."
 
Quand Keenan a fait pression sur lui pour qu’il confirme clairement qu'il avait l'intention d'assassiner le diplomate saoudien, Arbabsiar a finalement dit : «Non, Oui, oui.”
 
Tout au long, Arbabsiar a alterné des regards inquiets jetés autour de la salle d'audience et à plusieurs reprises des sourires, y compris aux agents assis aux côtés des procureurs.

Dans la perspective de ce qui aurait été le procès, l'accusé a subi une évaluation psychologique. Cependant, l’avocat de la défense Sabrina Shroff a dit mercredi au tribunal que rien n'avait été trouvé pour retarder le plaidoyer.
 
«Nous ne connaissons rien qui puisse poser un problème," dit-elle.

Le procureur général Eric Holder a déclaré : « La neutralisation de ce complot doit servir à rappeler les efforts exceptionnels de nos agent de l’application de la loi et du renseignement dans la protection de l'Amérique contre les attaques terroristes ".
 
Directeur adjoint du FBI Mary Galligan a déclaré que le complot dans la capitale américaine avait menacé non seulement l'ambassadeur, mais que des  « vies innocentes auraient été perdues et le moral national  endommagé».

« D'autres, qui croient pouvoir réaliser ou même essayer de planifier ces complots effrontés devraient être avisés : le FBI reste toujours vigilant vis-à-vis du terrorisme ici comme à l'étranger », a déclaré Galligan.
 
L'Iran a fermement nié toute implication dans ce que les États-Unis présentent comme un complot de la Force Qods, unité secrète d’action extérieure de l’Iran, pour tuer l'ambassadeur.

Lors d'un vote largement symbolique en novembre dernier, l'Assemblée générale des Nations Unies a exigé que l'Iran coopère avec l'enquête américaine sur le complot.