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Today's Zaman (quotidien arabe), 1er avril - Le plan B de Téhéran, l’allie le plus ferme du régime syrien, est de fragmenter le pays déchiré par la guerre et de créer un État alaouite afin de maintenir son influence sur le pays après la chute du régime, selon Murhaf Jouejati, un professeur en études du Moyen Orient à l'Université nationale de la défense à Washington.

« La Syrie représente un enjeu majeur pour l'Iran. La Syrie constitue la porte de l'Iran vers la Méditerranée et les politiques arabes. La chute du régime serait une perte stratégique énorme pour Téhéran », a déclaré Jouejati, qui est un opposant majeur du régime, dans un entretien exclusif avec Today's Zaman.

Selon Jouejati, le plan B de l'Iran impliquerait la division du pays et la création d'un État alaouite pour continuer sa politique sectaire en Syrie via le Hezbollah, le groupe chiite au Liban. « Je pense que personne dans la région ne voudra que cela se produise », a affirmé Jouejati.

La politique iranienne est très influente en Syrie et au Liban, en particulier via le Hezbollah. L'effondrement du régime du président syrien Bachar el-Assad est censé infliger un coup mortel à l'axe Syrie-Iran-Hezbollah. Le Hezbollah et l'Iran ont jusqu'à maintenant fermement soutenu le régime Assad politiquement.

« Dans la crise syrienne, l'Iran ne reculera pas », a affirmé Jouejati.

Malgré la pression internationale grandissante contre sa position dans la crise, l'Iran continue de se tenir auprès de son allié, le régime syrien.

La Syrie a toujours représenté une importance cruciale pour Téhéran comme route de transit pour joindre le Hezbollah afin de maintenir une impasse avec Israël.

« Nous ne parlions pas de fragmentation du pays auparavant. Toutefois, le débat sur la fragmentation de la Syrie est plus sérieux que jamais parce que la crise dans le pays est devenue plus confessionnelle. Nous, les Syriens, sommes contre la division du pays qui pourrait mener à l'instauration d'un État alaouite », a déclaré Jouejati.

Pour Jouejati, le régime d'Assad joue sur les craintes de la communauté alaouite, qui s'inquiète quant de son avenir dans l'ère post-Assad.

« Nous voyons effectivement que la minorité alaouite se sent coupable en raison de son association au régime, mais elle ne devrait pas. C'est ce que le régime veut », a affirmé Jouejati.

Assad et sa famille appartiennent au clan alaouite, qui est une sous-branche de l'islam chiite. Les Alaouites en Syrie constituent près de 15% de la population totale.

Dans une première rencontre de ce genre, les Alaouites qui soutiennent le soulèvement contre Assad se sont rassemblés la semaine dernière au Caire, où ils ont appelé au renversement du régime et au maintien de l'intégrité territoriale de la Syrie. La rencontre cherchait à démarquer la communauté alaouite de toute association en bloc avec les tentatives du régime d'écraser le soulèvement qui dure depuis deux ans.

« La rencontre au Caire est d'une grande importance. Les Alaouites veulent que le monde sache que la crise en Syrie ne vise pas à la sécession, mais qu'il s'agit plutôt d'un soulèvement national et qu'ils font partie de ce soulèvement contre leur président alaouite. Par conséquent, le soulèvement n'est pas dû au fait qu'Assad soit alaouite, mais parce que c’est un dictateur qui voit la Syrie comme son exploitation familiale », a déclaré Jouejati, ajoutant que la famille Assad a maltraité la Syrie pendant des décennies.