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AFP, 8 janvier - L'Irak a décidé de fermer sa frontière avec la Jordanie à la suite des manifestations antigouvernementales qui bloquent depuis près de deux semaines l'autoroute reliant Bagdad au royaume jordanien, a annoncé mardi un responsable militaire irakien.

"Nous avons reçu aujourd'hui (mardi) des ordres du ministère de la Défense pour fermer le poste-frontière à cause des manifestations qui continuent de bloquer l'autoroute", a déclaré ce responsable militaire de haut rang, sous couvert de l'anonymat.

Il faisait allusion aux manifestations dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar (ouest), où les protestataires empêchent la circulation sur l'autoroute principale menant à la Jordanie et au voisin syrien.

Ces manifestants réclament la libération de prisonniers sunnites et l'abrogation de la loi antiterroriste, utilisée selon eux par le gouvernement dominé par les chiites pour s'en prendre à la communauté sunnite.

A Amman, l'agence officielle Pétra a annoncé que les autorités irakiennes avaient informé le royaume de leur intention de fermer le poste-frontière de Treibil à partir de mercredi à 06H00 locales (03H00 GMT) pour des "raisons qui leur sont propres".

La Sécurité jordanienne a appelé les voyageurs et les routiers à ne pas se rendre à la frontière tant que les autorités irakiennes n'auraient pas annoncé officiellement sa réouverture, a ajouté Pétra.

Le poste-frontière de Treibil est le seul passage entre l'Irak et la Jordanie, par où transite surtout le pétrole irakien à destination du royaume qui importe 10.000 barils par jour de chez son voisin à un prix inférieur à celui du marché.

Le gouvernement du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, accusé depuis plus d'un an par ses détracteurs d'accaparer le pouvoir, fait face depuis plusieurs semaines à un important mouvement de contestation dans les provinces sunnites du pays.

Ce mouvement a été ravivé par l'arrestation le 20 décembre de neuf gardes du ministre des Finances Rifaa al-Issawi, un sunnite membre du bloc d'opposition laïc Iraqiya, critique de M. Maliki.

Le mouvement de protestation a reçu l'appui du puissant chef chiite radical Moqtada al-Sadr et de ministres kurdes.