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Résumé par l’eurodéputé Struan Stevenson

9 janvier 2013 - Un récent rapport d'investigation du Pentagone et du département Fédérale de Recherche de la Bibliothèque du Congrès américain, fait des révélations frappantes sur l'étendue des activités du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (Vevak) contre les opposants, en particulier les efforts pour discréditer la principale opposition, l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI).

Rapport sur le ministère du Renseignement et de la Sécurité de l'Iran :

Le texte souligne : « Le ministère du Renseignement et de la Sécurité (vevak) emploie tous les moyens à sa disposition pour protéger la révolution islamique d'Iran, utilisant des méthodes telles que l'infiltration au sein des groupes d'opposition, la surveillance des menaces intérieures et de l’opposition  en exil, l'arrestation de prétendus espions et opposants, la divulgation de complots considérés comme menaçants, ainsi que le maintien des liaisons avec d'autres services de renseignement étrangers tout comme avec des organisations protégeant les intérêts de la République islamique à travers le monde. »

Le rapport poursuit : « Conformément à la constitution iranienne, toutes les organisations doivent partager les informations avec le ministère du Renseignement et de la Sécurité. Le ministère supervise toutes les opérations secrètes. Il mène généralement les opérations internes lui-même, mais la Force Qods du corps des gardiens de la révolution prend en main la plupart des opérations extraterritoriales telles que le sabotage, les assassinats et l'espionnage. Bien que la Force Qods opère en toute indépendance, elle partage les informations qu'elle recueille avec le Vevak. »

« Le gouvernement iranien considère les Moudjahidine du Peuple comme l'organisation qui menace le plus la république islamique d'Iran. L'une des principales responsabilités du ministère du Renseignement et de la Sécurité est de mener des opérations secrètes contre les Moudjahidine du peuple afin d'identifier et d'éliminer ses membres. D'autres opposants iraniens tombent également sous la juridiction du ministère. »

« Le ministère dispose également d'un Bureau de la Désinformation, chargé de créer et de mener une guerre psychologique contre les ennemis de la république islamique. »

Ailleurs le rapport souligne : « Le Vevak a recruté d'anciens membres de l'OMPI en Europe et les a employés pour lancer une campagne de désinformation contre l'OMPI. »

« Après la guerre du Golfe de 1991 contre l'Irak, le Vevak a placé la guerre psychologique contre l'OMPI en tête de ses objectifs prioritaires, mais l'OMPI est néanmoins restée une organisation viable. »

Le rapport a également identifié deux agents du Vevak opérant de l'étranger, et explique comment ils ont été recrutés et entraînés par le Vevak à Téhéran pour diriger une campagne de diabolisation notamment en lançant un site diffamatoire contre l'OMPI : Iran-Interlink.

« Le recrutement d'une ressortissante britannique, Ann Singleton, et de son époux iranien, Massoud Khodabandeh, fournit un exemple pertinent de la manière dont le Vevak contraint les non-Iraniens à coopérer. Elle a travaillé avec l'OMPI à la fin des années 1980. Massoud Khodabandeh et son frère Ibrahim étaient tous deux membres de l'OMPI à l'époque. En 1996, Massoud Khodabandeh a décidé de quitter l'organisation. Plus tard, il a épousé Ann Singleton. Peu après leur mariage, le Vevak les a forcés à coopérer en menaçant de confisquer les vastes biens à Téhéran de la mère de Khodabandeh. Singleton et Khodabandeh ont alors accepté de travailler pour le Vevak et d'espionner l'OMPI. En 2002, Singleton a rencontré à Téhéran des agents du Vevak qui étaient intéressés par son passé. Elle a accepté de coopérer avec le Vevak pour sauver la vie de son beau-frère – il était encore membre de l'OMPI à l'époque. Durant son séjour à Téhéran, elle a reçu un entraînement de Vevak. Après son retour en Angleterre, elle a lancé le site internet Iran-Interlink pendant l'hiver 2002. Après plusieurs voyages en Iran et à Singapour – le pays dans lequel l'organisme contacte ses agents étrangers – l'OMPI est devenue suspicieuse quant à la loyauté de Singleton et de Khodabandeh envers l'organisation. En 2004, Singleton a finalement rencontré son beau-frère Ibrahim, qui avait été envoyé de Syrie en Iran après que son arrestation par les Syriens (il semble que les Syriens collaborent étroitement avec le Vevak). Finalement, le Vevak l'a forcé lui aussi à coopérer. »

Ce rapport prouve plusieurs points :
1. La prétention selon laquelle l'OMPI est un groupe insignifiant ou qu'elle n'a pas de soutien à l'intérieur de l'Iran est un mythe.
2. L'OMPI a toujours été et reste la plus sérieuse menace pour le régime iranien et par conséquent la suppression de l'OMPI a toujours été et reste une priorité pour les services du renseignement iraniens.
3. Le régime iranien est la source de toute désinformation contre l'OMPI.

Il montre également que contrairement aux directives officielles de l'UE adoptées en 1999, les agents connus de l'Iran ont bénéficié d'une liberté d'activité en Europe. À la lumière de ces récentes révélations, il est grand temps que les États membres de l'UE entreprennent des actions juridiques contre les agents connus de l'Iran et les expulsent de leur sol. Le fait que le rapport révèle que « la Force Qods du corps des Gardiens de la révolution prend en main la plupart des opérations extraterritoriales comme le sabotage, les assassinats et l'espionnage » est extraordinaire.

Le rapport continue en disant : « L'une des principales responsabilités du ministère du Renseignement et de la Sécurité est de mener des opérations secrètes contre l'Organisation des Moudjahidine du Peuple pour identifier et éliminer ses membres. »

Ces allégations, contenues dans un rapport officiel du Pentagone, montrent très bien que la Force Qods et le Corps des gardiens de la révolution iranien, ensemble avec le Vevak qui contrôle leurs activités, sont impliqués dans des complots pour tuer des citoyens et des résidents de l'UE. Celles-ci fournissent assurément des raisons pour une action de police immédiate dans les États membres de l'UE.

Struan Stevenson, eurodéputé
Président de l'intergroupe des Amis d'un Iran Libre
Parlement Européen, Bruxelles

Contexte et historique utiles :
Le rapport annuel du Bureau Fédéral pour la Protection de la Constitution de l'Allemagne (BfV) publié en septembre 2012 stipule : « Le principal devoir du Vevak est de surveiller et de garder un œil sur les groupes d'opposition à l'intérieur comme l'extérieur du pays. Les activités d'espionnage du régime iranien contre l'Allemagne sont principalement menées par le Vevak. Un autre principal sujet des activités d'espionnage de ce régime comprend l'identification des opposants exilés parmi les communautés iraniennes vivant en Allemagne dont le chiffre s'élève à plus de 50 000 personnes. À cet égard, l'organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI) et le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) sont spécifiquement au centre des activités d'espionnage du régime iranien. »

Dans Ennemis des Ayatollahs, publié en 2004, Mohammad Mohadessine écrit : « La campagne de propagande du régime des mollahs contre ses opposants était originellement calquée, dans une large mesure, sur les activités et le mode opératoire du département de la désinformation de l'ancien KGB soviétique. Les instructeurs étrangers, qui avaient entraîné des agents opérationnels iraniens à la « guerre psychologique » et aux techniques de propagande au début des années 1980 étaient principalement issus des pays du bloc de l'Est. De nombreux membres des gardiens de la révolution et du ministère du Renseignement qui ont pris de l'importance dans la seconde moitié des années 1990 en tant que journalistes, éditeurs ou politiciens, étaient parmi la première génération des personnes entraînées dans ces cours spéciaux. »

Feu Lord Corbett of Castle Vale, a écrit dans une lettre à ses collègues en 2006 : « Je sais que les parlementaires et les pairs de la Chambre des Lords ont reçu des documents de la part d'organisations se qualifiant d’ONG ou d’organisations des droits de l'homme cherchant à discréditer l'OMPI. La plus active parmi celles-ci est Iran-Interlink dirigée par l'équipe des époux Massoud Khodabandeh et Ann Singleton à Leeds. »

Dans une autre lettre par l'ancien eurodéputé Paulo Casaca, co-fondateur de l'intergroupe des Amis d'un Iran Libre, à ses collègues en 2006, il écrit : « Une fois mes initiatives en faveur de la résistance iranienne devenues publiques, j'ai commencé à recevoir des dizaines de lettres douteuses de la part d'individus inconnus qui prétendaient être opposés au régime mais qui critiquaient également l'OMPI. Cela n'a pas fonctionné. L'étape suivante était en quelque sorte plus sophistiquée. Cette fois, ce n'était pas le régime iranien ni des individus inconnus, mais des personnes qui prétendaient être d'anciens membres de l'organisation, dont le but était, pour le dire carrément, de justifier les crimes commis par le régime terroriste au pouvoir en Iran. »

L'intergroupe des Amis d'un Iran Libre (FoFI) a été créé en 2004 et bénéficie du soutien actif de plus de 200 eurodéputés.